‹ L'alimentation des nouveau-nésChapitre 28 sur 60 · LE LAIT ET LA FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

LE LAIT ET LA FIÈVRE TYPHOÏDE

masse de fumier sur lequel venaient se déverser les eaux de la cuisine; enfin les cabinets d'aisances, qui recevaient les matières des malades, débordaient.

D'après Elgar Buck, à l'infirmerie de Lincester, survinrent 12 cas de fièvre typhoïde parmi les pensionnaires qui buvaient le lait cru; la plupart d'entre eux se trouvaient à la diète exclusivement lactée; et presque tous ceux qui buvaient le lait bouilli, restèrent indemnes. Un seul fournisseur de lait desservait l'infirmerie durant cette épidémie; il succomba à une hémorragie typhoïdique. Le puits de sa ferme était voisin d'une fosse d'aisances non étanche et débordant. Une analyse montra que l'eau, servant à laver les vases à lait, était souillée par des matières de vidange. Sans rien modifier aux eaux potables ni aux égoûts de l'infirmerie, il suffit de changer l'approvisionnement du lait pour mettre fin à l'épidémie.

La Pall Mal Gazette a donné la relation d'une épidémie de fièvre typhoïde qui fit de nombreuses victimes à Bristol et fut occasionnée par l'usage d'un lait contaminé par l'eau dont on se servait pour laver les récipients. Cette eau était puisée à un ruisseau qui, à une certaine distance en amont^ renfermait dans son lit des carcasses de veaux et de moutons ainsi que d'autres débris septiques en quantité suffisante pour donner la mort à tous les habitants de Bristol.

L'épidémie rapportée par Gameron (1879), laquelle fit 67 victimes, paraît être due à des poussières tombées dans le lait après avoir été en contact avec des excréments de typhiques.

Nous n'en finirions plus si nous voulions signaler toutes les épidémies de fièvre typhoïde attribuées par les auteurs à l'usage d'un lait contaminé; elles sont si

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nombreuses qu'un volume suffirait à peine pour en contenir toutes les observations : qu'il nous suffise de dire que la possibilité de la transmission de la fièvre typhoïde par le lait n'est pas une hypothèse, mais une vérité démontrée, indéniable. Les faits se passent toujours de la même façon : une épidémie éclate dans une ville et frappe de préférence certains quartiers qui, au point de vue des égoûts et de la distribution de l'eau, ne présentent rien de particulier avec le reste de la ville; on fait une enquête et on trouve que la plupart des familles atteintes reçoivent le lait d'un seul fournisseur; ce dernier est souvent indemne; mais comme il ne vend le lait que de seconde main, on poursuit l'enquête et toujours on finit par découvrir dans une des fermes où celui-ci s'alimente, un ou plusieurs cas de fièvre typhoïde.

Il ne faut pas que ces cas de contagion nous étonnent; car, dans presque toutes les fermes, l'oubli des principes les plus élémentaires de l'hygiène est général; hommes, bêtes et plantes, tout pousse au milieu du fumier. Le docteur Dubousquet-Laborderie a été témoin du fait suivant : « Au-dessus de vases contenant du lait qu'on venait de traire et d'un réservoir où on lavait ces vases, passait une corde sur laquelle on étendait des linges souillés par les déjections d'un typhique, et deux voisins qui se servaient de lait à cette laiterie, furent atteints de fièvre typhoïde ».

Le docteur Napias rapporte qu'il a trouvé quelquefois, en inspectant les crèches, des cabinets d'aisances changés en laiterie : on conservait là, en vase ouvert, le lait destiné aux enfants, sous prétexte que c'était le local le plus frais de la maison. L'auteur affirme connaître

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