‹ L'alimentation des nouveau-nésChapitre 29 sur 60 · LE LAIT ET LE CHOLÉRA · texte numérisé non relu

LE LAIT ET LE CHOLÉRA

des crèches où de nombreux cas de fièvre typhoïde s'étaient manifestés à la suite d'ingestion de lait non bouilli ou coupé avec l'eau non filtrée et non bouillie.

Nous ne saurions trop insister et nous ne cesserons de répéter : « Faites bouillir le lait et Veau que vous y ajoutez », surtout en certains pays, comme en Normandie, par exemple, où on se sert, dans la campagne, de l'eau conservée dans les mares, eau qu'on a l'habitude de boire telle que, sans même prendre la précaution de la filtrer. Les 3500 cas de fièvre typhoïde attribués" par Hart à l'usage d'un lait contaminé auraient été sûrement évités, si le lait avait été soumis préalablement à l'ébulfition.

La contamination, comme nous venons de le voir, peut se faire par l'air; elle peut se faire aussi par d'autres intermédiaires : les parents d'un typhique, par exemple, qui souilleraient le lait après avoir manipulé le malade; l'eau néanmoins restera toujours le véhicule le plus commun et le plus redoutable.

En dehors de ces causes, nous sommes assez sceptiques, en France, sur l'origine lactée de la fièvre typhoïde; mais bien que le rôle direct du lait soit ici assez effacé, il n'est pas moins vrai que c'est par son intermédiaire que se fait l'infection, et il est bon que les nourrices connaissent, sous ce rapport, le danger auquel elles exposent leurs nourrissons en leur donnant du lait cru ou coupé avec de l'eau non filtrée et non bouillie.

S. — Le lait et le choléra. — Tout ce que nous venons de dire delà propagation de la fièvre typhoïde par le lait, s'apphque de la même manière et pour les mêmes raisons à la propagation du choléra. Le microbe de Koch,

en effet, comme celui d'Eberth, en temps d'épidémie, se rencontre souvent dans l'eau et pousse très bien dans le lait, dont il ne change, du reste, ni la couleur, ni la réaction.

Les expériences de Heim, publiées en 1884 et que nous nous bornerons à rappeler ici, démontrent que le bacille du choléra est encore actif au bout de six jours dans du lait ordinaire, non stérilisé et laissé dans une chambre; il peut persister pendant plusieurs jours, même lorsque le lait est devenu acide. Dans le beurre, le bacille peut séjourner pendant un mois, sans perdre sa vitalité; dans le fromage frais, il succombe facilement, sans doute par l'effet de la concurrence vitale d'innombrables saprophytes.

Koch, dans sa première conférence sur l'étiologie du choléra (1884), avait dit que la bactérie spécifique trouvait dans le lait un milieu favorable à son développement, et récemment M. Daremberg, dans son ouvrage sur la prophylaxie du choléra, signalait le lait comme une cause assez commune de la transmission de la maladie en temps d'épidémie.

Les cas de transmission de choléra sont moins nombreux que les cas de transmission de fièvre typhoïde, parce que le choléra n'est pas endémique chez nous comme la fièvre typhoïde; mais il n'en est pas moins prouvé que le lait, qui n'a pas été stérilisé par l'ébullition, peut transmettre le choléra. Il en existe des exemples non douteux. Nous nous contentons de citer le suivant que nous empruntons à Simpson.

C'est le fait concernant le navire Ardenclutha du port de Hambourg. L'équipage de ce navire présenta une véritable épidémie de choléra et de diarrhée pendant

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