‹ L'alimentation des nouveau-nésChapitre 30 sur 60 · LE LAIT ET LE CHOLÉRA · texte numérisé non relu

LE LAIT ET LE CHOLÉRA

qu'il était à Calcutta. Dans l'enquête qui suivit, on constata que les hommes atteints avaient tous fait usage d'un lait qui avait été contaminé par le mélange de l'eau d'un réservoir voisin dans lequel on avait jeté des déjections de cholériques.

M. Kitassato a recherché ce que devenait le spirille du choléra lorsqu'on l'ensemençait dans du lait stérilisé ou non stérilisé. Il en est du lait comme de l'eau : la résistance des germes pathogènes est plus grande, leur vitalité se trouve prolongée lorsqu'on les place dans des milieux où ils n'ont pas à se défendre contre la concurrence vitale des saprophytes. Mais ici, il y a un autre facteur plus important que la concurrence des germes, c'est l'état d'acidité ou d'alcalinité du milieu. Pris au moment de la traite, le lait est toujours alcalin ; aussi offre-t-il un milieu favorable à la vitalité des microorganismes. Dès qu'il devient acide , les conditions changent; le bacille du choléra, plus particulièrement, ne peut vivre longtemps dans un milieu de cette sorte, et il disparaît assez rapidement. La durée de son existence dans le lait dépend donc exclusivement de la réaction de celui-ci, et comme l'acidité apparaît plus vite avec des températures élevées, il résulte que, dans le lait non stérilisé, la disparition des germes apparaît déjà au bout de quatorze heures, lorsque le liquide est maintenu à la température de 36° centigrades, tandis qu'il résiste jusqu'à trois jours et demi si la température n'est que de 8 à i2\

L'eau, l'air, les linges et les personnes souillés de déjections de cholériques , tels sont les principaux agents de la contamination du lait. Les expériences de Spillmann et de Harshalter, faites récemment à llam-

bourg (choléra de 1892), ont démontré l'existence d'un autre mode assez curieux de contamination : 9 mouches qui avaient été en contact avec des intestins de cholériques, furent prises et placées chacune dans un ballon contenant de la gélatine préparée pour culture; dans 6 de ces 9 ballons, on trouva de nombreuses colonies de bacilles virgules. Nous ne savons si les expériences ont été répétées avec du lait; mais les mouches sont très friandes de lait, le lait d'autre part est un excellent milieu de culture, il y a donc là un danger que nous devions signaler et contre lequel nous devons nous mettre en garde en temps d'épidémie, en tenant toujours recouverts les récipients à lait.

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