QUANTITÉ
d'aliment en
2i heures.
Grammes.
Grammes.
Grammes.
Grammes.
1 jour. . .
2 jours. .
3 jours..
10 jours..
20 jours..
1 mois. .
2 mois. ,
3 mois. .
4 mois. .
5 mois. .
6 mois. .
ICARD. 14
meilleurs auteurs. C'est sur ces proportions que nous nous sommes toujours basé pour formuler les repas des nourrissons dont nous avons été appelé à diriger l'alimentation, et nous n'avons jamais eu à le regretter.
Ce tableau paraît très compliqué, et évidemment il serait impossible en pratique de suivre ses indications sans l'aide d'un appareil. Or, avec le verre ou le biberon gradués dont nous parlerons plus loin (voir fig. 36 et 60), toute difficulté disparaît et rien n'est plus simple que de se conformer mathématiquement à ses chiflres : des traits marqués sur le verre et le flacon, avec le nombre de tétées pour chaque jour et suivant Tâge de l'enfant, indiquent la quantité de lait et d'eau donnée par notre tableau comme nécessaire à l'enfant pour chaque repas.
Ces proportions, nous ne cesserons de le répéter, ne sont données qu'à titre de renseignement approximatif, et l'augmentation de la quantité de lait à consommer, au lieu d'être brusque, ainsi qu'elles semblent l'indiquer, doit, au contraire, être progressivement graduée et déterminée surtout par les circonstances de tempérament, de poids, de santé, de prédisposition et de capacité digestive.
]\ombre et moment des repas. — Il est de toute nécessité encore de déterminer le nombre et le moment des repas. Cette question est aussi importante que celle que nous venons de traiter, elle en est comme le complément. 11 faut que le lait soit distribué régulièrement, sinon on s'expose, tantôt à mettre trop d'intervalle entre les repas, tantôt à charger trop copieusement l'estomac : dans l'un et l'autre cas, l'enfant pàtit.
Tant que l'enfant perd de son poids. Trousseau engage de le laisser téter sans aucune règle, parce
qu'il a besoin d'un surcroît de vie, mais Blache voit au contraire dans cet allaitement irrégulier une puissante cause de déperdition de poids. « En effet, dit-il, l'estomac de l'enfant, comme celui de l'adulte, a besoin de repos avant de digérer une nouvelle quantité d'aliments. L'enfant qu'on fait téter à chaque instant fatigue sa nourrice en même temps qu'il fatigue son estomac. »
Nous nous rangeons de l'avis de Blache : car, avec tous les médecins, nous avons remarqué que l'irrégularité du nombre et du moment des repas favorise l'apparition des troubles digestifs, surtout dans la première semaine de la vie.
Certains auteurs prétendent que lorsque l'enfant a faim, il sait manifester ses désirs, et, d'après eux, c'est sur ses cris seulement qu'il serait rationnel de se baser pour fixer le moment de ses repas. Evidemment s'il était possible d'interpréter fidèlement les plaintes de l'enfant, il serait avantageux de ne lui donner à manger que lorsqu'il le demande ; mais comment reconnaître que ses vagissements expriment la faim ou une souffrance passagère, ou sont peut-être encore la manifestation d'un autre besoin instinctif qui pousse l'enfant à crier? Le médecin lui-même, quelque exercé et habile qu'il soit, se déclare incompétent, et une nourrice inexpérimentée et ignorante aurait la faculté merveilleuse de pouvoir converser avec un enfant de quelques mois ! Malheureusement hélas ! pour les nourrices, cette science n'est pas très compliquée, elle n'a qu'une loi : « L'enfant pleuî-e, donc il a faim », et on le gorge de lait et on se plaint constamment au médecin que l'enfant ne fait que vomir; mais une grande personne nourrie de la sorte ne pourrait aussi que vomir !
La règle généralement admise est qu'il faut donner à
téter toutes les deux heures pendant le jour, et toutes les quatre heures pendant la nuit. On éloignera les repas et on les rendra moins fréquents à mesure que l'enfant avancera en âge. A partir de quatre mois, il pourra téter seulement toutes les deux heures et demie; après six mois, toutes les trois heures : les repas, devenant alors moins nombreux, sont évidemment plus copieux, et, vers Tâge de sept mois, l'enfant se contentera de six tétées dont quatre ou cinq le jour et une ou deux la nuit.
Cette règle, que nous venons de formuler avec tant de précision, n'a pourtant rien d'absolu dont on ne puisse se départir, et sera remplacée en maintes circonstances par des indications données par le simple bon sens. C'est ainsi, par exemple, que si l'enfant dort d'un bon sommeil au delà du terme auquel il devrait téter, on ne le réveillera pas pour lui administrer rigoureusement le nombre de repas fixé et lui permettre de satisfaire un besoin qu'il ne manifeste pas et que peutêtre il n'éprouve pas. Qui doiH dîne^ dit le proverbe; il est pourtant des cas où le sommeil de l'enfant se prolonge au delà de toute mesure. Il peut arriver sans doute que des enfants parfaitement constitués, forts et bien portants, pourvus d'excellentes nourrices, dorment beaucoup, pendant les premiers jours après la naissance, presque sans téter, comme s'ils vivaient, suivant l'expression de Donné, aux dépens de leur excès d'embonpoint. Il n'y a là rien qui puisse nous inquiéter : l'appétit, en effet, arrive bientôt et souvent très intense.
Mais il arrive aussi que des enfants faibles ou mal nourris se livrent à un sommeil prolongé pour économiser les dépenses et compenser ainsi l'insuffisance ou la mauvaise qualité de l'aliment qu'ils reçoivent. On
sera averti de la chose et tenu en garde par la manière dont l'enfant profite. S'il dépérit, il n'y a pas à hésiter, et il ne faut avoir aucune crainte de le réveiller pour lui donner la nourriture qu'il oublie ou qu'il n'a pas la force de demander.
De la température de l'alîment. — Un auteur allemand, qui a essayé de déterminer la meilleure température pour l'absorption des boissons, a trouvé pour le lait la température de 16 à 18*". Nous estimons que cette température est trop basse, et, pour se rapprocher, autant que possible, des conditions de l'allaitement au sein, il faut élever la température à 37° qui est celle du lait sortant du sein de la mère. Il existe dans le commerce des chauffe-biberons : les plus répandus et les plus pratiques sont ceux de d'Ardenne et de Rougeot. On vend aussi des biberons munis de thermomètre. Mais il sera toujours difficile de faire accepter ces appareils aux nourrices et de leur apprendre à s'en servir. Le plus simple est de se laisser guider par l'habitude, et la nourrice arrivera facilement à déterminer à peu près la température à laquelle il convient de donner le biberon.
Au moment de procéder au repas de l'enfant, on met le biberon dans un petit pot que l'on remplit d'eau froide ou tiède et que l'on chauffe jusqu'à ce que le lait soit d'une température correspondant à celle du corps humain, ce que l'on peut constater en appliquant la bouteille contre la joue ou en plongeant le doigt dans le récipient quand l'ouverture de celui-ci le permet. Si l'on ne perçoit aucune sensation ni de froid ni de chaud, c'est qu'on a atteint le degré voulu.
Le chauffage du biberon présente certaines difficultés dans la nuit. Un moyen commode est de se servir d'un
réchaud à esprit-de-vin. Rouvier recommande la pratique suivante. On installe à proximité de la chambre du nourrisson une de ces veilleuses à récipient en porcelaine si employé pour conserver aux malades des boissons à| température convenable pendant la nuit. Suivant que le lait a besoin ou non, d'après l'âge de l'enfant, d'être coupé, le récipient renferme de l'eau ou du lait [pur. A côté, dans un ou plusieurs flacons appropriés, se trouve une réserve de lait froid, mais préalablement soumis à l'ébullition. L'enfant se réveillet-il, on verse aussitôt dans le biberon ou la tasse une certaine quantité de lait froid, que l'on élève à une température [convenable par l'addition d'une quantité du liquide contenu dans le récipient de la veilleuse. Celle-ci sert donc à deux fms. Elle éclaire la chambre du baby [pour faciliter sa surveillance pendant la nuit, et chaufîepe lait qui doit lui fournir sa nourriture.
Cette méthode présente des avantages, mais elle expose à des|dangers, Rouvier le reconnaît lui-même, si la propreté la plus minutieuse n'est pas entretenue dans toutes les parties de l'appareil.
Nous avons déterminé la quantité d'aUrnent qu'il faut donner^à l'enfant, nous avons fixé le nombre et le moment des repas, il nous reste à étudier, pour être complet, les différents procédés et appareils employés pour faire boire l'enfant, et à rechercher parmi les uns et les autres^quels sont les plus hygiéniques et les plus commodes.