XVI PRÉFACE
Dans la première moitié du siècle dernier, à Londres, le nombre annuel des décès d'enfants au-dessous de cinq ans était de 9000 à 10 000; vers la fin du siècle dernier et dans les premières années du siècle actuel, ce nombre n'était que de SOOO à 6000, quoique la population eût doublé; de nos jours, la mortalité infantile, comparée aux mortalités antérieures, est relativement faible. A Paris et à Genève, la mortalité infantile semble avoir suivi les mêmes proportions décroissantes.
En Suède, au siècle dernier, sur 100 enfants vivants, il en mourait 85 dans leur première année, tandis qu'en ce siècle, de 1800 à 1850, il n'en est mort que 56,9. Tout récemment encore, une nouvelle amélioration a pu être constatée en Suède, ainsi qu'en Norvège et en Ecosse; car, sur 180 enfants nés vivants, il y en a 3 de plus qu'il y a trente ans qui entrent dans leur deuxième année.
Nous avons chez nous un magnifique exemple de ce que peut l'intervention de l'État pour la protection de l'enfance.
La mortalité infantile autrefois était si grande en France, surtout chez les enfants trouvés, élevés presque tous au biberon, que Villerme proposait de graver, sur la porte des hospices, l'inscription suivante : Ici, on fait mourir les enfants aux frais publics. Le mot ne manquait pas d'ironie, pas plus que de justesse; mais il nous remplit avant tout d'un sentiment de tristesse et de pitié.
Dans notre pays, les ordonnances sur les nour-