PRÉFACE XV[I
rices, jusque clans ces derniers temps, avaient été complètement insuffisantes. En l'an IX de la République, le régime des nourrices fut soumis au contrôle du conseil général des hospices. En 1865, parut une nouvelle ordonnance sur l'inspection des enfants en nourrice, laquelle fut confiée à 55 médecins.
Enfin, après plusieurs années d'hésitation et de négligence coupable, en 1874, une loi a été votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale pour })rotéger, en les faisant surveiller, les enfants de moins de deux ans, placés, moyennant salaire, en nourrice, en sevrage ou en garde hors du domicile de 'leurs ])are7its. Un règlement d'exécution de cette loi a été voté le 27 février 1877. Dans tous les départements où elle a été sérieusement appliquée, la loi du 22 décembre 1874, communément appelée loi jRoi^ssci/, du nom de son éminent promoteur, a donné d'excellents résultats. C'est ainsi que, pour ne citer que quelques exemples, la moyenne des décès des nourrissons est descendue : dans la Creuse, de 17 à moins de 5 0/0; dans le Cher, de 28 à moins de 110/0; dans le Calvados, de 30 à 6 0/0.
D'après Bertillon, pour les nouveau-nés qui viennent de Paris [petits Paris), abandonnés sans contrôle aux meneuses et aux nourrices mercenaires, la mortalité s'élève à 710 par 1000; pour les enfants assistés du département de la Seine, sous le contrôle des agents de l'administration, et recevant les visites trimestrielles des inspecteurs, elle descend à 240; pour les nourrissons attentive-
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ment surveillés par le personnel de la Société protectrice de l'enfance, la mortalité descend encore et oscille entre 150 et 90.
Dans le département de la Seine où le fonctionnement de la loi Roussel est bien compris, la mortalité des enfants du premier âge n'est que de 9 0/0 et elle tend à descendre.
C'est bien avec raison que la loi Roussel a été appelée la loi de la sécurité nationale, et pourtant son application, au grand détriment de l'avenir de la France, laisse beaucoup à désirer : c'est à peine si, dans un quart à peu près des départements, ses prescriptions sont consciencieusement suivies. Bien souvent ses résultats se trouvent compromis par de nombreuses négligences administratives , qu'il serait temps de faire cesser et de réprimer sévèrement.
La loi Roussel n'est pas encore parfaite et demande d'importantes modifications : elle a le grand inconvénient de ne s'adresser qu'aux enfants hors du domicile de leurs parents. C'est un tort, et il serait à désirer que l'Etat donnât suite aux vœux formulés par le service de la protection de i'enfance et au nombre desquels figurent : la loi obligatoire pour tous les départements; son application à tous les parents élevant des enfants (grands-parents, sœurs, tantes); la prolongation de la surveillance des enfants jusqu'à l'âge de trois ans; l'interdiction de l'élevage aux femmes qui vivent en garni et à celles qui ont plus de