LA RELATION NUTRITIVE
L'expression "relation nutritive" reviendra souvent dans ce bulletin. Faisonsnous donc, avant d'aller plus loin, une idée bien nette de sa signification.
La relation nutritive est la relation qui existe entre la protéine et la quantité d'hydrates de carbone et de matières grasses dans un aliment donné. Par exemple, le blé contient 11.9 de protéine, 71.9 d'hydrates de carbone, 2.1 de matière grasse. Comme la matière grasse est beaucoup plus concentrée que les hydrates de carbone, il faut, pour la mettre sur le même pied que ces derniers, la multiplier par 2.25. Ainsi, pour trouver la valeur nutritive du blé, multiplier le gras 2.1 par 2.25, ajouter les hydrates de carbone, 71.9, puis diviser par la protéine, 11.9, ce qui donne 6.4, ou, en d'autres termes, pour chaque partie de protéine, il y a 6.4 parties d'hydrates de carbone; de sorte que 1:6.4 est la relation nutritive du blé.
Les termes "étroit" et "large" appliqués à la ration, se rapportent à la quantité de protéine que ces rations renferment, par comparaison aux quantités réunies d'hydrates de carbone et de gras. Ce sont des termes relatifs et nullement fixes. Lorsque la. différence entre le pourcentage de protéine et d'hydrates de carbone n'est pas considérable, on dit que la ration est "étroite"; lorsque cette différence est considérable, alors on dit que la ration est "large".
Une ration que l'on tient généralement comme plus ou moins bonne peut servir de base pour comparer les autres rations: par exemple, une bonne ration pour les poulets aurait une relation nutritive d'environ 1:3.5 et 1:4.5. La période de la formation des plumes demande une ration encore plus étroite que la période ordinaire de la croissance. Il en est de même pour les volailles adultes. Une ration d'entretien aurait une relation nutritive d'environ 1:6 à 1:6.5 et une ration d'engraissement peut être encore un peu plus large, mais lorsqu'une poule pond beaucoup, alors la ration doit être plus étroite, environ 1:4 à 1:5 et encore plus étroite pendant la mue, environ 1:3.5.
On voit par ce qui précède qu'avant de composer des rations, il faut considérer l'objet pour lequel cette ration est destinée. Nous ne voulons pas dire qu'il faille peser soigneusement une certaine quantité de chaque variété d'aliments tous les jours, mais il faut combiner ces aliments de façon à ce que la poule puisse se procurer une quantité suffisante de chaque élément nutritif pour satisfaire les exigences de son système sans être obligée de consommer beaucoup plus d'autres éléments nutritifs qu'elle ne peut utiliser avantageusement. Par exemple, il serait impossible de donner à une poule une ration exclusive de maïs (blé d'Inde) et de s'attendre à ce qu'elle ponde abondamment ou qu'elle reste en bon état pendant la période de mue. Cette poule devrait, pour se procurer la quantité de protéine dont elle a besoin, consommer beaucoup plus d'hydrates de carbone qu'il ne lui en faut. Ce surplus d'hydrates de carbone sera déposé dans le corps de l'animal sous forme de gras, et la poule se trouvera dans un état tel qu'elle ne pourra plus servir à autre chose qu'à la boucherie.
D'autre part, il n'est jamais bon d'employer une plus grosse quantité de protéine que la quantité nécessaire, car comme la protéine est l'élément le plus coûteux, ce surplus augmenterait dans une proportion inutile le coût de la ration.