‹ L'alimentation des volaillesChapitre 13 sur 20 · ALIMENTS D'ORIGINE ANIMALE · texte numérisé non relu

ALIMENTS D'ORIGINE ANIMALE

Nous avons dit au chapitre de la verdure que les matières végétales fournissent ce qui manque aux grains, spécialement les vitamines et les substances minérales. Cependant, une combinaison de grains et de matières feuillues, tout en supportant la croissance, ne fournit pas toujours suffisamment de principes nutritifs pour provoquer un développement normal. Il est nécessaire de fournir une plus grande concentration de protéine, spécialement pendant les premières phases de la croissance, ainsi qu'un supplément de substances minérales. Les produits d'origine animale, principalement sous forme de déchets d'abattoir, sont généralement employés comme la source la plus concentrée de protéine. Les acides animos des protéines de la plupart des viandes sont complets et satisfaisants pour la croissance, ils complètent ainsi les protéines des grains et des verdures sous ce rapport. Les produits de viande sont aussi une excellente source de substances minérales. Ils contiennent également quelques vitamines, spécialement le foie et quelques autres organes internes, mais on ne considère pas qu'ils soient aussi efficaces ni aussi sûrs comme source de vitamines que certains autres, aussi on ne s'en sert généralement pas pour cela.

Viande fraîche. — La viande fraîche est peut-être la forme de nourriture animale qui est le plus appréciée, mais il est assez rare que l'on puisse s'en procurer à un prix assez bas pour qu'on puisse l'employer avantageusement. On (peut avoir de la viande de cheval dans certains districts, et c'est une nourriture excellente. Les sous-produits de salaisons comme le foie (voir tableau) font une très bonne nourriture et ils sont utiles non seulement pour les volailles qui donnent une forte ponte, mais aussi pour les sujets reproducteurs.

Os verts broyés. — On appelle ainsi les os frais que l'on se procure de la boucherie ou de l'abattoir, et que l'on broie. Les volailles les mangent avec avidité mais il ne faut pas leur en donner de trop grandes quantités. Cet aliment n'est que modérément riche en protéine mais il contient beaucoup de substances miné-, raies, il faut le considérer plutôt comme un supplément minéral à la ration et

n'en donner qu'avec précaution. Comme les os verts broyés fermentent très rapidement, on ne peut guère les employer que pendant les temps très froids, ou lorsqu'on peut en avoir une provision fraîche pour chaque repas.

Sous-produits d'abattoirs. — De tous ces sous-produits, les farines de viande (méat meals) ou les déchets de viande (méat scraps) sont de beaucoup les plus généralement employés. Ce sont les suppléments que l'on emploie régulièrement pour fournir de la protéine aux rations de volailles. Leur analyse varie beaucoup .suivant la quantité d'os qu'ils renferment, mais on les achète généralement sur une analyse garantie. Les catégories inférieures qui contiennent des quantités de sabot et de corne ne doivent jamais être employées pour l'alimentation des volailles, car ces produits (sabot et corne) ne sont pas digérés*. Avec un peu d'expérience on peut dire au premier coup d'oeil si le produit est bon pour l'alimentation, mais si Ton entretient des doutes, que l'on verse un peu d'eau bouillante sur un échantillon et l'odeur qui s'en dégage devrait régler la question. Si l'odeur est fétide l'échantillon ne convient pas pour l'alimentation.

Farine de sang et déchets d'abattoir (tankage). — Ces produits ont une analyse satisfaisante et sont plus ou moins employés; ils ne valent pas cependant les farines de viande de bonne qualité et leur emploi dans l'alimentation des volailles n'est pas recommandé.

Farine de poisson. — Les farines de poisson de bonne qualité font une excellente source de substances animales pour les volailles. Les procédés de préparation de ces farines ont été grandement améliorés en ces dernières années, si bien qu'elles remplacent aujourd'hui dans une large mesure les farines de viande dans l'alimentation des volailles. Biles sont généralement plus complètement digestibles que les farines de viande surtout lorsqu'elles ne contiennent pas beaucoup de graisse. Elles sont aussi bien supérieures à ces dernières par leur richesse en vitamine, surtout lorsque la farine renferme une quantité appréciable de foie. Le poisson frais donné en grandes quantités affecte le goût des œufs, mais les farines de poisson n'exercent aucun effet sur le goût des œufs à condition que l'on ne dépasse pas la quantité habituelle et à condition également qu'elles ne contiennent pas une très forte quantité de graisse. Dans ce cas il vaut mieux s'abstenir d'en donner.

Lait et produits du lait. — Le lait est, comme chacun sait, la plus complète des substances animales. Cependant comme il contient normalement 87 pour cent d'eau, il ne convient pas comme source unique de protéine, même pour de plus gros animaux que les volailles, car la quantité de 13 pour cent de matières sèches qui reste et qui se compose surtout de protéine, de sucres et de graisse, ne peut être ingérée en quantités assez fortes pour nourrir l'animal en raison de la grande quantité d'eau qui doit être absorbée. Il est donc plus utile comme nourriture supplémentaire, spécialement pour les volailles.

Le lait est souvent donné sous forme de lait écrémé ou de lait de beurre séché, qui font un excellent supplément protéique. Ces deux produits, le lait écrémé et le lait de beurre, contiennent une bonne proportion des substances minérales dont le corps a le plus grand besoin (le calcium et le phosphore). Ils constituent également une bonne source de protéines. On se règle généralement sur le prix pour savoir les quantités de ces produits qu'il faut donner.

Le lait de beurre semi-solide n'a pas le volume, qui est l'inconvénient principal du lait écrémé ou du lait de beurre, et il fait donc un supplément plus utile que ces derniers.

En général, on peut considérer que le lait dans ses différentes formes est une excellente nourriture. Le lait produit la qualité, soit chez les volailles qui se développent, les poules pondeuses ou les volailles d'engraissement, et les consommateurs qui ont goûté aux poulets engraissés au lait les redemandent toujours.

* Données inédites — Service de la Chimie, Ferme expérimentale, Ottawa.

Fromage blanc ou "cottage". — Lorsqu'on a une abondance de lait à sa disposition, on peut s'en servir sous forme de fromage blanc, que toutes les sortes de volailles mangent avec la plus grande avidité. On prépare ce fromage en laissant le lait surir jusqu'à ce qu'il se soit épaissi. On applique alors une douce chaleur qui fait séparer le petit lait du caillé. On égoutte ensuite le caillé et on a le "fromage blanc". On peut le donner sous cette forme ou le mélanger avec la pâtée.

Oeufs. — On donne parfois des œufs. Ce sont généralement des œufs inféconds que l'on enlève des incubateurs au cours du mirage. Les œufs bons et sains sont certainement utiles, mais il faut y aller prudemment si ce sont des œufs dans lesquels le germe a commencé à se développer pour mourir ensuite, car ils donnent souvent de mauvais résultats. Le jaune d'œuf est la meilleure source de la vitamine D, la vitamine qui est la plus rare dans les aliments naturels; il est donc d'une grande valeur pour les jeunes poussins; il n'y a peut-être que l'huile de foie de morue qui puisse lui être comparée sous ce rapport. En autant qu'on le sache, il n'y a qu'une maladie, la maladie du pullorum, qui puisse être transmise aux poussins par les œufs, et c'est pourquoi on ne devrait jamais donner d'œuf s si l'on n'est pas sûr qu'ils proviennent de volailles qui ne sont pas attaquées par le pullorum.

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