MODES D'ALIMENTATION
Il y a bien des modes d'alimentation différents qui tous donnent des résultats assez satisfaisants. Une certaine flexibilité est essentielle sous ce rapport, le système peut varier suivant les résultats que nous désirons obtenir. Dans tous les systèmes, cependant, la régularité dans la distribution des repas est très désirable, car les volailles sont très sensibles au changement d'habitudes et aux conditions environnantes.
Le système de trémies
L'emploi de trémies pour la distribution de la pâtée sèche est très répandu, surtout sur les grandes installations avicoles où la main-d'œuvre est un problème avec lequel il faut compter. Ce système a ses avantages et ses désavantages, mais les premiers l'emportent de beaucoup sur les derniers.
L'inconvénient principal que présentait autrefois ce système est que les volailles gaspillaient la nourriture en l'éparpillant tout autour des trémies. On peut, dans une large mesure, éviter ce gaspillage en se servant de trémies bien construites.
Tout récemment et jusqu'en 1926, on recommandait généralement de ne nourrir les poussins que de temps à autre, de crainte de leur donner trop de nourriture et de provoquer ainsi des troubles de la digestion. Les recherches qui ont été faites sur cette ferme1 ont démontré clairement que cette idée est fausse et que l'on peut, sans aucun danger, laisser en tout temps la pâtée sèche devant les oiseaux; la mortalité est moins élevée et la croissance se fait mieux. Laissez donc toujours les trémies ouvertes devant les poussins. Nous avons constaté au cours de nos recherches2 que les poussins peuvent être nourris immédiatement au sortir de l'incubateur (à l'âge d'environ 24 heures) ; il en meurt moins et ils se développent mieux lorsqu'on les traite de cette façon que lorsqu'on attend de quarante-huit à soixante heures pour leur donner un repas, comme on faisait autrefois. On peut donc obtenir les résultats les plus satisfaisants avec un minimum de travail en donnant la pâtée sèche dans une trémie dès que les poussins sortent de l'œuf, et en continuant sans arrêt.
Ceux qui donnent du grain dans la litière aux poulets ou aux poules pondeuses prennent aussi de plus en plus l'habitude de le donner dans des trémies afin d'éviter que le grain ne vienne en contact avec les fientes des oiseaux, comme il le ferait si on l'éparpillait sur les parcours ou sur les planchers du poulailler. Dans ces conditions il faut des trémies plus grandes.
Le système d'alimentation qui consiste à nourrir les volailles uniquement avec de la pâtée ou le système de "tout pâtée" a de nombreux avocats, et il semble évident, d'après les recherches qui ont été faites jusqu'ici, que les volailles jeunes ou adultes qui ne reçoivent pas de grain dans leur litière, mais qui ont toujours à leur disposition une bonne pâtée dans les trémies, restent normales de toutes façons. Ce système de "tout pâtée" est évidemment le moyen d'alimentation le plus simple qui ait encore été essayé. Son principal inconvénient est qu'il n'est pas possible d'augmenter la proportion d'hydrates de carbone relativement à celle de protéine, c'est-à-dire d'élargir la ration lorsque l'état des volailles l'exige, sans mélanger une nouvelle pâtée suivant une formule différente, tandis que, lorsqu'on jette du grain dans la litière, on peut élargir ou rétrécir la ration comme on le veut, simplement en augmentant ou en diminuant cette quantité de grain. En outre, une ration de grain rond, donnée juste avant le moment où les volailles vont se jucher fournit une nourriture qui dure plus longtemps pendant la nuit parce que les grains durs se digèrent moins facilement que la pâtée. C'est là un détail qui peut avoir son importance dans les pays du nord, où les nuits d'hiver sont froides.
1 Voir rapport annuel de l'aviculteur du Dominion, 1927.
2 Voir rapport annuel de l'aviculteur du Dominion, 1929.
Fig. 2. — Abreuvoirs et trémies d'alimentation pour les petits poussins et pendant la première
phase de l'élevage.
FlG. 3. — Trémie à pâtée et abreuvoir pour le poulailler de ponte. Une grandeur commode pour l'abreuvoir est de 22 par 36 pouces et pour la trémie à pâtée de 24 par 60 pouces par-dessus tout. On peut réduire la dimension du premier si un seau d'eau suffit. La trémie sans support mesure 12 par 60 pouces.
Le système de pâtée molle ou humide
La distribution quotidienne de pâtée molle était autrefois le système d'alimentation favori des éleveurs, et beaucoup préfèrent encore cette méthode au système de trémie.
Il y en a qui préfèrent donner la pâtée le matin, d'autres à midi, d'autres encore le soir. En somme l'heure importe peu, c'est une question de commodité pour le nourrisseur. Ce qui importe est de ne donner que juste la quantité de pâtée qui peut être mangée en une demi-heure ou moins pour éviter la fermentation et les troubles de la digestion.
On emploie souvent une combinaison de pâtée humide et de pâtée sèche; c'est-à-dire qu'on tient en tout temps devant les oiseaux des trémies remplies de pâtée sèche et qu'on donne une pâtée molle une fois par jour, généralement à midi. Les nombreux essais qui ont été faits pendant une série d'années, sur les fermes expérimentales indiquent qu'il n'y a rien à gagner à donner de la pâtée molle et que ce système exige beaucoup de temps et de travail.
L'avantage principal de la pâtée molle est qu'elle permet d'utiliser les restes de table et de cuisine; c'est un bon système pour un petit poulailler. La pâtée molle est plus appétissante pour les oiseaux qui, cependant, ne consomment pas plus de nourriture pour cela.