RATIONS
Pour composer de bonnes rations pour les différentes fins que l'on se propose, il faut avoir une connaissance intime de la valeur alimentaire des différents aliments, dont les caractères principaux ont déjà été exposés dans ce bulletin. Il est facile avec les aliments que l'on a chez soi de faire d'assez bonnes rations si l'on ne tient compte que des principes les plus importants de l'alimentation, mais pour obtenir la croissance la plus rapide possible ou la ponte la plus forte possible, il faut maintenir un bon équilibre entre les différents aliments et exercer un certain jugement pour ajuster la ration aux conditions environnantes.
Une des premières choses à considérer est la facilité avec laquelle on peut se procurer les différents ingrédients. Si le nombre d'ingrédients que l'on a est limité, on les choisira de façon à n'omettre aucun élément nutritif essentiel pour la croissance ou pour la production. Naturellement, le prix est toujours un détail important et chaque fois que l'on peut faire une économie sans diminuer la valeur de la ration, il ne faut pas hésiter à le faire.
Rations pour les jeunes poussins
^ Nous avons vu que les poussins devraient être nourris immédiatement lorsqu'ils sortent de l'incubateur pour entrer dans la poussinière, ce qui se fait généralement lorsqu'ils ont 24 heures. On peut aussi à ce moment mettre devant eux de la pâtée sèche et en tenir continuellement. Il est bon, juste avant de les nourrir, de jeter sur le parquet un peu de gravier à poussin; des coquilles d'huîtres finement broyées devraient aussi être à leur disposition.
La composition de la pâtée donnée pendant la période d'élevage (12 à 14 semaines) doit être considérée avec soin. Nous avons vu que la quantité de protéine nécessaire pendant cette période est relativement élevée et que les poussins tolèrent une nourriture très riche en protéine à ce moment. Pour la formation des os ils exigent également une proportion relativement forte de substances minérales.
Une pâtée employée sur cette ferme a donné d'excellents résultats et peut être considérée comme assez typique des rations d'élevage. Voici le mélange: son de blé, 11 pour cent; farine de feuilles de luzerne, 11 pour cent; recoupes de blé {middhngs) , 22 pour cent; farine de blé d'Inde jaune, 22 pour cent; gruau d'avoine (groats) broyée, 22 pour cent; farine de viande, 6 pour cent; farine de
poisson, 2 pour cent; poudre de lait de beurre, 2 pour cent; farine d'os, 2 pour cent; on ajoute une demi-livre de sel commun et une livre d'huile de foie de morue pour chaque 98.5 livres du mélange.
Cette pâtée est donnée jusqu'à l'âge de dix à douze semaines, après quoi on donne du grain dans la litière en petites quantités pour commencer mais graduellement croissantes, pour élargir la ration, car les poussins qui se développent exigent un mélange moins concentré. La même ration est employée jusqu'à maturité, car en augmentant la quantité de grain à litière on supprime la nécessité de mélanger une ration d'élevage.
Au sujet de la ration qui précède nous désirons attirer l'attention sur ce fait que la farine de feuilles de luzerne qui est faite de feuilles et de fleurs de luzerne
Fig. 4. — Trémie de plein air — Le couvercle est rabattu et l'on voit les compartiments pour les différents genres d'aliments. La porte de la mangeoire est fermée.
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Fig. 5. — Trémie de plein air — Plan du devant et coupe de la trémie présentée à la figure 4. Le dessus est couvert de papier à toiture. Ce papier s'arrête au faîte par-dessus lequel est fixée, avec une peinture de ciment, une bande de gross toile, faisant ainsi un couvercle absolument imperméable à l'eau.
broyées et séchées est employée de préférence à la farine de luzerne qui contient trop de fibre pour les petits poussins. Il a été démontré également que lorsqu'on donne de l'huile de foie de morue, comme dans cette ration, on peut remplace- la farine de blé d'Inde jaune par de l'orge moulue. Comme l'orge moulue contient beaucoup plus de cellulose (fibre) que la farine de blé d'Inde, il faut donner un peu plus d'ingrédients pauvres en fibre comme les recoupes (middings) et le gruau d'avoine moulu, et un peu moins d'orge pour que la ration contienne la même quantité de cellulose. Si l'on n'a pas de gruau d'avoine, on pourra se servir d'avoine entière bien broyée à condition que ce soit de l'avoine bien ronde Comme l'avoine entière contient beaucoup de fibre il faudra, comme auparavant, augmenter proportionnellement la quantité des aliments pauvres en fibre. Autant que possible, cependant, on recommande d'employer du gruau d'avoine. Si l'on ne réussit pas à se procurer l'un des ingrédients des substances animaies, il est toujours possible d'augmenter proportionnellement la quantité de farine de viande ou celle de farine de poisson. La poudre de lait de beurre coûte généralement assez cher et son emploi en grandes quantités n'est pas économique; de même, la poudre d'os ne doit pas être donnée en grandes quantités car la plupart des farines de viande et de poisson contiennent une bonne proportion d'os et, du reste, cette poudre est donnée principalement comme supplément minéral.
Comme la ration qui précède a toujours donné d'excellents résultats, il est préférable de la mélanger exactement d'après la formule. Les digressions que nous venons de mentionner ne doivent être prises en considération que lorsqu'il est absolument nécessaire de le faire, car nous les donnons à titre de guide dans la formation des rations et pour montrer sur quoi la composition de ces rations est basée. On peut facilement faire l'analyse de la ration qui précède en se servant des analyses aux tableaux 2 ou 3. Lorsqu'on fait des changements il faut les^ faire de façon à ne pas contrarier la composition des principes nutritifs de la pâtée.
L'huile de foie de morue donnée dans la pâtée qui précède est un supplément riche en vitamines; on ne la donne que pour fournir la vitamine D qui est essentielle pour la formation des os et la vitamine A qui est essentielle pour la croissance. Lorsque les poulets sortent dehors, au grand soleil, les rayons ultra-violets du soleil leur fournissent toute la vitamine D dont ils ont besoin. Si leur pâturage est bon (trèfle vert ou -luzerne) , ils trouvent également de grandes quantités de vitamine A dans ces verdures. Dans ces conditions il est presque mutile de mettre de l'huile de foie de morue dans la pâtée ou, du moins, on peut en réduire la quantité de moitié, mais si ces conditions n'existent pas, il est essentiel de fournir la vitamine D pour obtenir un développement normal.
Les trémies doivent toujours contenir en tout temps du gravier, des coquilles d huîtres et du charbon de bois.
Poulettes pondeuses
Lorsqu'on rentre dans leurs poulaillers les poulettes qui ont passé tout l'été sur un libre parcours où elles ont eu de la verdure variée en abondance et une abondance d'air pur, il faut veiller à leur donner dans leur demeure des conditions qui se rapprochent autant que possible de celles du plein air, et d'effectuer tous les changements graduellement.
La lumière artificielle, judicieusement employée, stimule la ponte pendant 1 hiver, mais elle n'a pas un effet appréciable toute l'année. Les poulettes bien nourries peuvent être soumises à la lumière de façon à avoir une journée de onze ou douze heures sans être forcée en aucune façon et sans que leur état général de santé, et par conséquent leur aptitude à la reproduction, en souffre. Il n'en serait pas de même cependant dans les conditions de malnutrition ou de mauvais soins.
Voici ^ une ration de ponte qui a donné d'exceililents résultats sur cette ferme: Pâtée— \ partie de farine de feuilles de luzerne, J partie de son une partie de recoupes (middlings) , blé d'Inde jaune moulu et gruau d'avoine mou-
lue, mélange de nourriture animale i partie (farine de viande, farine de poisson, poudre de lait), avec, en plus 2 pour cent de poudre d'os, 2 pour cent d'huile de foie de morue, et 1 pour cent de sel commun. On se base sur l'état du corps pour donner du grain.
Voici une autre ration de ponte qui a donné d'excellents résultats dans les expériences conduites sur cette ferme: Grain rond dans la proportion de deux parties de grain pour une de pâtée. On pèse la pâtée et le grain de temps à autre pour déterminer la quantité de chacun qui est consommée et on augmente ou on diminue la quantité de grain pour maintenir la proportion de deux à un.
Une pâtée de la formule que voici a été employée: Son de blé, 13 pour cent; farine de luzerne, 13 pour cent; gruau d'avoine moulue, 20 pour cent; orge ronde moulue, 20 pour cent; recoupes (middlings) de blé, 12 pour cent; farine de viande, 6 pour cent; farine de poisson, 4 pour cent; poudre d'os, 3 pour cent; poudre de lait de beurre, 3 pour cent; huile de foie de morue, 6 pour cent. En outre, on ajoutait 1 livre de sel à chaque 99 livres de ce mélfamige.
Une chose est à noter au sujet de cette pâtée: comme le grain entre pour plus des deux tiers dans la ration et que ce grain est relativement pauvre en fibre, on a constaté qu'il est nécessaire d'augmenter la proportion d'aliments fibreux dans la pâtée et c'est pourquoi on s'est servi de farine de luzerne au lieu de farine de feuilles de luzerne. La farine de blé d'Inde pourrait être employée au lieu d'orge moulue si cela est nécessaire, mais il faudrait augmenter la proportion d'aliments fibreux, ce que l'on pourrait faire en employant de l'avoine entière broyée au lieu de gruau. L'huile de foie de morue dans la proportion de 6 pour cent ne représente que 2 pour cent de la ration totale avec deux tiers de grain pour un tiers de pâtée. Nous ne pouvons pas dire définitivement que l'huile de foie de morue dans la proportion de 1 pour cent de la ration totale (3 pour cent de la pâtée) ne soit pas aussi satisfaisante, car les recherches sur cette question ne font que commencer. Quoi qu'il en soit, entre avril et septembre inclusivement, la proportion d'huile peut être réduite à 3 pour cent de la pâtée ou 1 pour cent de la ration, ou si les oiseaux sont au parcours pendant ces mois, on peut la supprimer pendant cette période.
On a constaté que les poules ont une tendance à maigrir pendant la période de forte ponte. C'est sans doute parce qu'elles ne peuvent pas consommer une quantité suffisante de nourriture pour produire beaucoup d'œufs tout en maintenant le poids du corps, c'est peut-être aussi parce que la ration qu'elles reçoivent est insuffisante pour maintenir le poids du corps dans ces conditions. Si elles continuent à pondre abondamment, il se produit un épuisement sous forme d'une mue ou d'un amaigrissement prononcé du corps. Lorsque la ponte cesse, la poule reprend son poids, ses plumes reviennent et elle se remet à pondre. En donnant une ration propre à maintenir le poids du corps, c'est-à-dire une ration riche en hydrates de carbone, comme on le fait par exemple en donnant une forte proportion de grain, le poids du corps peut être maintenu, à moins que la poule n'ait d'autres limitations physiques, et elle peut produire longtemps et beaucoup. On voit donc qu'en notant le poids du corps des oiseaux et en augmentant la quantité de grain lorsque les oiseaux maigrissent, on peut maintenir ceux-ci en meilleur état et obtenir une meilleure production. La proportion de deux parties de grain pour une partie de pâtée est celle qui s'est montrée la plus satisfaisante jusqu'ici sur cette ferme, mais il faut varier cette proportion en se réglant aussi fidèlement que possible sur le poids du corps.
Si l'on désire avoir une ration "tout pâtée" on peut faire broyer le grain et l'ajouter à la pâtée dans la proportion de deux à un.
On peut donner des verdures, de préférence du trèfle séché ou des feuilles de luzerne, mais pas en trop grande quantité, pour les raisons déjà expliquées sous l'en-tête "Verdures". Il faut tenir du charbon de bois, du gravier et des coquilles devant les oiseaux en tout temps dans les trémies.
Volailles de reproduction
Les sujets reproducteurs devraient recevoir une ration variée, de même que les poulettes, mais cette ration ne doit pas être tout à fait aussi concentrée. Les substances minérales et les vitamines sont encore plus importantes pour les volailles de reproduction que pour les poulettes, et c'est pourquoi on devrait donner des aliments verts, frais ou secs, comme les feuilles et les fleurs de luzerne ou de trèfle, en plus forte proportion que pour les poulettes. L'huile de foie de morue de bonne qualité, à raison de 2 pour cent de la ration, est essentielle pendant l'hiver. La proportion de farine de feuilles de luzerne peut être largement augmentée dans la pâtée. Un parcours vert, lorsque le climat le permet, est excellent pour ces conditions. Il faut qu'il y ait toujours du gravier, des coquilles d'huîtres et du charbon de bois à la portée des volailles.
Engraissement et finissage
Dans l'engraissement en épinette, l'emploi du lait est indispensable pour obtenir une viande de bonne qualité. Le lait est mélangé avec du grain finement moulu dans la •proportion d'environ trois livres de illait à deux de grain. On obtient ainsi une pâtée assez claire. On donne aux volailles tout ce qu'elles peuvent consommer deux fois par jour, à intervalles réguliers, et on enlève tous les aliments qui restent afin de maintenir toujours leur appétit. . On a pour coutume de préparer la pâtée un repas d'avance, afin qu'elle puisse commencer à fermenter avant d'être donnée.
Les grains les plus employés sont le maïs (blé d'Inde), l'avoine, l'orge, le sarrasin ou quelques -uns de leurs sous-produits, mais tous les grainls dont on se sert devraient être finement moulus. Le blé d'Inde produit une graisse jaune. On fera donc bien de ne pas beaucoup en donner si l'on veut avoir des volailles à peau blanche. Des mélanges qui donnent de bons résultats sont ceux qui se composent de parties égales de blé d'Inde moulu, d'avoine moulue et de sarrasin moulu; de parties égales de blé moulu, d'orge moulue et d'avoine moulue; de parties égales de recoupes de blé, d'avoine moulue et de pommes de terre crues hachées.1
Les criblures de renouée liseron2 (sarrasin sauvage) ont donné d'excellents résultats dans les expériences conduites à la ferme centrale. Ces criblures, qui sont un sous-produit des élévateurs, se composent principalement des graines de renouée liseron (sarrasin sauvage) et de blé retrait; il y a aussi une petite proportion d'autres graines. Cet aliment est généralement bon marché. Comme il est savoureux et qu'il a donné d'excellents résultats, nous le recommandons hautement. On le donne avec du lait sur, de la manière habituelle.