MODES D'ALIMENTATION
La tendance générale, depuis quelques années, est de simplifier les procédés d'alimentation. Les progrès que l'on a réalisés dans la connaissance des besoins nutritifs des volailles, les bons soins, les logements plus hygiéniques, ont amélioré à tel point l'état des volailles que leur alimentation n'exige plus aujourd'hui les soins spéciaux que l'on croyait indispensables. Par exemple, on croyait autrefois que les poussins venant d'éclore ne devaient être nourris qu'après avoir absorbé le jaune de l'œuf et que la nourriture devait leur être soigneusement mesurée pendant les quelques premières semaines; aujourd'hui, on leur donne la nourriture en quantité illimitée dès qu'ils sortent de l'œuf et on obtient de meilleurs résultats.
Alimentation à la trémie (nourrisseur automatique)
Aujourd'hui, presque toute l'alimentation se fait à la trémie, ou nourrisseur automatique. A partir du moment où le poussin sort de^ l'œuf et pendant toute sa vie, on tient constamment de la nourriture à sa portée dans la trémie. On tient habituellement une pâtée devant les oiseaux en tout temps et le mélange de grains à picorer, si l'on en donne, est éparpillé dans la litière. Cependant, on a de plus en plus l'habitude de donner le grain à picorer dans la trémie, par-dessus la pâtée, vers la fin de l'après-midi. Quand on suit ce système, il faut un assez grand espace de trémie pour que tous les oiseaux puissent prendre leur part du grain. Pour les poussins, il faut au moins huit pieds d'espace à picorer par 100 sujets, deux fois autant à l'âge de huit semaines et trois fois autant à trois mois. Pour les poules pondeuses, il faut au moins 25 pieds d'espace par 100 sujets. L'avantage de l'alimentation à la trémie est que le grain reste propre et qu'il ne se contamine pas dans la fiente et la litière sale, qui peuvent communiquer des vers ou coccidies et propager ainsi les maladies. Le désavantage le plus sérieux réside dans le fait que les oiseaux ne grattent pas leur litière pour picorer le grain et que cette litière se tasse, se recouvre de fientes et qu'il faut la renouveler plus souvent. On dit aussi que ce grattage est un exercice bon pour la santé, mais cet argument ne paraît pas être bien fondé, car les poules qui prennent leur grain à la trémie paraissent être en tout aussi bonne santé et pondent tout autant que les autres.
Un autre mode d'alimentation consiste à laisser des trémies remplies de grain et de pâtée en tout temps, ou même de mettre les différents ingrédients de la pâtée chacun dans des trémies séparées, pour que les oiseaux puissent en avoir le choix, comme dans un système de cafétéria. Il serait difficile de dire au juste quels sont les mérites de ces systèmes car ils n'ont pas encore été soumis à un essai très rigoureux.
La ration "toute pâtée", au lieu de grain et de pâtée, est peut-être l'alternative la plus intéressante de toutes. Ce système "toute pâtée" pour l'alimentation des volailles est préconisé par beaucoup d'éleveurs, et il semble, à en juger par les recherches qui ont été faites jusqu'ici, que tous les sujets, jeunes ou adultes, qui ne reçoivent jamais de grain à picorer mais qui ont toujours devant eux une bonne pâtée dans une trémie restent normaux de toutes façons. Ce système "toute pâtée" est évidemment le mode d'alimentation le plus simple qui ait encore été introduit. Son principal inconvénient est qu'il ne permet pas d'augmenter la portion d'hydrates de carbone par rapport à la protéine, lorsque l'état des oiseaux l'exige, sans faire une nouvelle pâtée d'une formule différente, tandis que lorsque l'on se sert de grain à picorer, la ration peut être réglée à volonté, simplement en augmentant ou en diminuant la quantité de grain rond. En outre, une portion de grain à picorer, jetée dans la litière juste avant que les poules aillent se jucher, fournit probablement de la nourriture pour un plus long temps pendant la nuit, parce que les grains durs se digèrent moins vite. Ce facteur peut être important dans les districts nord, où les nuits sont froides en hiver. D'autre part, un avantage bien net de la ration "toute pâtée" c'est que l'éleveur connaît exactement la quantité des divers éléments nutritifs que ses oiseaux consomment. Il ne pourrait le faire quand il donne du grain rond qu'à condition de peser le grain de façon à maintenir une proportion raisonnablement cou-tante entre le grain et la pâtée, et d'augmenter ou de réduire la quantité de grain en proportion de la quantité de pâtée que les oiseaux consomment.
Alimentation à la pâtée molle ou humide
La distribution quotidienne de pâtée molle était autrefois le système d'alimentation favori (\v< éleveurs, et beaucoup le préfèrent encore au système de trémie.
Il y en a qui préfèrent donner la pâtée le matin, d'autres à midi, d'autres [i soir. En somme, l'heure importe peu, c'est une question de commodité pour le nourrisseur. Ce qui importe est de ne donner que juste la quantité de piitcv qui peut être mangée complètement en une demi-heure ou moins pour éviter la fermentation et les troubles digestifs.
On emploie souvent une combinaison de pâtée humide et de pâtée sèche; c'est-à-dire qu'on tient en tout temps à la disposition des oiseaux des trémies remplies de pâtée sèche et qu'on donne une pâtée molle une fois par jour, généralement à midi. Cependant, les nombreux es&ais qui ont été faits pendant une série d'années sur les fermes expérimentales indiquent qu'il n'y a rien à gagner à donner de la pâtée molle et que ce système exige beaucoup de temps et de travail.
L'avantage principal de la pâtée molle est qu'elle permet d'utiliser les restes de table et de cuisine; c'est un bon système pour un petit poulailler. La pâtée molle est aussi plus appétissante pour les oiseaux mais ceux-ci ne consomment pas plus de nourriture pour cela.