ALIMENTS D'ORIGINE ANIMALE
Nous avont dit au chapitre sur la verdure que les matériaux feuillus fournissent ce qui manque aux grains, spécialement les vitamines et les substances minérales. Cependant, une combinaison de grains et de matériaux feuillus, tout en maintenant la croissance, ne fournit pas toujours suffisamment de principes nutritifs pour le développement normal. Il est nécessaire de fournir une plus grande concentration de protéine ainsi que d'autres substances minérales, spécialement pendant les premières phases de la croissance. Les produits d'origine animale, principalement sous forme de déchets d'abattoir, sont généralement considérés comme étant la source la plus concentrée de protéine. Les amino-acides des protéines de. la plupart des viandes sont complets et satisfaisants à la croissance, ils complètent ainsi les protéines des grains et des verdures sous ce rapport. Les produits de viande sont aussi une excellente source de substances minérales. Ils contiennent également quelques vitamines, particulièrement le foie et quelques autres organes internes, mais on ne considère pas qu'ils soient aussi efficaces ni aussi sûrs comme source de vitamines que certains autres, aussi on ne s'en sert pas généralement pour cela.
Viande fraîche. — La viande fraîche est peut-être la forme de nourriture animale la plus appréciée, mais il est plutôt rare que l'on puisse s'en procurer à un prix assez bas pour pouvoir l'employer avec profit. On peut avoir de la viande de cheval dans certains districts, et c'est une nourriture excellente. Les sous-produits de salaison, comme le foie (voir tableau 1), font une très bonne nourriture et ils sont utiles, non seulement pour une forte production d'œufs mais également pour les sujets reproducteurs.
Os verts broyés. — On appelle ainsi les os frais que l'on se procure de la boucherie ou de l'abattoir, et que l'on broie. Les volailles les mangent avec avidité mais il ne faut pas leur en donner trop. Cet aliment n'est que modérément riche en protéine mais il contient beaucoup de substances minérales; il faut le considérer plutôt comme supplément minéral à la ration et n'en donner qu'avec modération. Comme les os verts broyés fermentent très rapidement, on ne peut guère les employer que pendant les temps froids ou lorsqu'on peut s'en procurer une provision fraîche pour chaque repas.
Sous-produits d' abattoir. — Sous cet en-tête viennent la farine animale autoclavée, la farine animale desséchée, les déchets de viande, la poudre de viande et d'os, les déchets de viande et d'os, le sang desséché et la poudre d'os. Les farines animales sont le résidu de la cuisson sèche ou humide des viandes; s'il s'agit du produit sec, on l'appelle généralement farine animale autoclavée à cause de la cuisson à la vapeur vive. Ces farines comprennent les issues de tissus animaux qui sont propres à l'alimentation animale; ils ne doivent pas renfermer moins de 50 p. 100 de protéine brute et pas plus de 35 p. 100 de sang. Si la teneur en protéine est inférieure à 50 p. 100, le produit doit être désigné comme de la poudre de viande et d'os, et sous cette classification, il ne doit pas renfermer moins de 45 p. 100 de protéine brute. La farine animale desséchée ou viande desséchée est le résidu de la cuisson à sec ou en chaudière ouverte, et ne doit pas renfermer moins de 50 p. 100 de protéine brute. Ce produit ne doit pas contenir de sang, sauf dans des proportion minimes {traces), inévitables même dans les bonnes pratiques de fabrication. Si le produit renferme moins de 50 p. 100 de protéine, il doit être désigné comme de la poudre ou dvs déchets de viande et d'os, mais il ne doit pas renfermer moins de 45 p. 100 de protéine brute. C'est là une preuve du fait que les poudres moins riches en protéine le sont généralement parce qu'elles contiennent plus d'os. Les poudres de viande et d'os ne sont pas employées dans l'alimentation des volailles quand on peul se procurer la farine animale, car la proportion d'os es( trop élevée dans les
pren ières. Quand on le désire, on peul ajouter des os à la ration en se servant de p aidre d'os, ce qui évite de payer des prix élevée pour Lee os soue forme de farine animale, car les os sont bien meilleur marché.
\\(, desséché. Cel aliment est très riche en protéine mais il n'est pas satisfaisant peur les volailles. La qualité de la protéine es! faible, surtoui parce ta fraction cellulaire rouge, qui constitue environ 70 p. 100 de la protéine lot; - si de uès pauvre qualité. Si Ton utilise du sang desséché, il ne faut pas oublier que la teneur en vitamines et en substances minérales est faible compara ivemenf aux autres produits d'origine animale, comme 1? farine de viande (t la farine de poisson.
Farine de poisson. — On se sert beaucoup de farines de poisson depuis quelque temps dans l'alimentation des volailles. C'est surtout parce que les pi- cédés modernes de préparation et de conditionnement, par exemple, la dessiccation dans le vide, ont beaucoup amélioré ce produit; c'est aussi parce que les recherches scientifiques ont mis en lumière sa valeur nutritive réelle. Les farines de poisson de la meilleure qualité contiennent généralement jusqu'à 75 p. 100 de protéine dont la digestibilité et la valeur biologique sont généralement considérées comme étant supérieures à celles des produits de viande. Elles sont aussi plus riches en vitamines que les produits de viande (à l'exception du fcie) et ce sont généralement de bonnes sources de vitamines. Tout considéré, prises sur la base de la valeur nutritive, les farines de poisson deviennent sans doute l'une des sources les plus importantes de protéine animale pour l'alimentation. Les farines de poisson qui contiennent plus de 6 à 8 p. 100 de matière grasse ne conviennent pas; ce n'est pas tant à cause de leur matière grasse que les volailles digèrent très bien, mais parce que cette matière grasse a une tendance à devenir rance, lorsque la farine n'est pas bien conservée, entraînant ainsi la destruction des vitamines. On peut affirmer en toute sûreté que la farine de poisson blanc, séchée dans le vide, et riche en protéine, est un aliment protéique qui ne laisse que peu à désirer.
Lait et produits du lait. — On a toujours considéré que le lait est un aliment parfait, spécialement pour les jeunes animaux. Sa protéine est excellente et complète de façon utile les protéines du grain. Il renferme une forte proportion des éléments minéraux importants comme le calcium et le phosphore et fournit une abondance d'énergie dans son sucre de lait et sa matière grasse; c'est aussi une bonne source de vitamine A, et particulièrement de riboflavine. L'écrémage, il est vrai, enlève la vitamine A et la graisse, et comme le lait n'est utilisé que sous forme de lait écrémé, ces éléments ne peuvent être considérés. On voit cependant par ce qui précède que le lait écrémé est un aliment excellent pour les volailles, à tout âge. Son principal inconvénient est la proportion élevée d'eau qu'il renferme (90-4 p. 100) ; il ne peut, à cause de cela, être employé pour fournir toute la protéine animale nécessaire, car les volailles ne peuvent pas en consommer des quantités suffisantes pour obtenir la matière sèche qui leur est nécessaire (9-6 p. 100). Pour cette raison, on emploie généralement le lait écrémé ou le lait de beurre pour compléter une ration qui contient déjà une certaine quantité de nourriture d'origine animale et de légumes riches en protéine. Employés de cette façon, le lait écrémé et le lait de beurre sont très utiles pour les volailles.
La poudre de lait écrémé et la poudre de lait de beurre qui ne renferment qu'environ 6 p. 100 d'eau sont d'excellents aliments pour les volailles. Ils contiennent une grosse quantité de la vitamine B complexe, importante pour Féclesion; c'est pourquoi ces produits sont utiles, particulièrement dans les rations données aux sujets reproducteurs.
Le lait de beurre semi-solide, quand on peut se le procurer, est aussi un produit utile; la proportion d'eau qu'il renferme n'est pas excessive.
Le petit-lait est quelque peu employé dans l'alimentation des volailles, mais? il ne contient que le tiers environ de la protéine du lait écrémé. Le produit séché est très utile quand on peut se le procurer à prix raisonnable, car c'est une source excellente de vitamine B complexe.
Œufs. — On donne souvent des œufs cuits dur aux poussins et même aux; volailles plus âgées, quand on en a en quantité, ce qui permet d'utiliser les œufs inféconds que l'on a sortis de l'incubateur ; c'est peut-être là la seule raison pour laquelle on en donne. Ces œufs constituent certainement un excellent aliment, car ils sont riches en protéine, en matière grasse et en substances minérales, mais il faut avoir soin de les tenir aussi froids que possible pour empêcher qu'ils ne se détériorent, À l'exception des huiles de poisson, le jaune d'œuf est la source la plus riche en vitamine D, celle qui se rencontre le moins souvent dans les aliments naturels. Il faut éviter de donner des œufs provenant de volailles qui peuvent être atteintes de pullorose, à cause du danger qu'il y a de répandre cette maladie chez les poussins par l'intermédiaire des œufs. A la lumière des constatations effectuées, il est possible également que la leucose sepropage par l'intermédiaire des œufs.