‹ L'alimentation des volaillesChapitre 9 sur 19 · SUBSTANCES MINÉRALES · texte numérisé non relu

SUBSTANCES MINÉRALES

Une quantité considérable de la matière sèche dans les œufs et chez les volailles se compose d'éléments minéraux. On voit donc qu'une volaille qui sedéveloppe rapidement ou qui produit beaucoup d'œufs a grand besoin d'une nourriture qui contient ces éléments. Les volailles qui courent en liberté trouvent ces éléments dans la nourriture qu'elles ramassent, dans la verdure, les larves,, le gravier qu'elles recueillent dans le champ, mais celles qui sont tenues plus ou moins en réclusion manquent de matières minérales et il est nécessaire de leur en. fournir. Il est donc important de connaître la meilleure forme sous laquelle cessubstances minérales peuvent être données. Les matières minérales que renferment la luzerne, les farines animales, les sons et les autres aliments réguliers nesuffisent pas; il est nécessaire de donner des substances spéciales où ces éléments se trouvent dans des quantités et dans un état tels qu'ils puissent être assimilés; plus aisément. Les os, les coquilles et le gravier sont les aliments généralement employés pour répondre à ce besoin.

Il a été 'démontré en ces dernières années que la bonne formation des os requiert des proportions appropriées de calcium et de phosphore. On ne connaît pas encore exactement quelles en sont les proportions optimums. Toutefois, il semble que si l'on pouvait déterminer ces proportions avec exactitude, on. pourrait élever les poussins sans vitamine D, ou lumière directe du soleil, et obtenir un développement normal des os sans aucun symptôme de rachitisme. On-. a également constaté récemment qu'une forme de phosphore, à savoir, le phosphore de phytine, ne peut être utilisée qu'avec environ 50 p. 100 d'efficacité. Il s'ensuit donc que des rations, renfermant apparemment assez de phosphore., peuvent en réalité contenir trop peu de cet élément s'il y a une forte proportion de phosphore de phytine; dans ce cas, le phosphore ne serait pas entièrement, digestible. Etant donné que le phosphore de presque tous les grains et de leursous-produits renferme beaucoup de phosphore de phytine (blé 46 p. 100,. avoine 52 p. 100, orge 63 p. 100, maïs 58 p. 100, son 85 p. 100), la plupart des1rations ont une tcnçur en phosphore beaucoup plus faible que celle qui est indiquée par leur analyse. Si la ration se compose d'une forte proportion de* phosphore de phytine, il faut des quantités beaucoup plus considérables de vitamines, particulièrement de vitamine D. En raison de ces faits, dans la préparation des rations, il faut pourvoir une quantité supplémentaire de phosphore d'origine animale. Le tableau 1 donne la teneur en calcium et en phosphore des aliments à volailles les plus employés; ces données pourront servir de çuide dans la préparation des rations.

Mélanges minébàux. On a eu pour habitude, dans certaines régions, de recommander L'emploi de mélanges minéraux pour compléter la ration dos volail-

En général, ces mélanges sont d'une formule empirique et ils sont basés sur le jugenfenl plutôt que sur des faits prouvés. Intelligemment employés et suffisamment variés, les aliments que nous avons étudiés sous différents titres dans ce bulletin fournissent une1 quantité suffisante de toutes les substances minérales l'exception peut-être du calcium, du phosphore, du manganèse et du sel commun; nous avons vu qu'il faut pourvoir spécialement à la distribution de ces quatre substances.

Poudre d'os.- Nous avons déjà vu que les os contiennent du calcium et du phosphore dans les bonnes proportions pour être absorbés par l'organisme de l'animal. Les farines ou poudres d'os sont aussi une bonne source de protéine et on les considère généralement comme aliment protéique, mais c'est plutôt comme supplément minéral qu'on les ajoute à la ration et c'est pourquoi on ne les donne qu'en faibles quantités.

Coquilles et graviers calcaires. — Ces substances sont généralement données séparément; parfois aussi on les incorpore à la pâtée. Il a été démontré expérimentalement que la coquille des œufs contient très souvent plus de calcium que la quantité que les poules ont tirée de leur nourriture, même lorsque celles-ci ont des coquilles d'huître à leur disposition. Lorsque la ponte est très active, on fera donc bien d'incorporer à la pâtée des poules une faible proportion de calcium sous forme de coquilles d'huître broyées ou de poussière de chaux sans négliger pour cela de laisser devant elles en tout temps des coquilles broyées ou des graviers calcaires.

Cette addition de substances, calcaires à la ration est nécessaire en tout temps, tuais surtout pendant la ponte, parce que les aliments donnés aux volailles sont relativement pauvres en calcium. Disons aussi que les graviers calcaires devraient contenir 96 p. 100 ou plus de carbonate de calcium, quand ce ne serait que pour cette raison que les graviers pauvres en calcium peuvent contenir une forte proportion de magnésium, substance tout à fait toxique lorsqu'elle est en proportion suffisante.

Gravier dur. — On avait autrefois l'habitude de donner aux volailles du gravier dur insoluble pour les aider à broyer leurs aliments, mais les preuves expérimentales recueillies jusqu'ici n'indiquent pas que ce gravier soit nécessaire, pourvu que la ration contienne des coquilles d'huître ou des graviers calcaires. Ces derniers fournissent apparemment tous les moyens de broyage nécessaire? avant d'entrer en solution. La question de savoir s'il est nécessaire de fournir du gravier insoluble dans certaines conditions n'a pas été définitivement réglée; ce que l'on sait, c'est que le gravier dur qui entre dans le gésier y reste presque indéfiniment si l'on n'en fournit pas d'autre.

Sel. — Le sel ordinaire est nécessaire pour rehausser le goût des aliments et aussi parce que les volailles en ont toujours besoin, à tout âge. Il entre généralement dans une proportion de 1 p. 100 dans les mélanges de pâtées et de \ p. 100 dans les aliments des poussins.

Manganèse. — Nous savons aujourd'hui que cette substance est nécessaire aux procédés vitaux chez les volailles et qu'elle exerce un certain effet sur la croissance et le développement des os ainsi que sur la ponte et la faculté d'éclosion des œufs. On sait également que les aliments ordinaires n'en renferment pas des quantités suffisantes pour tous les besoins. Comme il faut de 15 à 25 milligrammes de manganèse par livre de la ration totale, il faut en ajouter aux rations qui en manquent au moyen de substances chimiques, comme le sulfate de manganèse, ou de substances riches en manganèse, comme le son de riz, la farine de

germe de blé, le son de blé ou les recoupes de blé (gru blanc ou middlings). Le tableau 1 pourra servir de guide pour trouver la quantité approximative de manganèse que renferme une ration et savoir s'il faut en ajouter et combien. Si Ton se sert de sulfate de manganèse en poudre, \ de livre de cette substance par tonne de nourriture fournira 20 milligrammes de manganèse par livre de pâtée, soit environ 10 milligrammes par livre de la ration si le grain et la pâtée sont fourni- en quantité égale. Comme les ingrédients du grain et des pâtées en renferment déjà de 10 à 15 milligrammes par livre, cette quantité de sulfate de manganèse suffira. Comme c'est là une quantité très minime, on aura soin de la mélanger d'abord avec un peu de pâtée, puis avec une quantité plus grande, et ainsi de suite jusqu'à ce que Ton ait obtenu un mélange parfait de toute la masse.

Magnésium. — Le magnésium minéral, que l'on trouve souvent en forte proportion dans le gravier calcaire, ne doit être fourni qu'en proportion minime si les volailles en ont besoin. En réalité, si cette proportion dépasse environ 1 p. 100 de la ration, le magnésium devient toxique aux jeunes poussins. Dans la pratique, il est bien peu probable qu'il y ait un niveau de magnésium assez élevé dans la ration pour qu'il soit toxique. Cependant, la pierre à chaux renfermant une forte proportion de magnésium ne convient pas parce que la teneur en calcium est abaissée en proportion directe de la quantité de magnésium, et la quantité de pierre à chaux consommée est trop élevée. En outre, la pierre à chaux à haute teneur de magnésium entraîne la diarrhée chez les volailles.

Autres substances minérales. — Les autres substances minérales comme le fer et l'iode sont essentielles à l'alimentation des volailles, mais comme elles sont en quantité suffisante dans les aliments généralement employés, il n'est pas nécessaire de les ajouter spécialement à la ration. En ce qui concerne l'iode assimilable, tout indique qu'en général, il n'est pas nécessaire de l'ajouter. On a constaté une certaine amélioration de la production chez les sujets d'un an et une meilleure qualité de la coquille des œufs de poulettes là où l'on donnait de la protéine. Tant que l'on n'aura pas plus de preuves à ce sujet, l'emploi de sel iodé dans les moulées des volailles corrigera toute situation anormale en ce qui concerne cette substance minérale. Il reste encore à déterminer si les autres substances minérales, moins connues, sont nécessaires.

Page 1