GERMINATION DU GRAIN D’AVOINE
La germination est une période de vie très active du végétal, un réveil de la vie ralentie de la graine, qui précède et prépare l’organisation de ce végétal, pour lui permettre de s’adapter à l’utilisation des éléments mis à sa portée par la nature. Etat transitoire donc, pendant lequel devront s’opérer ces transformations au moyen de réactions chimiques.
Il importe avant tout que la vie de la graine soit conservée :
Üne graine qui n’a pas atteint la maturité n’a pas accumulé assez de principes nutritifs, et est insuflisamment développée;
Elle doit être en bon état, de façon, que les tissus vivants et fragiles de l’embryon ne soient pas déshydratés;
Elle doit avoir conservé son pouvoir germinatif, qui disparaît lorsque les réserves nutritives s’altèrent par les oxydations, ces oxydations étant les seules manifestations d’une vie très ralentie.
Une graine ainsi conservée peut germer si elle est placée dans un milieu favorable. Les conditions.
essentielles sont :
19 Humidité. L’eau permet aux solides le contact nécessaire aux réactions chimiques; elle ne doit pas être trop abondante pour ne pas nuire au fonctionnement de la respiration;
20 Aération. L’oxygène, à la pression de 17/5 d’atmosphère, assure parfaitement bien le jeu des combustions internes. Les conditions les meilleures d'aération sont donc réalisées par l’air atmosphérique.
30 Température. Pour l’avoine, il faut une température d’au moins 5° centigrades et de 420 au plus. En dehors de ces limites, 1l n’y a pas germination. La température optimum est de 280.
Placé dans ces conditions, le grain d’avoine germe et il peut être utilisé comme aliment du cheval, lorsque la radicule atteint un centimètre environ.
Quel sera donc, au point de vue pratique, le dispositif à organiser pour obtenir la germination de quantités suffisantes d’avoine pour un ou plusieurs chevaux?
On se sert habituellement de germoirs, dont le principe est le suivant :
Les graines sont étalées sur des clayonnages superposés. On évite de tasser les graines sur une trop grande épaisseur, pour permettre la circulation de Pair. La température du milieu est, autant que possible, maintenue constante et au degré optimum. Un dispositif particulier permet d’entretenir les conditions favorables d'humidité, en assurant un arro-
Sage intermittent des graines, de telle sorte que l’eau
Mie
utilisée tombe de clayonnage en clayonnage et arrose à la fois toutes les graines contenues dans le germoir.
M. Raybaud, maître de conférences à la Faculté des Sciences de Nancy a donné la description, en 1924, d’un germoir à stérilisation automatique, ayant pour but d'éviter le développement de moisissures qui trouvent, elles aussi, des conditions favorables de température et d'humidité. Pour cela, il suffit d'ajouter à l’eau d’arrosage un antiseptique. Dans ce cas particulier, l’antiseptique (eau de javel) est mélangé automatiquement à l’eau, en proportions connues, et au moment même de l’emploi de cette eau.
On peut aussi, avant d'introduire les graines dans le germoir, les faire macérer préalablement dans l’eau pendant une journée; s’il se développe des moisissures il suffit alors d'ajouter à cette eau une quantité donnée d’antiseptique. L’imbibition de la graine est, dans ces conditions, suffisante pour que la germination puisse se produire.
Il y a lieu de remarquer que, si le temps de germination est par exemple de quatre jours, il faudra pouvoir disposer d’un germoir assez grand pour contenir quatre fois la ration, à faire germer. Et, si on veut nourrir N chevaux à l’avoine germée, il faudra un germoir N fois plus grand.
Lorsque nous avons voulu donner de l’avoine germée à 5 chevaux, nous n’avions pas de germoir à notre disposition, et nous avons réussi, avec l’aide du Maréchal des Logis Parcollet, à obtenir 5 rations
nue
germées pendant tout le temps qu'ont duré nos observations. Voici quel était le dispositif adopté :
L’avoine était mise à tremper dans un baquet pendant vingt-quatre heures, puis entreposée dans un sac pendant deux jours; au bout de ce temps, par suite de la chaleur dégagée par la germination, les conditions d'aération et d'humidité étant suffisantes, le but recherché était atteint. Ce procédé s’est donc révélé satisfaisant.
Les modifications apportées au grain d’avoine par la germination seront étudiées au cours de ce travail : ce sont principalement des modifications d’ordre
chimique qui définissent les qualités de l’avoine germée.
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