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caractère qui différencie au point de vue de leur teneur en ferments ces deux laits du lait de femme.
Le lait d'ânesse par contre s’en rapproche beaucoup. (Norécourr et MERKLEN.)
Après avoir vu quels étaient les ferments du lait vivant, il est intéresssant dese demander quel est leur rôle dans les phénomènes de la nutrition et de la digestion du nourrisson et quelles modifications la cuisson du lait peut leur faire subir? On peut à Juste titre émettre l'hypothèse, que la supériorité de l'alimentation au sein réside en partie dans ce fait que le lait dé femme, ingéré cru par le nourrisson, possède des diatases encore intactes, diatases qui ont conservé tous leur pouvoir. Le lait est-il au contraire stérilisé? Alors le liquide dont l'enfant se nourrit est privé des ferments détruits par le fait même du surchauffage.
Nous savons aujourd'hui d’une facon certaine que le lait des femelles normales renferme des ferments solubles : M. Béchamp nous a fait connaître l’amylase, M. Dupouy anaeroxydase, MM. Marfan et Ch. Gillet la lipase et enfin M. Moro un ferment coagulant la fibrine. La réaction de M. Bordet prouve, de plus, qu'il existe des substances spécifiques dans le lait des diverses espèces animales. Ces faits permettent d'interpréter la facon dont se font les échanges nutritifs chez le nourrisson.
C'est un fait bien acquis que certaines glandes, telles que l'estomac et le pancréas secrètent des ferments qui font subir à la matière alimentaire dans le tube
RAETVET
digestif des transformations pour en préparer l’absorption. Nous savons aussi que les métamorphoses plus intimes subies par la substance absorbée sont dues à des ferments solubles qui sont les slimulateurs et les régulateurs des échanges nutritifs. Il est donc permis de supposer que l’utilisation de ces matières, que les métamorphoses subies par elle dans l'organisme sont sous la dépendance d’« enzymes » issus de « sécrétions internes » suivant le mot de Brown-Séquard.
On sait, par ailleurs, que chez le nouveau-né et le nourrisson où l'organisme est en voie de formation active et rapide, les ferments de la digestion, de la nutrition et ceux qui jouent un rôle microbicide et antitoxique sont généralement très peu actifs. Si à cette époque l’alimentation de l’enfantélait difficile, l'absence de ferments tendrait à l’accentuer, à en faire une cause presque inévitable de troubles digestifs graves, d’atrophie peut-être, d’athrepsie même. Or l'aliment de l’enfant, dans les premiers mois de la vie, se compose exclusivement de lait, liquide éminement favorable pour combattre cette insuffisance. [Lest en effet de digestion facile et n’exige pas le secours de ferments digestifs bien actifs. De plus, il renferme les ferments stimulateurs et régulateurs de la nutrilion que les tissus du nourrisson sont incapables à eux seuls d'élaborer suffisamment.
Les hypothèses précédentes expliquent la grande supériorité de l'allaitement artificiel par un liquide vivant. Si les laits de femme et de vache renferment
des ferments solubles différents, ils en contiennent beaucoup aussi d'assez voisins. On voit par là le mal causé par le surchauffage du lait. Bien loin d'être inerte, ce lait, liquide vivant, est, en effet, tué par la pasteurisation et la stérilisation.
L'organisme doit alors assurer à lui seul tout le travail de la digestion; certains enfants très vigou-
reux peuvent le fournir et se passer à la rigueur du
lait maternel. Chez d'autres, l'absorption du lait de vache stérilisé et dilué n’empècheràa pas le développement de s'accomplir, mais ce développement sera insuffisant.
Chez d’autres enfin, débiles ou nés avant terme, l'élaboration des ferments est si faible, qu'elle ne pourra remplacer ceux qu'un lait vivant lui aurait fournis; ils deviennent atrophiques, plus souvent athrepsiques et meurent.
Les résultats de cette alimentation, par un lait profondément altéré, de goût désagréable, et où l'élément vivant est tué, sont donc déplorables.
En résumé, on peut dire que le lait cru, liquide animal vivant, doit, en cas d'impossibilité d'allaitement maternel, remplacer le lait de la femme : il se reéommande en effet à nous par ses propriétés biologiques
en
capables d'agir sur le développement et la santé du nourrisson. Par ses ferments solubles, il est un stimulateur et un régulateur de la nutrition destiné à suppléer à l'insuffisance des sécrétions internes du nouveau-né.
Merveilleux aliment pour l'enfant sain, il est un précieux agent thérapeutique pour le petit malade; son emploi est particulièrement efficace dans les maladies du tube digestif. Nous montrerons plus loin les résultats cliniques qui ont pu être obtenus déjà, grâce à lui, dans l'allaitement artificiel du nourrisson.
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