‹ L'alimentation par le lait cruChapitre 18 sur 94 · LAIT D’ANESSE · texte numérisé non relu

LAIT D’ANESSE

Dans ses ZLecons sur les maladies des enfants, Ch. West a dit : « Le lait d'ânesse est regardé à bon droit comme le remplaçant le plus convenable de l’aliment naturel de l'enfant ; sile prix est un obstacle à son usage permanent, il est pourtant à souhaiter, quand un petit enfant ne peut être allaité au sein, qu'on puisse lui fournir du lait d’ânesse dans les quatre ou cinq premières semaines. »

Quand on considère la composition quantitative du lait des animaux domestiques utilisés pour l’allaitement artificiel, vache, chèvre, ânesse, on voit que c'est le lait d’ânesse qui se rapproche le plus de celui de la femme. L'observation a d'ailleurs prouvé sa grande digestibilité grâce à son peu de caséine.

La réputation du lait d’änesse ne date pas d'hier. I

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est en effet mentionné plusieurs fois à titre de laxatif, dans la collection hippocratique.

Depuis, Brem raconte que ce fut un Juif qui l'introduisit en France. Voici à quelle occasion : « François [° était très faible; ses fatigues et ses excès l'avaient réduit à un état de langueur qui s’aggravait tous les jours : les remèdes n'y changeaient rien. On park alors au roi d'un Juif de Constantinople, qui avait la réputation de guérir ces sortes de maladies.

« Francois I ordonna à son ambassadeur de faire venir à Paris ce docteur israélite à quelque prix que ce fût. Le médecin juif arriva et n’ordonna que du lait d'ânesse : le remède réussit au roi et {ous les courtisans s’empressèrent de suivre le même régime. »

Le lait d'ânesse a continué à avoir une réputalion méritée qu'il agardé de nos jours: Le professeur Parrot en obtient de bonsrésultats pour l'allaitement artificiel des enfants syphilitiques. Il débute à la Nourricerice des Enfants-Assistés avec des chèvres et une seule ànesse ; après avoir reconnu la supériorité de cette dernière, il fait installer à Ja Nourricerie une étable d'ânesses qu'on faisait têter directement par les petits, parüiculièrement les syphilitiques.

En 1885, le D' Wins! concluait ainsi : « L'enfant atteint de syphilis héréditaire trouve dans l'allaitement

direct au pis de l’ânesse un allaitement des plus satisfaisants.

1. Allaitement à la Nourricerie des Enfants-Assistés (Thèse Paris, 1885).

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