LE LAIT DE CHÈVRE
Si au médecin incombe le devoir rigoureux de montrer à la mère que les difficultés de l'allaitement maternel sont surmontables le plus souvent, nous croyons qu'il est cependant des cas où contraint par d'impérieuses nécessités il doit se résoudre à instituer l'allaitement artificiel. Il a alors un devoir social à remplir, c'est à lui que revient le devoir de diminuer la mortalité des nourrissons en vulgarisant de saines notions sur l'allaitement artificiel. La chèvre nous semble être une des nourrices qui inspirera le plus de confiance.
Son usage, comme nourrice, ne date pas d’aujourd'hui. Au temps de Montaigne, elle était déjà en honneur et le grand écrivain semble s'être départi un instant de son scepticisme pour en affirmer les bienfaits :
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« Il est très ordinaire, autour de chez moi, dit-il, de voir les femmes du village, lorsqu'elles ne peuvent nourrir les enfants de leurs mamelles appeler les chèvres à leurs secours, et j'ai à cette heure deux laquais qui ne télèrent jamais que huit jours le lait de femme. Ces chèvres sont incontinent duictes à venir allaiter les petits enfants, reconnaissent leur voix quand ils crient et y accourent. Si on leur en présente un autre que leur nourrisson, elles le refusent et l’enfant fait de même d'une autre chèvre. J'en vis un l’autre jour à qui on ôta la sienne, parce que son père ne l'avait empruntée que d’un sien voisin : il ne put Jamais s'adonner à l’autre qu’on lui présenta et en mourut, sans doute de faim. »
La chèvre a continué depuis à être en vogue. En 1823, Richard, de Nancy, faisait connaître les bons résultats de l'emploi du lait de chèvre dans les hôpitaux de Lyon. Plus près de nous, M. le professeur Fournier préconisait la chèvre comme sauvegarde des nourrissons syphilitiques.
Les analyses anciennes ont fait croire que le lait de chèvre était celui dont la composition s'éloignait le plus de celui de la femme. Voici, en elfet, les chiffres qui lui élaient attribués pour 1 litre de lait : matières azotées 38 à 40 grammes {au lieu de 16 grammes chez
Dr Rue
la femme) ; lactose, 43 grammes (au lieu de65 grammes); 45 grammes de beurre, au lieu de 35 grammes; 7 grammes de sel, au lieu de 2,5. On a fait à ces analyses des reproches mérités, semble-t1l : on à incriminé, à juste litre, leur petit nombre et leur provenance toujours et forcément Ja même, puisqu'elles ont porté sur le lait des seules chèvres de Ta Corrèze et du Poitou.
Depuis, dans des analyses faites avec des procédés modernes, M. le professeur Armand Gautier ! montrait que, par sa densité, le poids de son résidu sec et son beurre, le lait de chèvre était celui qui, à ces points de vue se rapprochait le plus de celui de la femme.
Voici les moyennes établies par lui d’après les observations qu'il a recueillies chez différents auteurs.
Femme. Anesse, Vache. Chèvre.
Densité eee rer 120915 1.033 1.031,8 1.032,3 HUE A PASSE RER 871 907 865 876 RÉSITURSE CHAINE 122 93 135 124 DASÉINE NET MEN AA AE 19 17 36 on PEUT ME PE LEE 45 1555 40,5 4?