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Quels sont donc les griefs qu'on a pu invoquer contre elle?
Un préjugé vulgaire, assez répandu, veut que son lait énerveles enfants, leur donne un caractère difficile. Estce l'humeur fantasque et les bonds capricieux de nos cabris qui ont accrédité celte légende? Nous l'ignorons. Quoi qu'il en soit, c’est bien véritablement une légende. Nous tenons de source certaine et très autorsée que les nourrissons soumis à cemode d'allaitement neprésentent « ni agitation, ni nervosité et leur sommeil est très calme ».
On a reproché encore à l'animal et à son lait d'avoir une odeur sw generis très pénétrante. Nous avons dit plus haut que certaines races seules présentaient cet inconvénient. Nous ajouterons qu’on peut y remédier,
sinon d’une façon absolue au moins en partie, par les.
soins d'une propreté rigoureuse.
Alimentation. — Toutes les qualités qui font de la chèvre une bonne nourrice seront encore accrues par une alimentation rationnelle peu variable mais très étudiée.
Le fourrage sec forme la base de leur nourriture. 1 consiste tantôt en regain de luzerne sèche, tantôt en foin sec. On donne aussiaux animaux du maïs en grain mélangé avec du son, puis des betteraves fraîches qui donnent au lait un goût léger et sucré.
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La boisson est composée d’eau blanchie avec unepoignée de recoupes (remoulage, farines, etc.). Quelques grammes de sel gemme tiennent l'animal en appétit et favorisent sa digestion. :
Si on utilise les débris d'herbe provenant du ménage on évitera d'y laisser le céleri, l'oseille et, en général, les. substances qui peuvent communiquer au lait un goût désagréable ou des propriétés nuisibles. Le fourrage vert est tenu soigneusement éloigné du ratelier, car le lait ainsi fourni donne la diarrhée aux enfants.
A celte alimentation viennent s'ajouter encore comme gages de succès la traite aseptique et la propreté la plus rigoureuse possible. Le pis de la chèvre est en effet lavé avec une solution antiseptique, puis ensuite à l’eau boriquée et enfin à l’eau bouillie.
Les mains du (rayeur sont lavées et désinfectées. soigneusement par les mêmes procédés antiseptiques. Enfin, on laisse s’écouler pendant quelques secondes le: lait provenant du début de Ja traite, afin d'éviter les chances d'infection par les microbes retenus à l’origine des canaux galactophores.
La chèvre elle-même sera brossée et étrillée soigneusement matin et soir.
En résumé, nous pouvons dire que le lait de chèvre, assez facile à se procurer aujourd'hui, rend les plus. grands services dans l'allaitement artificiel. Le D' Raï-
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mondi qui l'a employé indistinctement chez des nourrissons bien portants, chez des nourrissonsmalades ou convalescents d’entérite, de gastro-entérite, debronchopneumonie, de grippe, à eu des succès presque constants. Les échecs rares ont été dus à ce que les mères, malgré l'avis du médecin, voulaientaugmenter la dose ordonnée.
Moins fermentescible que le lait de vache, qui « tourne » d’ailleurs plus vite que lui, nous le preserirons cru, vivant, légèrement sucré, persuadés avec le D' Triboulet qu'il est « un complément merveilleux des nourrices médiocres ».
Nous croyons que grâce à sa valeur alimentaire, aux qualités de nourrice de la chèvre, aux facilités devenues très grandes aujourd’hui de se le procurer par une traite aseptique, son usage répandu sera d'un grand bénéfice dans l'allaitement artificiel des enfants des villes.
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