HISTORIQUE
Si nous en croyons l’histoire, le premier exemple d'allaitement artificiel remonte aux origines de Rome. N'est-ce pas en suçant les mamelles d'une louve que Romulus et Rémus puisent avec un aliment sain et de digestion facile la santé robuste qui leur permettra de devenir les fondateurs de l'empire romain ?
Quant à l'emploi du lait cru, ilest sans doute aussi ancien que la médecine, et Hippocrate le règlemente dans un de ses aphorismes resté célèbre (Aphorisme 64 du livre V.) « Donner du lait à ceux qui ont de la céphalalgie, c'est mauvais. Il est également mauvais d'en donner aux fébricitants, à ceux dont les hypocondres météorisés sont parcourus par des borborygmes, à ceux qui sont altérés (siticulosis), à ceux qui dans une fièvre aiguë ont des évacuations alvines vicieuses et à ceux qui rendent beaucoup de sang dans les selles. Il convient, au contraire, aux phlisiques quand ils n’ont pas une fièvre trop violente. Il est également bon d'en donner dans les fièvres lentes el de longue durée, pourvu qu'il n'y ait aucun des
TO Se
signes qui viennent d'être mentionnés et quand la constipation est extraordinaire !. »
Cependant, Hippocrate, Aretée, Alexandre de Tralles recommandent le lait aux poitrinaires. Ils insistent minutieusement sur le choix d’une femelle laitière, sur son mode d'alimentation, sur les quantités de lait qu'il convient d'administrer. Le lait d’ânesse passait pour efficace et l’on avait même recours au lait de femme : Baume cité par Fonssegrives rapporte « qu’un Anglais, arrivé au dernier degré de la phtisie, prit successivement deux nourrices de suite et guérit complètement au bout de quatre mois et demi ». Ilest inutile de dire, ajoute l’éminent hygiéniste auquel nous empruntons ce fait, que fût-il d’une utilité incontestable, un pareil traitement est impossible, vu le dégoût qu'il provoque et le ridicule qui s'attache invinciblement à l’idée d’un allaitement direct.
À l'exemple du père de la médecine, Galien, Aétius, Avicenne et la plupart des médecins de l'antiquité et du moyen àge montraient une certaine timidité dans l'emploi du lait. Ils ignoraient que ce liquide se coagule normalement dans l'estomac et regardaient cette coagulation comme un accident redoutable. Aussi, comme le fait remarquer Pécholier dans son Mémoire, Celse, Pline et l’École de Salerne prescrivaient-ils surtout l'usage du petit-lait.
Fred. Hoffmam futun des premiers à s'élever contre