Presse médicale, 28 mai
efficace pour lutter contre la contamination du lait, il est rationnel de rechercher comment elle se produit.
La contamination du lait d’un animal sain peut se faire de plusieurs façons : «Le lait d'une ferme peut être altéré par les gens employés à la laiterie, qu'ils soient eux-mêmes malades ou qu'ils aient des parents atteints d'une affection contagieuse.
« Il peut encore être contaminé par l’eau employée soit pour le nettoyage des pis de vaches, soit pour le lavage ou le rinçage des divers vases qui servent à le recueillir ou à le transporter. Cette eau peut avoir été contaminée par le voisinage d’une fosse d’aisances non étanche par exemple ou par une conduite d’égout en état. »
Une troisième cause d’altération due à la fraude est le mouillage du lait, c'est-à-dire le coupage d’une eau plus ou moins pure.
La contamination du lait par l'air est beaucoup plus rare.
On peut partiellement, eten tous cas d’une façon très suffisante pour la pratique, réduire considérablement les dangers d'infection par des mesures préservatrices. Elles consistent, d'une part, dans la traite rigoureusement aseptique comprenant la désinfection du pis de l'animal et des mains du trayeur, et, d'autre part, dans la stérilisation des vases.
1. H, de Rothschild, Traité d'Hygiène et de Pathologie du nourrisson, PR CN
Voici comment on procède pour la traite aseptique:
du lait vivant : les pis etles mamelons de la vache sont, avant chaque traite, savonnés, puis lavés avec une solution de sublimé au 1/100. L’orifice du canal galactophore est plus spécialement nettoyé.
Les premiers jets de la traite ne seront pas recueillis. Une certaine quantité de microbes logés dans le canal du trayon seront ainsi entraînés au dehors.
Quelquefois la solution de sublimé détermine une certaine irritation. On peut alors employer simplement une solution d'eau boriquée complétée par un autre
antiseptique. Le luzoforme, désinfectant inodore, em
ployé dans ce but à la ferme de a Belle-Étoile, a donné de très bons résultats.
Le domestique chargé de la traite se désinfecte également avec soin. Il se frotte les mains à la brosse et au savon d'abord, puis au sublimé, et ensuite les pases dans une solution saturée d’eau boriquée.
Les récipients dans lesquels sera recueilli le lait devront être lavés soigneusement et ébouillantés à l’eau chaude contenant des cristaux de carbonate de soude.
Le seau est recouvert d’une toile bouillie, afin que les:
poils qui inévitablement tombent au moment de la traite ne viennent pas souiller le lait contenu dans le seau.
Les récipients en fer-blanc seront. employés de préférence, car ceux en bois sont plus difficiles à tenir propres.
Les animaux eux-mêmes devront être d’une propreté
absolue et seront étrillés plusieurs fois par jour. On
sait en effet que le poil de vache est l'habitat préféré du
ferment lactique.
Une fois la traite effectuée, le lait sera rapidement filtré et recueilli dans des vases rendus stériles.
Le filtre le meilleur sera le plus simple, parce qu'il sera d’autant plus facile à désinfecter. Un bon modèle est celui employé au Danemark. Il se compose d'un récipient de forme conique au fond duquel se trouve un diviseur. La filtration a lieu sur des rondelles d’ouate préparées industriellement et stérilisées. Ces rondelles ont l'avantage de pouvoir être changées facilement et d'être peu coûteuses.
On a voulu supprimer les intermédiaires el on a imaginé des appareils mécaniques destinés à oblenir le lait en faisant le vide. L'appareil était adapté au trayon de la bête !.
Ces procédés doivent être rejetés. Ils constituent une triple erreur : au point de vue zootechnique d'abord, car on ne pressure pas le pis de l'animal et on omet ainsi .le massage et l'excitation de la mamelle résultant de l’action des mains; de plus, le pis n’est pas vidé à fond et on perd ainsi la partie du lait la plus riche en beurre.
4. Les machines à traire des divers systèmes, Kershau et Colvin, Marchand de Kilmarnoël (Écosse), Zeus Nielsens, etc.,comprennent un dispositif adapté aux trayons par où le lait s'écoule, grâce au vide produit par une pompe aspirante diversement aménagée; ces appareils sont coûteux, d'une installation délicate, ils exigent de plus un état de propreté d'autant plus difficile à réaliser que les pièces
de l'instrument sont nombreuses. Enfin la traite à fond et l'excitation du pis ne se produisent que partiellement. (Dirrcorn, Bovidés.)
C'est une erreur aussi au point de vue hygiénique, car on peut infecter les vaches en portant ainsi les appareils d'un trayon à l’autre, et propager les mammites. L'utilisation prolongée des tubes trayeurs amène des inflammations, de la paralysie du sphincter pouvant déterminer un écoulement spontané du lait. De plus, en faisant ainsi le vide, on enlève les gaz et tout porte à croire que l’évaporation des gaz du lait tend à précipiter les phosphates. (P. DiFFLOTH.)
La traite aseptique faite par des domestiques aseptiques eux aussi à donné des résultats constatés par des examens bactériologiques.
Voici ceux obtenus par le D° Raimondi avec le lait de la Pouponnière : « Les premiers ensemencements faits sur sérum gélatineux nous donnèrent des résultats peu favorables. Dans trois tubes ensemencés nous avons obtenu des colonies de coccus et quelques chapelets isolés de streptocoques et de staphylocoques ainsi que de grands streptothrix. Après nouvelles modifications dans la traite nous obtenions encore, dans deux nouveaux tubes ensemencés, des streptocoques et des streptothrix.
« Nous avons alors agi de façon plus rigoureuse et filtré le lait à travers du coton hydrophile placé dans un entonnoir préalablement bouilli.. Les ensemencements ne firent obtenir aucune culture; l'examen microscopique fut négatif. Même traite faite directement dans l’entonnoir; même traite et filtrage du lait à travers un linge mouillé : même résultat négatif.
| sû me
« La coloration des préparations au bleu polychrome de Unna ne nous a rien laissé découvrir.
« Cet examen était pour nous Le plus important. Nous avons pris le lait ayant subi les manipulations de la traite dans le seau et du transvasement dans les biberons stériles. C’est dans différents biberons prêts à être servis aux nourrissons que nous avons pris le lait dont nous publions la teneur bactériologique.
« Une injection de lait vivant faite à des cobayes dans la cavité péritonéale n’a déterminé aucun trouble chez ces animaux. »
. Nous avons pu faire la même constatation avec le lait de la Belle-Étoile au laboratoire et à l'Hôpital Trousseau. Un cobaye fut injecté dans la cavité péritonéale. Il ne présenta aucune réaction t.