‹ L'alimentation par le lait cruChapitre 86 sur 94 · CONSERVATION DU LAIT · texte numérisé non relu

CONSERVATION DU LAIT

Quand la mulsion rigoureusement propre et asep tique est terminée, une nouvelle difficulté s'élève. Comment en effet conserver le lait ainsi obtenu? Les précautions d’asepsie prises pour la traite sont assurément très efficaces. On sait qu’elles peuvent assurer au lait une conservation de dix-huit à vingt-quatre heures de plus que les laits recueillis à la façon ordinaire. (Dornic.)

4. Nous devons d'avoir pu faire cette recherche à l'extrême obligeance du D' Simon. Nous tenons à lui offrir ici tous nos remerciements.

On a constaté cependant qu'en abandonnant à luimême le lait de vache recueilli dans des conditions de propreté rigoureuse, les bactéries peuvent s'y multiplier assez rapidement et sont surtout cause dela fermentation lactique. |

On s’est efforcé dans ces derniers temps surtout d'empêcher l’altération du lait sans modifier sa composillon.

La stérilisation et la pasteurisation demandent un surchauffage trop élevé pour pouvoir être employées ; l'introduction dans le lait de divers gaz, l'évaporation se sont montrées inefficaces. Seule parmi les substances chimiques conservatrices l’aldéhyde formique à 40 0/0 semble avoir donné de bons résultats. MM. Netter et H. de Rothschild! nous les font connaître.

« À 1 pour 4.000 le goùt et l’odorat ne sont Jamais affectés. À cette dose on peut conserver le lait pendant huit jours, le faire voyager sans qu’on puisse le distinguer du lait frais; en outre sa teneur en corps immunisants reste la même.

« Dans une autre série d'expériences portant à la fois sur du lait entier et du lait écrémé, Behring constate que les échantillons témoins coagulent au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures, tandis que le lait additionné de formol dans la proportion de 1 pour 10.000 reste intact pendant quatre jours, tourne à

1. L'aldéhyde formique pour la conservation du lait (Revue d'hygiène et de médecine infantile, t. IT, n° 2, 4904).

si

lébullition le cinquième et coagule à froid le sixième.

Dans la proportion de ! pour 5.000 le lait formolé reste absolument frais pendant cinq à six jours et{ourne le huitième jour seulement. Si on opère immédiatement après la traite et qu’on maintienne les échantillons à une basse température, le lait témoin coagule en soixante heures ; le lait formoléà ! pour 10.000 tourne à chaud le septième jour; à froid, le huitième. Quant au lait formolé à 1! pour 5.000 et placé dans les mêmes conditions, il tourne à chaud au bout de onze jours et à froid au bout de dix-huit jours. »

Ce lait renfermant de l’aldéhyde formique n'est-il pas toxique? Pour répondre à cette question, Behring alimenta des veaux avec du lait formolé à 1 pour 10.000; ceux-ci ont augmenté en moyenne de 10 kilogrammes par semaine, chiffre supérieur à l'augmentation normale. Il semble donc que les résultats obtenus par Behring sur les jeunes animaux à l’aide du formol doivent réhabiliter complètement l'emploi de cetantiseptique pour lui conserver toute sa fraicheur. Néanmoins, cette question est trop récente et encore à l'étude ; aussi crovons-nous qu'elle doive être employée avec prudence. Peut-être cependant est-elle appelée à jouer, comme le croit Behring, un rôle important dans la question de l'alimentation du premier âge.

On a préconisé aussi la conservation du lait par

b'hets ps, dir, ve

à du

TN

l'eau oxygénée. MM. Nicolle et Duclaux! recommandent la méthodesuivante dont M. Renard est l'iniüateur. :

Aussitôt après la traite, faite le plus proprement possible, on addilionne le lait d’eau oxygénée à 12 volumes dans la proportion de 1,50 à 2 0/0. On abandonne ensuite le lait pendant six à huit heures ; il est seulement livré à la consommation au bout de ce laps de temps.

L'addition au lait de 1 à 2 0/0 d'eau oxygénée amène dans les heures qui suivent un abaissement considérable du nombre des microbes: cette action ne dure que huit à dix heures après lesquelles la teneur en germes du lait oxygéné se relève et augmente peu à peu.

M. Debout, de Rouen, à nourri les enfants d’un dispensaire avec du lait conservé en boîte. Après la traite à quatre heures et demic, le lait était additionné de 1,50 0/0 d’eau oxyg ‘née apporté au dispensaire vers neuf heures, distribué à dix heures et demie. Cinquantesept enfants ont fait usage de ce lait dont les mères ont été satisfaites. Il s’est produit 10 décès, dont 8 par diarrhée verte, 1 par méningite, 1 par bronchite, soit 17 0/0. Pendant ce temps la mortalité s'élevait à Rouen sur les enfants de O0 à 1 an à 27,3 0/0. M. Debout conclut à l'efficacité du lait oxygéné.

Page 1