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CHAPITRE IV

DE LA NÉCESSITÉ DE SUIVRE, AU MOYEN DE LA BALANCE, L'ACCROISSEMENT EN POIDS DES ENFANTS

Dans les chapitres qui précèdent, je me suis efforcée de jeter quelque lumière sur les principales causes de l'effroyable mortalité des nouveau-nés privés du sein maternel. J'ai constaté que l'allaitement artificiel étant devenu une nécessité sociale, il serait désormais inutile de le vouloir proscrire.

L'allaitement artificiel s'impose , avons-nous dit, et quelle que soit l'antipathie qu'il inspire^ notre devoir consiste à l'accepter faute de mieux, et à tâcher d'améliorer les conditions dans lesquelles il se pratique. Nous avons étudié chacune de ces conditions, et nous avons proposé d'en modifier ou d'en surveiller quelques-unes qui nous paraissent s'écarter par trop de celles que la nature a établies. Il ne nous reste plus qu'à nous de-

mander si notre manière de voir est bonne, si l'expérience en justifie les conclusions-, s'il est possible, en un mot, d'élever des enfants au biberon (même dans les grands centres comme Paris) , et de faire cependant de beaux nourrissons. Nous pouvons même élargir le cadre de ce problème, et chercher s'il y a un critérium auquel on pourra reconnaître., jour par jour, semaine par semaine, mois par mois, que le nouveau-né se développe d'une façon régulière.

Ce critérium existe, et sa simpUcité permettra à chacun d'y recourir, car il réside tout entier dans l'accroissement du poids de l'enfant.

Dès qu'un nouveau-né est malade, son poids diminue. Eh bien, dès que l'alimentation d'un nouveau-né devient insuffisante ou de mauvaise nature , le même phénomène se produit, ou tout au moins l'accroissement de son poids ne suit-il plus la marche normale qu'a déterminée M. Bouchaud; dans son Étude sur la mort par inanition des nouveau-nés.

Les parents soucieux de la santé de leur enfant, devront les peser aussitôt après la naissance; puis, chaque semaine, ils répéteront cette opération, et pourront se rendre compte des progrès du nourrisson.

D'après les nombreuses déterminations de M. Bouchaud, un nouveau-né commence presque toujours par perdre de son poids pendant les deux premiers jours qui suivent la naissance ; mais si le poids de la naissance n'est pas repris au bout de quatre, cinq ou six jours au maximum, on doit commencer à rechercher attentivement la cause de cet état stationnaire , qui ne peut s'exphquer que par l'inanition ou tout au moins l'insuffisance de l'alimentation.

A la fin du premier mois de sa vie, l'enfant doit avoir gagné en poids 750 grammes environ. La rapidité de l'accroissement va ensuite en diminuant d'une manière assez régulière. Au lieu de 750 grammes, il n'est plus que de 700 grammes à la fin du deuxième mois, puis

successivement.

A la fin du S" mois 650?'

Il va sans dire que ces nombres sont des moyennes, et ne peuvent que très-exceptionnellement être retrouvés dans une observation isolée. — Mais en leur com-

parant ceux que l'on obtiendra dans chaque cas particu^ lier, on verra si l'écart est considérable, et si la courbe représentant la marche ascendante du poids de l'enfant peut être superposée (à quelques légères différences près) à la courbe schématique que nous avons construite, et qui est représentée dans la figure ci-après :

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