‹ L'Allemagne en 1848Chapitre 35 sur 52 · L ASSEMBLÉE ET LES GOUVERNEMENTS · texte numérisé non relu

L ASSEMBLÉE ET LES GOUVERNEMENTS

osl si conforme à leur propre nature. Les dill'érenls Etals de l' Allemagne semblaient ainsi, à les regarder ciiacun séparément, atteindre cette nouvelle forme, définitive qui, croyait-on, leur permettrait de suivre la voie du développement constitutionnel pacitiquc. Une seule question restait ouverte : celle de la nouvelle organisation politique de la (Confédération allemande. Et cette question, la seule qui semblât encore renfermer un danger, était considérée comme devant être résolue tout de suite. De là la pression exercée par les classes moyennes sur l'Assemblée de Francfort en vue de parfaire la Constitution le plus tôt possible; de là la résolution, prise par la grande et la petite bourgeoisie, d'accepter et de soutenir cette Constitution, quelle qu'elle fut, dans le but de créer sans délai un étal de choses stable. C'est ainsi que, depuis le commencement même l'agitation en faveur de la Constitution impériale partit d'un sentiment réactionnaire et se répandit parmi les classes qui, depuis longtemps, étaient lasses de la Révolution. Mais un autre trait encore la caractérisait. Les premiers principes fondamentaux de la future Constitution allemande avaient été votés pendant les j)remiers mois du printemps et de l'été de 18iS, à une époque oii le mouvement populaire était encore dominant. Les résolutions votées à ce moment, quoiqu'elles fussent alors complètement réactionnaires, paraissaient maintenant, après les

actes arbitraires des Gouvernements autrichien et prussien, excessivement libérales et même démocratiques. Le critérium de comparaison avait changé. L'Assemblée de Francfort ne pouvait pas, sous peine de suicide moral, rejeter ces mesures votées autrefois et modeler la Constitution sur celles que les Gouvernements autrichien et prussien lui dictaient, l'épée à la main. De plus, dans cette Assemblée, la majorité avait, comme nous l'avons vu, changé de côté, et l'intluence du parti libérai et démocratique allait en croissant. Ainsi la Constitution impériale se distinguait non seulement par son apparente origine populaire, mais était en même temps, malgré toutes les contradictions dont elle était remplie, la plus libérale de toutes les Constitutions de l'Allemagae. Son principal défaut était d'être une simple feuille de papier, et de ne disposer d'aucun moyen pour faire exécuter ses décisions.

Il était naturel, dans ces circonstances, que ce parti, qu'on appelait démocratique, c'est-à-dire la masse des petits industriels, se cramponnât à la Constitution impériale. Cette classe était toujours plus avancée dans ses revendications que la bourgeoisie libérale, monarchiste et constitutionnelle; elle avait montré un front plus hardi; elle avait souvent menacé d'une résistance armée ; elle s'était prodiguée en promesses de sacrifier son sang et son existence pour la liberté ; mais elle avait déjà suFiisauiment prouvé qu'au jour

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