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CHAPITRE \IX LA FIN DE L'INSURRECTION

23 octobre 1832.

Pendant que le midi et l'ouest de l'Alleinagne étaient en insurrection ouverte et que les Gouvernemt;nts employaient à éteindre les dernières étincelles de la première révolution allemande, plus de dix semaines, depuis la première ouverture des hostilités, à Dresde, jusqu'à la capitulation de Rastadt, l'Assemblée nationale disparut de la scène politique sans que personne prit garde à son départ.

Nous avons laissé cette auguste Assemblée à Francfort, rendue perplexe par les attaques insolentes que les Gouvernements faisaient subir à sa dignité, par l'impuissance et l'insouciance perfide du pouvoir central qu'elle avait elle-même créé, par les soulèvements des petits commerçants qui s'étaient levés pour sa défense et de la classe ouvrière qui poursuivait une fin révolutionnaire. La désolation et le désespoir régnaient parmi ses membres ; les événements avaient pris brusquement une forme si décisive et si déterminée que.

dans l'espace de quelques jours, toutes les illusions que se faisaient ces savants législateurs sur leur pouvoir et sur leur inikience réelle se trouvèrent complètement dissipées. Les conservateurs sur un signe fait par les Gouvernements s'étaient déjà retirés de cette Assemblée qui ne pouvait exister désormais qu'en dépit des autorités constituées. Les libéraux cédèrent en complète déroute ; ils abandonnèrent également leurs mandats de représentants. Ces honorables messieurs fuyaient par centaines. Le nombre des membres, jadis de huit ou neuf cents, avait diminué si rapidement que maintenant cent cinquante et, quelques jours après même cent, étaient déclarés former le quorum. Et ceux-là même étaient difficiles à réunir, quoique le parti démocratique tout entier fût resté là.

La voie que devaient suivre les restes du Parlement était suffisamment claire. Il n'avait qu'à se joindre ouvertement et résolument à l'insurrection, à laquelle il aurait donné ainsi la force que pouvait lui apporter la légalité, et il se procurait, d'autre part, une armée pour sa propre défense. 11 fallait sommer le pouvoir central de cesser aussitôt toutes les hostilités; et si, comme on pouvait le prévoir, ce pouvoir ne voulait ni ne pouvait le faire, on devait le renverser aussitôt et mettre à sa place un autre gouvernement, plus énergique. S'il était iaipossible d'amener les troupes insurrectionnelles à Francfort (ce qui, au

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