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RICHESSES MINIÈRES

400,000 florins; en 1504 on partagea entre tous les ouvriers plus de 10,000 thalers'.

Les mines du territoire de Mansfeld rapportaient des sommes presque égjales. « Les comtes de Mansfeld » , dit une chronique minière, " ont dans leurs domaines une mine de schiste incomparable; ce schiste produit du cuivre dont le quintal se vend de vinjjt à vingt-quatre onces d'argent, résultat si considérable qu'on y peut à peine croire. 11 semble que le sol soit inépuisable; de quelque côté qu'on l'entr'ouvre, on y découvre des trésors. Dans les années médiocres, on en tire de 8,000 à 15,000 quintaux de schiste; dans les bonnes, de 13,000 à 30,000«. .)

Les montagnes de Bohème étaient d'une telle richesse minérale que, dans les environs de Bergreichenstein, trois cent cinquante moulins à or fonctionnaient journellement ' ; et cependant elles étaient encore bien moins productives que les riches mines d'or du Riesengebirge *.

On a calculé que les mines de Salzbourg rapportèrent plus de 40 millions de monnaie d'or et d'argent en l'espace de deux cents ans. Le Tyrol aussi renfermait d'inépuisables richesses. Les bords de l'Adige passaient dans l'Allemagne du Sud pour une source d'or intarissable. A elle seule la mine de Schwaz rapportait annuellement 300,000 florins à la cour de Vienne. En 1483 on y frappa 48,000 marcs d'argent pur \

« Pour apprécier les sommes considérables que les Allemands tirent de leurs mines et de leur commerce », dit Enéas Sylvius, ^ il ne faut qu'examiner leurs mobiliers, le luxe de leurs habillements, leurs tables chargées de vaisselles d'argent. » « Quelle est celle de vos auberges », demande-t-il au chanceHer de Mayence Martin Mayer, >' où l'on ne serve à boire dans de l'argent? Quelle est la femme (je ne parle pas ici de la noblesse, mais de la bourgeoisie) qui n'ait des parures d'or étincelantes? Que dirais-je des chaînes de col des chevaliers, des mors de leurs chevaux travaillés avec l'or le plus pur, de leurs éperons et gardes d'épée ornés de pierres précieuses, de leurs bagues, ceinturons, casques, harnais qui tous resplendissent d'or? Que vos meubles d'église sont riches ! que de reliques sont enchâssées dans l'or et les perles! que vos autels sont splendidement ornés! que vos prêtres sont magnifiquement vêtus ! Quelles richesses con-

^ Gmelix, p. 302-304, 351-352. A la même époque la Saxe trait d'immenses revenus de ses inestimables mines de sel à Halle et Goslar. Fischer, t. II, p. 484. - FiscHEU, t. II, p. 482-4.S3.

' Peithnet., Gesch. der böhmischen und mährischen Bergwerke, p. II,

* Fischer, t. II, p. 484.

* Ibid., p. 485-486. — SpergeS, Tyrolische Bcrgwerksgetchichte, p. 88.

zu ECONOMIE SOCIALE.

tient rintérieur de vos sacristies * ! « « Il n'est pas rare, dit Wimpheling, qu'à la table des marchands on soit servi dans de la vaisselle d'or et d'argent. Moi-même, un jour, à Cologne, j'ai été traité de cette manière avec onze autres invités. Les marchands allemands établis à l'étranger font souvent venir de leur pays, pour leur ameublement, des objets d'or et d'argent pesant 30, 40 et souvent jusqu'à 150 livres. Ils mènent grand train, et tirent vanité de leurs plats et gobelets, surtout en présence des étrangers. » Ce témoignage rappelle ce que raconte Jérôme lilïinzer, médecin de Nuremberg, de l'accueil qu'il reçut des marchands allemands de Barcelone ^ (1494), « Nos riches négociants ", dit encore Wimpheling, « font circuler l'or et surtout l'argent de notre pays dans presque toutes les contrées de l'Europe ^ « « La Germanie est riche et puissante par son industrie et son commerce >', dit le Livre des Chroniques (1493). « En fait de richesses minérales, elle ne le cède à aucun autre pays de la terre, et tous les peuples. Italiens, Français, Espagnols, etc., tirent des marchands allemands presque tout l'argent dont ils font usage*. -

' De rillt, etc., 1055. — SPITTLER, Gesch. U'irtemhergs, p. 69.

- Miinzer rencontra dans son voyage des marchands allemands d'Augsbourfj, d'Ulni, de Ravensbourg, etc., à Barcelone, Valence, Lisbonne et d'autres villes de la péninsule des Pyrénées. Lui et ses compagnons furent traités avec un grand faste par les marchands de Barcelone. « Invitati ad eorum domos ex solo auro et argento bibimus et comedimus more Cathelauorum et steterunt continue musici cum diversis generibus instrumentorum. ut recrearemur, fecerunt coreas, saltationes more .Maurorum. » Ku\stma>\, p. 296-298. D'après ce que rapporte Conrad Celtes, presque toute la vaisselle des marchands de Nuremberg était en argent.

^ A la fin de son livre : De arte imprcssorta.

* L'Angleterre tirait l'argent monnayé de la haute Allemagne; le Danemark et la Norwége, des villes hanséatiques les plus proches. • Si l'on réfléchit, dit Fischer (II, 489), que sur beaucoup de mines dont l'existence est hors de doute, nous manquons absolument de renseignements, et que sur d'autres mines très-fécondes comme celles de Freyberg, Annaberg, Marienberg, nous n'avons que des documents incomplets offrant de grandes lacunes, on ne pourra hésiter à reconnaître que l'Allemagne était le Mexique et le Pérou des Européens d'alors. • Voy. aussi p. 511.

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