V. LiLlENCRON, t. II, p
' Die liehemsch Schlacht, publié par LiLiENCRO.\, t. II, p. 540-542. Outre ce chant, Liliencron eu cite encore seize autres sur la guerre de succession bavaroise, chansons satiriques dirigées contre le déloyal électeur palatin.
* « Poro a poco questo r.e de Uomani haveudo destrutto il Palatino, et essendo laorti li polenti principi suoi conlrarii et relrovandosi multiplicati li amici suoi, posti per lui in dignité, è andato tanto crescendo, che si ha fatto quasi omnipotente ira tutti li principi et tanto, che non se ne ritrova pur Uno che ardisca conlrariarlo iu cosa alcuna. » OriniM, Rilaiione, année 1506, publiée par Chmel, dans le Zcitschrifi fur Gcschichtsuis ;cnschnft de Schmidt, t. II, p. 338.
vainqueur et d'arbitre suprême, proclama de nouveau la paix publique perpétuelle, rétablit la Chambre Impériale, et se chargea de pourvoir lui-même à son entretien.
Il présenta ensuite à la diète le projet d'un nouveau conseil d'État. Celui-ci, loin de légaliser, comme le précédent, l'asservissement du Roi, devait, au contraire, affermir sa dignité et son autorité, et rendre à la nation la paix générale et la prospérité. Ce conseil devait se composer d'un président nommé par le Roi, d'un chanceliier et de douze conseillers élus par les États. Il devait siéger à Nuremberg, « mais cependant, lorsque l'intérêt du Roi ou de l'Empire l'exigerait, pourrait être transféré au lieu même où se trouverait Sa Majesté ;>. Il devait agir avec autorité dans toutes les questions concernant la justice, la paix, le maintien de l'une et de l'autre, la guerre contre les infidèles, et la résistance aux ennemis de la chrétienté et de l'Empire; mais il ne pouvait décider en dernier ressort dans les questions graves qu'après avoir pris l'avis du Roi. Celui-ci s'efforcerait toujours de mettre son sentiment en harmonie avec l'opinion des douze conseillers; mais dans le cas où il n'y parviendrait pas, il en appellerait aux électeurs, aux princes et à leurs conseillers, et ce que ceux-ci décideraient, unis à Sa Majesté Royale et au conseil d'État, aurait force de loi. Le conseil, au nom et avec le sceau du Roi, aurait le droit d'envoyer des lettres circulaires, et contrairement à la teneur de cesdites lettres, « rien ne pourrait être conclu et traité au nom du Roi >:. Si, néanmoins, on osait outrc-passer les ordres du souverain, les mesures prises de cette façon abitraire devraient être regardées comme nulles, n'obligeant personne, et sans valeur.
Pour appuyer le conseil et lui donner un pouvoir exécutif, quatre maréchaux devaient être élus. Chacun d'eux devait avoir vingt-cinq chevaliers e( deux conseillers sous ses ordres. Ces maréchaux devaient être établis dans quatre régions différentes de l'Empire : le haut Rhin, le bas Rhin, le Danube et l'Elbe. Ils veilleraient à l'exécution des ordres du conseil et seraient chargés de maintenir la" paix à l'intérieur. Le Roi se réservait le choix du lieutenant général de l'Empire, mais s'engageait à ne lui rien commander d'important sans avoir préalablement consulté le conseil d'Etat '.
Ouant à la réorganisation des finances, il fallait nécessairement en revenir au denier commun, autrefois consenti par les États.
Ces plans étaient modérés, pratiques; si les membres de la diète eussent donné les mains à leur exécution avec une sincère bonne
^ Ordonnance gouvernementale. Voy. Mulleu, Reichsiajsiaat, p. 444-448.
Li: s KTATS r. Ell; TT i; NT Li: s 1' HO POSITION s HO Y ALES, 519
voloiilr, Oll CÙI VII sc réaliser dans la polidque intérieure du pays l(!s j)liis heureux projjrès.
Mais les Klals voyaient avec déplaisir une réforme tendant à restreindre leur autorité; aussi repoussèrent- ils le plan royal avec les formules les plus respectueuses : « Sa IMajesté ", dirent-ils, « avait Jusque-là, par sa liaule intelli[;cncc et son habileté, [jouvcrné d'une manière dijjnc d'éloges, avec loyauté, bonté, justice. Elle pourrait, elle saurait af,ir de même à l'avenir. Donner une forme, une mesure précise à Taiilorité de Sa Majesté n'entrait point dans les senliiiienis ni dans les iultMilions des Étais. » Ils refusèrent égalemont de voter l'impôt du denier commun, bien qu'ils se fussent prononcés en sa faveur à la diète de Fribourg, où ils avaient déclaré « que le maintien de la paix publique et surtout le fonctionnement de la Chambre Impériale reposaient uniquement sur lui, et qu'il en était la racine et le fondement ' ". Les membres de la diète tenaient à présent un (out autre langage : " Les sujets de l'Empereur », disaienl-ils, " sont épuisés par la guerre, renchérissement des denrées, les pertes des leurs et les maladies; aussi sont-ils complètement hors d'élat de payer le denier en question ^ " Ils repoussèrent égalemeu! la proposition royale louchant l'établissement de troupes permanentes dans les paroisses de l'Empire, et n'accordèrent qu'à grand'peine à Maximilien les quatre mille hommes qui lui étaient absolument nécessaires pour protéger la Hongrie. Les registres de la matricule prirent de nouveau la place du denier commun. Chaque corps de l'État, selon l'importance de ses domaines et de ses revenus, fut requis de fournir un certain nombre de cavaliers et d'hommes de pied.
Maximilien n'avait pas atteint son but; pourtant le souverain et les États avaient négocié ensemble - de bonne amitié », et c'était là, déjà, un résuKat considérable. Accompagné de tous les princes présents à la diète de Cologne, l'Empereur se hâta de marcher contre Charles d'Egmont, qui, soulenu par la France, prétendait retenir en sa possession le duché de Gueldre, et le contraignit à l'obéissance. A l'aide des troupes accordées, il garantit aussi les droits présomptifs de sa maison sur le royaume de Hongrie, et l'on put enfin espérer " que la couronne de Bohême serait rapportée au Saint-Empire, que celle de Hongrie viendrait s'y réunir, et qu'un solide rempart serait élevé contre les envahissements des infidèles^ «.
Car la guerre contre les « ennemis du nom chrétien » continuait
' Voy. nÖFLi:i\, Rcfonnhcwi'giing, p. G3.
* Dans Müller, Heic/islar/staai, p. 488-489.
2 Sur les néjïociations de Cologne, voyez les pièces manuscrites dans la Frankfurts Reichscorrcspoudmz, t. 11, p. 681-696. Arrêt de la diète du 31 juillet 1505, dans la A'eue Sammlung der Reichsabschiede, t. II, p. 102-104.
à occuper jour et nuit la pensée de Maximilien, et il ne doutait pas que les autres nations ne se missent en mouvement aussitôt qu'elles verraient la plus forte des puissances européennes, c'est-à-dire le Saint-Empire romain, prendre l'initiative'.
Mais il ne voulait entreprendre la croisade qu'après avoir été couronné empereur et reconnu pour chef de toute la chrétienté. Aussi reprit-il avec une nouvelle ardeur les préparatifs de l'expédition romaine.
Dans ce dessein, et afin d'aviser aux moyens de reconquérir les pays tombés au pouvoir de la France, il convoqua les États, et ouvrit une nouvelle diète à Constance. Quelques jours après, on apprit que Louis XII venait d'entrer en Italie avec une puissante armée, qu'il s'était emparé de Gênes (29 avril 1507), avait fait brûler les privilèges impériaux que la ville invoquait pour sa défense, soutenant qu'elle faisait partie intégrante de l'Empire. Louis ne se proposait rien moins que la conquête des États de l'Église : après avoir mis le Pape sous sa dépendance, il se flattait d'obtenir de lui la couronne impériale -.
Dans un discours chaleureux, Maximilien expose aux membres de la diète, réunis en grand nombre, les pertes essuyées par l'Empire et les grands périls qui le menacent. " Le roi de France -, leur dit-il, « veut ravir la couronne impériale à la nation allemande. S'il ose nourrir un tel espoir, ce n'est pas qu'il soit devenu plus puissant et nous plus faibles qu'auparavant ; ce n'est pas non plus qu'il ne comprenne combien l'Allemagne surpasse la France en force et en richesse; c'est qu'il espère que nous agirons dans le présent comme dans le passé, et que nos querelles, notre apathie, nous seront plus chères que le souci de notre honneur et de notre sécurité. Il s'imagine qu'après l'avoir laissé arracher à l'Empire le duché de Milan et mettre à l'abri de notre vengeance les ennemis de l'Allemagne, nous lui permettrons de s'emparer de ce qui a toujours fait la gloire et la suprême parure de notre nation : la plus haute souveraineté du monde, la couronne impériale! L'humiliation qui nous en reviendrait pourrait encore se supporter si nous étions inférieurs en nombre à nos ennemis; en ce cas notre malheur serait plus grand que notre honte, et l'on ne pourrait imputer à notre imprévoyance et à notre lâcheté ce qui ne dépendrait que de notre mauvaise étoile et du malheur des temps. Mais comme il eu est tout autrement, et que notre puissance dépasse
' Voy. la circulaire de Maximilien à propos de la société de Saint-Georges.
MULLER, p. 345.
* Sur la rupture des traités et de la paix par Louis XII, voy. Jager, p. 223- 225. Voy. aussi la justification de Maximilien dans Goldast, Reichshandlung, p. 63.
DIKTE I)E CONSTANCE. 521
de beaucoup celle des Français, notre plus jurande honte, dans notre défaite, serait d'avoir (oléré avec indiHérencc ce que nous pouvions éviter par notre énerfjie. Aussi, même si nous ne disposions que de faibles ressources, mieux vaudrait tout risquer, mieux vaudrait souffrir les plus fjrands maux que do faire peser sur la nation allemande un éternel opprobre. '^ « J'ai l'intention de conduire une armée en Italie et d'y ceindre la couronne impériale. Ensuite, je ferai tous mes efforts pour anéantir les espérances de?, Français et pour les chasser de Milan, ce qui en est Tunique moyen. Pour cela, de toute nécessité, il me faut de l'argent et des hommes. J'ai la confiance que si vos forces s'unissent aux miennes, nous traverserons l'Italie en vainqueurs. Lorsque les Italiens verront l'empereur d'Allemagne s'avancer vers eux, ils viendront d'eux-mêmes à sa rencontre avec de l'argent et des armes, soit pour conserver leurs libertés, soit pour être affranchis de leurs tyrans, soit pour se réconcilier avec les vainqueurs. Le roi de France changera de langage dès qu'il verra les effets de notre puissance guerrière. Il se souviendra que l'un de ses prédécesseurs, portant le même nom que lui, fut battu par moi à Guinegafe lorsque j'étais encore presque enfant, et que depuis ce jour nul roi de France ne nous a vaincus par des armes loyales, mais uniquement parla ruse. J'en appelle à votre grandeur d'âme, à votre courage, vertus qui ont toujours été les qualités essentielles des Allemands, et je vous demande si votre réputation, si votre gloire ne seraient pas atteintes, si, dans ce péril universel, vous ne vous souleviez de vous-mêmes et ne couriez aux armes! Maintenant la chose vous regarde! Pour moi, j'ai la conscience d'avoir fait tout ce qui dépendait de moi. Je vous ai avertis du danger, je vous ai excités par mon exemple à faire votre devoir. Je ne manque pas de courage, j'affronterai tous les dangers. Mon corps est habitué aux plus rudes fatigues. Plus vous entourerez votre roi de considération et de respect, plus vous mettrez entre ses mains une force militaire redoutable, plus il vous sera facile, à votre plus grand honneur, de protéger la liberté de l'Église romaine, et d'affermir en Allemagne cette souveraineté impériale dont l'éclat rejaillit sur vous tous '. »
Celte fois, l'éloquence de Maximilien ' coula dans tous les cœurs comme de l'or fondu •-■.
« Sa Majesté royale », écrivait à son maître Eisehvolf von Stein, délégué du Brandebourg, < a fait un long discours à l'assemblée, lui expliquant ses devoirs et les siens. Je voudrais que Votre Grâce l'eût
' YvoGJL?,, Ehrenspiegel, 1233-1235 — Mullkr, p. 549-553. — Voyez la proposition royale à la diète de Constance en 1507, dans lei œuvres posthumes de Spalatix, p. 204-223.
entendue. Les États ont été tellement remués par sa parole, que d'une seule voix ils ont accordé à Sa Majesté des secours de tout genre. Or, jamais le Saint-Empire n'en eut plus besoin; sur ce point, tout le monde est d'accord'. » Les princes témoignèrent au Roi leur respect et leur soumission : « Plus ils occupent un rang élevé », écrivait l'ambassadeur vénitien Vincent Ouirini, présent à la diète de Constance, ' plus ils s'empressent de donner des marques de leur générosité et de leur obéissance. Chacun affirme, et on le voit assez, que jamais roi des Homains ne fut plus respecté ni plus obéi que Maximilien*. »
Pour former l'armée d'Italie, les princes s'engagèrent à fournir trois mille cavaliers et neuf mille hommes de pied. Le Roi promit en retour de régir d'après leur conseil, et dans l'intérêt du bien public, les pays qu'il pourrait conquérir. Il s'engagea également h administrer de telle sorte les terres, domaines et seigneuries qui tomberaient entre ses mains, que les charges, selon toute équité, en seraient à jamais ôtées aux Allemands et imposées aux autres pays. De cette manière l'Empereur et Roi serait désormais magnifiquement entretenu, sans qu'il en coûtât rien à la nation.
Les Suisses eux-mêmes manifestèrent tout à coup l'intention de redevenir Allemands. Le Roi les ayant assurés qu'ils ne seraient soumis ni à la juridiction de la Chambre Impériale ni à aucun autre tribunal souverain, ils promirent de ne plus causer d'embarras au Saint-Empire, et de se comporter désormais en alliés fidèles et obéissants. Ils mirent six mille hommes à la disposition de Maximilien, qui se chargea de leur solde. Cette armée, selon l'antique usage, devait escorter l'Empereur à Rome, sous la croix blanche de ses étendards.
Ce fut un « heureux temps ". ^Laximilien se laissait aller aux espérances les plus brillantes. Il annonça sa prochaine arrivée au Pape et au Sacré Collège, et rappela à la diète « que le jour où il avait été couronné empereur, il avait promis à Dieu, par un vœu solennel, de diriger en personne une expédition contre les Turcs ^ ».
Mais r« heureux temps » fut de courte durée.
A la nouvelle des préparatifs de guerre qui s'opéraient en Allemagne, Louis XII, qui, après avoir conquis Gènes, s'était lentement replié vers les Alpes, laissa sou armée se disperser, et fit assurer aux États par ses agents secrets qu'il n'avait nulle intention d'inquiéter l'Empire, au lieu que l'Empire avait au contraire tout à redouter de Maximilien, qui ne voulait que déposséder les élec-
1 Voy. DuoYSEN, 2'', 48, 456.
- Relation de Ouirini du 28 avril et du 15 juin 1507, publiée par Erdmanns- DÖRFFEii, dans les Berichten über die Verhandl. dir hönirjl. sächsischen Gesellschaft der ll'issenschdften zu Leipsig, t. IX, p. 61, 68.
ä Voy. sur les néfîociations de la diète de Constance les pièces manuscrites de la Prank/iirls Reichscorrespondenz^l. II, p. 702-741
GrEniiE VKMTIKNNi:. 523
tcurs pour ajyrandirses possessions. « II ne manqua pas non plus de faire passer aux princes de fori es sommes d'argent '. >'
Au'îsi leur ardeur belliqueuse ne tarda-t-elle pas à se refroidir. Sur les douze mille soldais qui devaient composer l'armée impériale et entrer en campa^yne d(^s le milieu d'octobre 1507, à peine si quelques centaines d'hommes s'étaient présentés au mois de février 1508. Des six mille Suisses attendus, le Roi, à sa grande douleur, ne vit pas arriver un seul *! Il en fut donc réduit à ne compter en fait de secours que sur ses Etats héréditaires. A eux seuls, ses fidèles Tyroliens fournirent cinq mille hommes ^
GUERRES d'iTALIE.
En février 1508, l'Empereur, avec le peu de troupes dont il pou vait disposer, se mit en marche pour l'Italie, et ayant obtenu l'assentiment du léjifat, prit à Trieste, au milieu de cérémonies solennelles, le titre d' « Empereur romain élu ». Il n'entendait par là porter aucune atteinte au droit exclusif que le Souverain Pontife avait de le sacrer; au contraire, il était résolu à continuer son voyage vers l)0me, et à s'y faire couronner par le Pape aussitôt qu'il aurait mis les Vénitiens à la raison.
Ceux-ci, encouragés et soutenus par les Français, occupaient les passages d'Italie, et Maximilien, malgré l'inégalité de ses forces, se décida à entreprendre la campagne, comptant fermement sur les secours promis par les États. « Les murailles qui s'opposent à nos desseins sont beaucoup plus dures que la tête du Roi >;, écrit l'un de ses conseillers *; « cependant il se jette sur elles sans prendre même de casque, croyant les renverser aussitôt. Mais il ne fait que s'y heurter, et les revers pleuvent alors sur nous, comme nous ne l'avons que trop vu dans la guerre vénitienne. " Maximilien, en effet, en son ardeur bouillante et chevaleresque, manquait souvent de ce sang-froid, de ce coup d'œil impartial qui sait établir de justes rapports entre le but à atteindre et les moyens d'y parvenir; ses partisans les plus enthousiastes s'accordent à lui reconnaître ce défaut.
' Voy. le mémoire de Jean von Lünen dn 23 mai 1507, dans la Franc/uris Rcichscorrcspondcuz. t. II, p. 711, el les Sources citées dans la note. Louis XII cherchait " con la mano molto liberale a temperare la ferocit à dell' arma Tedescbe con la potenlia dell' oro -. Gliccardim, t. VII, p. 201.
* Voy. le mémoire adressé par IMaximilien au duc Erich de Brunswick, dans la Chronica der Kriegsliändel Maximilians gegen l'enedigcr und Franzosen de GÖbler (Francfort, 1Ö66\ p. 12.
^ Dès le 18 août 1507, Maximilien juge très-sévèrement les Suisses dans une lettre adressée à sa fille Marguerite: . En sumarum ils sonnt méchans, villains, prest pour traire France ou Almaingnes. • Le Glay, Corresp. de Maximilien I" ci de Marguerite d'Autriche, t. I, p. 7.
* Lettre de Pierre vou Aufsess à Jean Cochlaeus, 24 fév. 1519.
524 EMPIRE ROMAIN GERMANIOUK, SlTTATIOX EXTÉRIEIRE.
La campagne coütre Venise échoua; les Véniliens s'emparèrent des pays de Frioul et d'islrie, ef prirent Trieste, ainsi que plusieurs places maritimes. Le comté du Tyrol « fut sur le point de tomber au pouvoir de l'ennemi ". En même temps, la France excitait le duc Charles Egmont de Gueldre à de nouvelles conquêtes, et menaçait en basse Bourgogne les États héréditaires de Maximilien. " Dans cette double angoisse », tolalement abandonné des États malgré ses demandes réitérées de secours, l'Empereur se vit forcé de réaliser la menace qu'il avait faite en 1490. Pour sauvegarder ses intérêts et ceux du Saint-Empire, il entra en accommodement avec le roi de France, et conclut avec lui, le pape Jules II et le roi Ferdinand d'Aragon, la ligue de Cambrai, dirigée surtout contre Venise, la république avide de conquêles, d'honneurs et d'influence. D'après les conventions des alliés, l'Empire et la maison d'Autriche s'unissaient pour recouvrer, en réunissant leurs efforts, toutes les possessions que les Vénitiens leur avaient enlevées.
La ligue de Cambrai eût ouvert d'heureuses perspectives à l'Empereur pour le recouvrement de ses provinces si les États eussent voulu consentir à agir contre Venise.
Mais cà la diète de Worms, qui s'ouvrit au printemps de 1509, ils refusèrent nettement à Maximilien tout ce qu'il demandait. Les caisses étaient vides, les fortunes épuisées, disaient-ils; ils s'étaient si bien dépouillés de tout, qu'à l'heure actuelle, il ne leur était plus possible d'aider le Roi d'aucune manière ^ Puis, à les entendre, ils n'étaient nullement obligés de fournir des subsides; le Roi avait signé des conventions et passé des traités sans leur assentiment; qui sait s'il ne se servirait point des sommes et des troupes qu'il réclamait pour conduire le Saint-Empire à l'abime, au lieu de l'aider â reconquérir sou ancien prestige? Quoiqu'ils n'eussent tenu que la plus petite partie des promesses faites à Cologne et à Constance, ils eurent l'audace d'y faire allusion, ajoutant des reproches blessants à l'adresse de l'Empereur, reproches qui furent d'autant plus amers à celui-ci, qu'il venait d'essuyer une plus cruelle défaite. Ils ne voyaient pas, dirent-ils, les avantages que cette guerre avait procurés à l'Empire; la nation n'en avait recueilli que désastres, dépenses et affronts.
Les villes surtout ne voulurent fournir aucun secours.
Depuis l'avéuement de l'aristocratie d'argent, depuis les progrès
' Coccinius érrivait avec raison : • Parum de publico solliciti divitias nostras profundiinus ad ina;;nificos suniptus et ampla a'dificia; et ubi pro honore et imperio publico quid esset contribuendum, penuriani alleganius. • Fueher, t. II, p. 564.
(;i: j:i!ni-: vkmtie\\e. 525
(oiijoiir.s {jrandissüiils du c.'ipil.il, les cilés avaient de plus en plus rcnonei' à leur [)riinilive et ;<;(''uéreuse j)()lilique, â ce palriolisme qui avail éfé jadis la vraie source de leur (jrandeur et de leur influence. Elles claient presque exclusivement dominées par des vues mercantiles, re{',ardaicn( la {juerre vénitienne comme opposée à tous leurs intérêts commerciaux, cl par conséquent ne voyaient en elle qu' « une affreuse calamité ». I)'ailleur.% elles en voulaient à l'Empereur, qui, trouvant avec trop de raison (jue leurs compaj^uies commerciales n'étaient que des ligues d;iii{jerouses jtroduisaut un renchérissement général dans le pays et exploitant les classes laborieuses, leur avait toujours opposé une énerjjique résistance. En Souabe, des chefs militaires faisaient ouvertement des enrôlements pour le compte des Vénitiens, et conduisaient en Italie, par le Tyrol, les troupes qu'ils réussissaient à embaucher'.
Aussi était-ce à bon droit que Maximilien se plaij^nait des ennemis que l'Kmpire nourrissait« dans son propre sein ", jjens insouciants, disait-il, '- attachés seulement à leurs propres intérêts, ne se préoccupant pas plus de l'honneur de l'Empire que de celui de l'Empereur ". « Aucun des secours qui avaient été votés à Constance et à d'autres diètes », écrit-il dans une lettre justificative adressée aux États, « n'avait été fourni. -^ Il n'avait éprouvé qu'humiliations et revers; mais les États devaient seuls porter la responsabilité des malheurs publics. Avec une lenteur dérisoire, ils avaient fourni des secours tardil^ et insuffisants; l'Empereur avait exposé sou corps et sa vie, ses trésors, ses terres et ses hommes, pendant que la plus grande partie des députés étaient restés tranquillement chez eux. Ils avaient par leurs promesses engagé le Hoi dans son entreprise; mais bien que les secours votés fussent maigres et mesquins, ils les avaient llvrésavec tant de retard, de négligence, et si imparfaitement, qu'ils n'avaient été d'aucune utilité, ce qui avait été la cause de l'épuisement des trésors du Roi et de la perte de ses terres et de ses hommes^.
Craignant que les Vénitiens n'envahissent les pays autrichiens comme ils avaient menacé de le faire, Maximilien quitta Worms précipitamment, afin de presser les armements dans ses possessions ^ Il engagea le produit des douanes, des mines et d'autres sources de ses revenus héréditaires, el les États territoriaux lui fournirent, outre cela, certains secours. La ligue de Cambrai lui vint aussi en aide et lui fournit d'importantes sommes, de sorte qu'il parvint à
' ScnÖN'HERR, Der Krieg Kaiser Mazimllian's I mit Venedig. 1509, p. 4. (Vienne, 1876.) * GOLDAST, Politische ReichsliUndel, p. 400-i07. — Lu.\lG, Heichsarchio, î . II, p. 292-
' Voy. SCHONHERR, t. U.
mettre sur pied une armée de 15,000 hommes. Il eu prit le commandement au mois de juin 1509, au moment même où les Français venaient de remporter la brillante victoire d'Agnadel. La campagne s'annonça d'abord heureusement. Piovercdo et les pays avoisinants se soumirent. Padoue et Vérone s'empressèrent d'ouvrir leurs portes. La puissance de Venise sur le continent semblait brisée. Le Frioul et ristrie étaient occupés par les troupes allemandes. Mais les Vénitiens s'aperçurent bientôt que l'Empereur ne recevait aucun secours des États, qu'il était isolé, abandonné à lui-même; dès lors, ils reprirent courage. Grâce à leurs manœuvres, à l'argent qu'ils surent répandre à propos de tous côtés, ils parvinrent à enlever à l'Empereur la plus grande partie des territoires et des villes qu'il venait de recouvrer. Padoue retomba en leur puissance.
Cependant Maximilien restait plein de confiance dans le succès. 11 résolut de mettre le siège devant Padoue; mais auparavant, il voulut passer à Bovolenta la revue de ses troupes (septembre 1509). « L'Empereur », écrit un témoin oculaire, « portait ce jour-là toute son armure et s'était paré de la manière la plus magnifique. Il montait un superbe étalon, dont la houssine était de velours noir brodé d'or; la tète et le poitrail du noble animal étaient ornés de riches harnais d'or ciselé. La cotte d'armes de Maximilien était en brocart d'or rayée de vert. Il portait un chapeau trauçais, orné de précieux joyaux et surmonté d'un panache blanc. Derrière lui marchait un jeune page tenant un étendard blanc déployé'. Les comtes, seigneurs, chevaliers, accompagnés de leurs écuyers, les lansquenets, les Bourguignons, les Albanais, les Français, les Italiens, les varlets allemands, tous s'étaient richement et splendidement parés pour cette circonstance, et semblaient fiers de leurs armures, de leurs casques ornés de panaches, de leurs joyaux, de leurs chaînes d'or, des houssines de leurs chevaux. Les escadrons laissaient flotter au vent leurs étendards, et défilaient un à un devant l'Empereur. Il y avait un tel plaisir à le regarder que je ne saurais l'exprimer. En somme, il faut bien l'avouer, ni les Welches, ni aucune autre nation, ne peuvent, sous le rapport militaire, se comparer aux Allemands. » Les étrangers présents à cette revue, le cardinal de Ferrare, le comte Constantin, de Mantoue, d'autres encore, jouirent vraiment d'un grand spectacle, et semblaient regarder avea une particulière complaisance Sa Majesté Impériale. Le ciel lui-même, d'un azur clair et radieux, paraissait être « bon impérial ».
•' L'Empereur notre sire », continue le chroniqueur, < paraissait tout joyeux. Sa Majesté était d'avis que si tous les Vénitiens et les
1 Relation de la revue, écrite par un bourgeois d'Inspruck présent à la revue. (Cette revue est l'une des plus anciennes, peut-être la première qui soit mentionnée dans l'histoire d'Allemagne.) Voy. Schönueru, p. 52-5i.
GUEliKE D'ITALIE. 527
Turcs, et si les ennemis du monde entier se fussent présentés en ec mument, il les eiU taillés eu pièces tort aisément. »
Ce pressenlimcnt de vicloire ne se réalisa malheureusement pas. Maximilien, avec une jjraiide eiierjyie, dirigeait lui-même le bombardement de Padoue; il aliVonlait à toute heure le feu ennemi, et pressait les travaux dans les tranchées, mais le succès ne répondit pas â ses efforts. En octobre, il se vit contraint de lever le siège et de licencier la plus grande partie de ses troupes. En décembre, il fut forcé de reprendre la route du Tyrol.
Malgré les pénibles et amères expériences du passé, il se résigna à se tourner encore une fois vers les États dans l'espoir d'en obtenir des secours pour la guerre vénitienne (diète d'Augsbourg, 1510). Il retraça devant l'assemblée ses sacrifices personnels. Il dit comment, grâce au bon succès de ses armes, il avait heureusement conquis la Bourgogne e t les Pays-Bas; comment il avait étendu, agrandi, rétabli ces contrées dans la paix et la sécurité; comment, d'autre part, pour repousser les infidèles, il avait, par ses succès militaires et en exposant sa vie et ses biens, obtenu des droits héréditaires sur le royaume de Hongrie, cette Hongrie pour laquelle son seigneur et père défunt, et tant d'autres souverains, avaient tant souffert. Et afin, ajouîa-t-il, que les Élats ne s'imaginassent qu'il ne recommençait l'entreprise que dans des vues personnelles et intéressées, il déclarait être tout disposé à conférer avec eux et les princes, afin d'aviser, après miire délibération, aux meilleurs moyens d'utiliser les conquêtes projetées, les villes et territoires qu'il se proposait de conquérir, dans l'intérêt du Saint-Empire et de la maison d'Autriche. Tous ensemble, ils décideraient sur les mesures à prendre pour les conserver toujours à la nation, selon le droit et l'équité. Il s'entendrait aussi bénévolement et amiablcment avec eux sur les expéditions futures, afin qu'elles puissent tourner au profit, à la gloire, à l'utilité, au progrès, à la paix, à la sécurité de la chrétienté, du Saint-Empire et de la nation allemande. Il engageait les États à examiner avec attention l'étendue de leurs devoirs envers la chrétienté et le Saint-Empire, car la cause de l'Empereur et celle de l'Empire étaient celle des États, comme la cause des États était celle de l'Empire. " Tous, selon lui, ne devaient être qu'un seul corps et qu'un seul vouloir '. »
Cette fois les États promirent six mille hommes de pied et dixhuit cents cavaliers; mais le résultat de la campagne n'en fut pas meilleur; l'expédition de 1510 échoua misérablement par la faute
• FiaiicfwCs lieichscorrespondem^ t. II, p. 787-79i.
des États. Ainsi que Maximilien s'en plaignait dans la circulaire du 20 mai 1511, il ne reçut que la plus petite partie des secours promis à Augsbourg, et encore beaucoup trop tard. -■ 11 aurait bien sujet, disait-il, d'user enfin de rigueur; comme toujours, la bonté de son cœur l'en empêchait; mais il avait perdu beaucoup de son prestige aux yeux de ses amis et de ses ennemis comme chef de l'Empire et de la nation allemande. Les Vénitiens avaient repris la plus grande partie de ce qui leur avait été enlevé, et le reste était lort difficile à conserver avec le seul secours de son trésor privé et de ses sujets autrichiens. Maximilien avouait avoir au fond de Tàme une anxiété douloureuse; il tremblait que la nation allemande n'abandonnât cette gloire, ce grand renom que par tant de sanglants combats et d'actions M héroïques les ancêtres avaient acquis, méprisant ainsi le dévouement ■ fidèle de l'Empereur, ses efforts, ses travaux, le sacrifice de sa vie et de ses biens. " - En Allemagne , ajouta l'Empereur, .- les princes et les sujets n'ont pas la même manière de voir que dans les autres nations, ou l'on est persuadé que l'honneur et la gloire du souverain rejaillissent sur tous les citoyens, et accroissent leur propre gloire et leur propre bonheur '. »
Malgré ses efforts et ses reproches, Maximilien fut abandonné par les États; il le fut aussi de ses alliés. Au milieu de complications politiques inattendues, d'alliances changeantes, la guerre d'Italie continua pendant de longues années. En 1513, elle était devenue si générale, que le Pape, l'Empereur, l'Espagne, l'Angleterre et la Suisse d'un côté, la France, Venise et l'Ecosse de l'autre, étaient aux prises. " Pendant huit ans >', écrivait vers la fin de 1515 le cardinal de Sion à Wolsey, - Maximilien a seul persévéré dans cette guerre; il y a perdu près de trois cent mille ducats, tant contre les Français que contre les Vénitiens. Abandonné du Pape, de l'Empire, de l'Italie, il a mis en gage tout ce qu'il possédait, ses revenus, ses châteaux, ses domaines, toutes ses propriétés. Son courage est au-dessus de tout éloge. Sa persévérance est invincible, sa loyauté inattaquable*. "
Le Milanais, que les Suisses avaient reconquis depuis peu, retourna aux Français par le fait de leur victoire à Marignan, et
' Voy. Ll.MG, Itcichsarchiv, t. Xill, p. 811-813. — \'oy. Wiener Jahrbücher der Literatur, p. 99. — Anzei'jebL, 13, U" 32. — Frankfurts lieickscorrcspondenz, t. il, p. 837.
^Leiters and papers forcign and domestic of the reign of Henry l'IIl, vol. II, part. I, n" 2661. — Voy. liÖFLER, Carl's V, H'ahl zum römischen König., p. 2-3. Lei élO^es prodJ;<;ués à la • persévérance et à la loyauté " de l'Linpereur sont d'ailleurs très-exagérés. Auandonné par les Étatj au moment du péril, irrité de la ruine de ses projets, Ma.ximilien ne cliercha que trop souvent pendant cette longue et désastreuse campagne à conjurer son mauvais sort en ayant retours aux • rusées pratiques des Welches = , cependant si détestées de lui. .Mais il fut joué par ses ennemis ou ses alliés, beaucoup plus versés dans cet art; Haberlin s'exprime à ce sujet en toute franchise (t. X, p. 159-161).
DI s coin; s de MAXIMII.IEN' aux lansquenets. 52D
Fraoçois ï", vainqueur et dominateur des confédérés, se rendit bientôt in;iitre de presque toute la Lombardie.
-Maxiinilien, décidé â recouvrer les pays italiens perdus, fit un dernier appel aux ressources de l'Empire '. Mais la campagne de 1516 lut encore plus désastreuse que les précédentes. Les troupes suisses enrôlées trahirent l'Empereur, et les lansquenets allemands, mécontents de ne pas recevoir leur paye, se débandèrent. « Malgré de grandes dépenses, des frais considérables », dit Georges Kirchmair dans ses Mémoires, « Maximilien échoua dans son entreprise, et c'est à grand'peine qu'il regagna l'Allemagne. Comme tout le monde le sait, il fut contraint de passer par d'âpres défilés de montagnes au gros de l'hiver, par une neige abondante et profonde, torturé, malheureux jusqu'au fond de l'ûme, et forcé de laisser derrière lui les restes de sou armée. Si la grâce de Dieu ne reiit visiblement soutenu, jamais Sa Majesté ne serait sortie d'un pareil péril. Avant de se séparer des Allemands qu'il laissait en Italie, il leur parla comme il suit, et j'ai vu moi-même les preuves authentiques de ce discours : — Allemands courageux, dignes de louanges, forts et pleins d'énergie, comment pourrais-je attirer votre attention? comment trouverais-je le chemin de votre cœur? Si je m'adresse à vous eu ma qualité de légitime souverain, peut-être mon discours sera-t-il mal accueilli; et pourtant, si maintenant encore je suis votre maître, mon autorité est-elle la mienne? JN'est-clle pas celle de Dieu? Si vous êtes impitoyables pour moi, pensez du moins à l'honneur de la nation, car vous êtes des lansquenets, non des Suisses! Donc, craignez Dieu, craignez la réprobation du monde entier! Avez-vous déjà oublié ce que je vous ai tant répété? M'en voulez-vous si fort parce que, pendant un petit espace de temps, je n'ai pu m'acquitter envers vous? Dieu le sait, je n'en suis pas responsable! C'est la faute d'autres personnes que je neveux pas nommer ici, et vous eu savez la raison. Puis-je être partout à la fois? Vous voyez les dépenses ([lie j'ai faites pour soutenir l'honneur de l'Allemagne. Certes, je n'ai pas épargné ma propre vie, je l'ai exposée sans cesse. Vous savez aussi que j'ai été indignement trahi par les Suisses, et, quant au secours que vous m'avez apporté, vous êtes témoins qu'il n'a occasionné que d'énormes dépenses. O chers Allemands, loyaux lansquenets, souvenez-vous de votre vaillance! Vous n'êtes pas de ceux qui ne combattent que par intérêt; vous avez souci de l'honneur! Rendez-moi justice, souvenez-vous que je suis toujours votre
' François I" avait conquis le Milanais à l'aide de cavaliers et de lansquenets allemands, et continua avec eux sa guerre contre l'Empire. — Voy. le mandat de Maximilien du 16 janvier 1516 dans la Franlfuris heichscorrespondenz, t. II, p. 902, n° 1142.
fidèle guide et capitaine, et que j'aime votre honneur plus encore que le mien propre! Je vous en conjure, montrez-vous fermes, soyez hommes! Bien que je n'aie pas ici d'argent monnayé, je suis tout prêt, afin que vous ne doutiez pas de ma bonne volonté, à vous abandonner ma vaisselle d'argent, mes joyaux, mes meubles, et je vous prie de les accepter de bon cœur! — Sa Majesté, poursuit Kirchmair, a dit encore aux lansquencis beaucoup d'autres belles choses, et cependant ils ne se sont pas montrés plus accommodants. N'est-il pas lamentable de voir que les Allemands aient ainsi outrageusement traité leur maître, chose inouïe jusque-là parmi nous? 1'
L'Empereur, abandonné par ses sujets, ayant complètement épuisé les ressources d'hommes et d'argent de ses domaines relira cepen dant quelques faibles avantages des longues campagnes d'Italie. Hoveredo fut reprise, et quelques terriloires du Frioul reconquis; de plus, il toucha 400,000 ducats d'indemnités de guerre. Mais Brescia et Vérone, ces portes de l'Italie, tombèrent au pouvoir des Vénitiens. " Cette guerre », dit Kirchmair en terminant, « a si mal (ourné et s'est achevée avec si peu de profit pour Sa Majesté Impériale, que l'expédition de Uome et le couronnement sont maintenant devenus impossibles. Aussi depuis ce temps l'Empereur est-il de plus en plus découragé *. »