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CROISADE PROJETÉE

Mais il n'en était pas ainsi. Malgré les amertumes dont il était abreuvé, malgré les fatigues, les pertes subies ^ l'Empereur conservait un courage invincible. Tout vieux qu'il était, il gardait encore j au cœur l'ambition de sa première jeunesse, rêvant toujours d'unir | tous les peuples chrétiens sous la conduite de " l'Empereur romain de nation germanique «, et de chasser les Turcs de l'Europe.

Depuis que le sultan Sélim I", chef habile et puissant, était monté j sur le trône ottoman, les plans de Mahomet avaient été repris, et les ! armées turques menaçaient de ruine et d'extermination la chrétienté ] tout entière. Pour acquérir l'empire de la mer, Sélim avait fait |; construire une flotte de cinq cents vaisseaux; le Kurdistan avait été j conquis, la Mésopotamie soumise, le puissant empire des mameluks ; comprenant l'Egypte, la Syrie et la Palestine, venait d'être détruit. | Sélim était entré au Caire en triomphateur (31 janvier 1517); Alger j était au pouvoir des infidèles; les ports italiens avaient été pillés et i

1 Dans les Fouies rerum Ausl. acn'pit., t. I, p. 436-439. ,

s Voyez la relation de Maximilicn du 17 août 1517 dans la Franh/urts ReUhscorrespondenz, t. II, p. 9i4.

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rava^yés. En Hongrie, le péril croissait toujours; la Carniole, la S(yrie, la Carindiie, l'Autriche étaient livrées sans défense aux bandes féroces des infidèles. < La croisade ", disait avec raison Maxiniilien, « est plus que jamais un devoir imprescriptible, qui s'impose à (ous les États chrétiens. »

L'expulsion des Turcs, l'espérance de partager leur empire devait aussi, dans la pensée de Maximilien, servir à équilibrer les divers intérêts des puissances chrétiennes. Au congrès de Cambray fl517), rEmpcreur et les rois de France et d'Espagne eurent ensemble de longs pourpalers; un plan de partage de tout l'Empire ottoman entre les peuples chrétiens fut présente à rassemblée. Maximilien, en paroles ardentes, conjura Léon X, qui déjà avait soutenu la Hongrie dans sa résistance contre les Turcs, de prendre l'initiative d'une croisade nouvelle '. Ouant à lui, si, à l'âge où l'on sait à peine ce que c'est que la guerre, il avait ardemment souhaité de chasser d'Europe tous les ennemis de la foi, maintenant, vieux, mûri par l'expérience, tout sou désir était de mettre son expérience et son savoir au service des chrétiens opprimés.

Au mois de mars 1617, le concile de Latran, réuni à Rome, se décida à proclamer une croisade générale. Elle devait durer cinq ans, et, pendant ce temps, trêve devait être faite à toute querelle entre les princes chrétiens. Le Souverain Pontife proposa tout un plan de campagne. Pour couvrir les 8,000 ducats indispensables aux frais généraux de la guerre, il demandait à tous les membres du clergé de donner soit le dixième, soit le tiers, soit'le quart de leurs revenus; les nobles en donneraient le quart, les bourgeois le vingtième; le Pape laissait aux princes la hberté de fixer eux-mêmes la part qu'ils devaient fournir, s'en rapportant à leur sagesse et à leur libéralité^. L'Empereur, le roi de France, la plupart des souverains européens donnèrent leur assentiment aux propositions papales. Mais Maximilien fut d'avis de ne s'engager qu'à une campagne de trois ans : " Pendant la première année ", dit-il, t nous nous emparerons des possessions africaines; dans la seconde, les provinces européennes que le sultan nous a ravies seront reconquises; dans la troisième, nous reprendrons Constantinople. Quant aux petits États asiatiques, ils tomberont d'eux-mêmes entre les mains des vainqueurs.

Satisfait des dispositions et de la « merveilleuse entente > des puissances chrétiennes, Léon X proclama, le 13 mars 1518, la croisade générale et la trêve de cinq ans, et fit remettre à l'Empereur, protecteur-né de la chrétienté et généralissime de l'expédition contre

1 Raynaldi Annales ad a. 1517, n" 2-5. 2iti</.,n° 16-55.

les infidèles, une armure, un casque et un glaive bénits, que le cardinal légat, Caietan, fut chargé de lui remettre en grande pompe à l'ouverture de la diète d'Augsbourg.

ce La plus grande espérance de la chrétienté », dit Maximilien dans la lettre circulaire qui appelait les États à cette diète, « repose maintenant sur la nation allemande. IMontrez donc l'obéissance que vous nous devez, et ne donnez sujet ni au Saint-Empire, ni à l'Allemagne, ni surtout à la sainte chrélienté, de vous accuser d'avoir mis obstacle à la grande expédition qui se prépare '. » Il espérait fermement que les États lui fourniraient le moyen de la mettre à exécution. Le 1"' aoi\t 1518 eut lieu la remise de l'armure bénite. « Toi seul », dit le cardinal légat dans son allocution à l'Empereur, « toi seul portes le nom de protecteur et de gardien de l'Église. L'état des choses réclame impérieusement que tes actes répondent à de si augustes titres. Les yeux de tous les chrétiens sont fixés sur toi; tous espèrent que tu porteras la main à ton glaive, tous savent que tu le lèveras contre les ennemis du Seigneur. Puisse ton bras, fortifié par le Tout-Puissant, châtier la fureur et la cruauté des infidèles! » L'Empereur répondit qu'il prenait la sainte armure des mains du prélat avec un cœur rempli de reconnaissance. Sacrifier ses biens, exposer sa vie pour le Saint-Siège et le saint de la chrétienté, avait été, dès ses premières années, son vœu le plus ardent. S'il n avait plus maintenant cette brillante jeunesse, ce corps vigoureux que semblait réclamer une entreprise si grande et si sainte, protégé par le casque du Saint-Esprit- et l'épée de la foi, il prendrait du moins part à la campagne. La croisade était devenue inévitable, et il la commençait avec un ferme et indomptable courage. En effet, il avait écrit au Pape peu de temps auparavant : « J'obéirai; je fais avec joie le sacrifice de mes biens et de mon sang. Déjà, d'un pas rapide, je m'approche de la vieillesse, mais je ne souffrirai pas qu'elle ralentisse ma course! Et si, pour le Christ, j'étais appelé à souffrir une mort digne d'envie, j'espère aller revivre au ciel dans la gloire éternelle du paradis. »

Le cardinal légat, dans un brillant discours, énuméra les raisons qui rendaient la croisade impérieusement nécessaire. « La religion et l'humanité », dit-il, « se jettent en suppliantes aux pieds de l'Allemagne. Tous les yeux sont fixés sur l'aigle de Maximilien; le salut du monde ne peut venir que de l'Empereur romain. Si vous l'abandonnez, vous vous abandonnez vous-mêmes, car l'Allemagne, plus que tout autre pays, représente pour les Turcs les frontières avancées de l'Europe. Leurs galères, il est vrai, atteignent plus promptement

' circulaire du 9 février 1518 dans la Frankfurts Ilcichscorrespondenz, t. II, p. 956-959.

LES |';TATS KEKISENT des SECOi;i!S F'OLU LA CROISADE. Ö33

ril.ilie, mais en revanclic leurs armées de terre sont bien autremont à redouter, car c'est en elles, comme chacun sait, que réside leur force principale. L'Allemajjne sera ouverte aux libres incursions des infidöles, si nous ne protégeons et ne sauvons ses boulevards, c'est-à-dire la Carniole, la Carinthie, la Slyrie, la Croatie et la Uongvie. Si dès maintenant vous ne vous décidez à entreprendre la croisade, si vous la remettez à plus tard, la chrétienté perdra courage! Oue ferons-nous donc, nous autres, diraient les princes chrétiens, si l'Allemagne, qui est en possession de la dignité impériale et doit par conséquent protéger l'Église, hésite, et remet sa décision d'une dièfe à l'autre? Ainsi, ce qu'à Dieu ne plaise, vos retards prépareraient la ruine générale. "

Pour réunir les troupes nécessaires et couvrir les frais de la campagne, le cardinal légat proposait que les prêtres donnassent le dixième de leur revenu annuel; les riches, le vingtième; les gens de petites ressources, le cinquantième. Ouant à la manière de lever et de conserver les impôts sans que les agents préposés à cette besogne pussent réclamer quelque chose pour eux; quant à la surveillance à exercer pour que l'argent recueilli soit uniquement employé à couvrir les frais de guerre, et que cet argent soit loyalement remboursé à chacun au cas où la croisade ne pourrait s'effectuer, le légat s'en rapportait entièrement aux Allemands : =• Le siège apostolique ', dit-il, « entend ne se mêler aucunement des fonds militaires; de tout l'argent voté, il ne réclame absolument rien pour lui-même, quoi qu'en puissent dire les faux rapports qu'on s'efforce de répandre à ce sujet '. »

L'Empereur et les ambassadeurs polonais soutinrent avec chaleur les propositions du légat, mais les États les repoussèrent. Au milieu de tous leurs prétextes, ils adoptèrent une méthode nouvelle, bien souvent reprise depuis, et qui servit toujours à colorer leurs refus. Ils revinrent sur tous les griefs de l'Empire contre le Saint-Siège, et recommencèrent à ce sujet de stériles récriminations. Les bruits alarmants qui se répSndirent pendant la diète sur le retour de Selim à Constantinople, sur ses effrayants préparatifs, sur le débarquement

' Le discours du légat -â aoiU) se trouve dans Böcking, l'ir, Huiie/i Opp, t. V, p. 162-167. " La nécessité de se défendre contre les Turcs, dit He^ewisch (t. II, p. 159), était devenue tellement évidente par l'accroissement constant de la puissance de cet ennemi et le péril imminent de la Hongrie comme de l'Italie, qu'il était puéril de revenir sur les griefs qu'on croyait avoir contre la cour romaine. Les ambassadeurs du Saint-Siége ayant si solennellement déclaré que pour éloigner tout soupçon, ils ne voulaient rien avoir à faire avec la caisse qu'ils se proposaient d'établir pour couvrir les frais de la campagne, rien ne donnait le droit de mettre en doute la loyauté de leurs assurances. •

des corsaires turcs à Gaëte, sur l'attaque de Belgrade, ne troublaient aucunement les princes. Ce n'était là, disaient-ils, que des contes inventés à plaisir pour extorquer de l'argent allemand. Un suppliant appel de secours que leur firent parvenir les habitants des pays héréditaires d'Autriche, les toucha tout aussi peu. « La Carniole, la Styrie, la Carinthie, l'Autriche «, écrivaient le 4 septembre à Francfort les délégués de cette ville, « ont envoyé aux États une lettre émouvante, implorant d'eux des moyens de salut en termes pleins de sincérité et de douleur. Ils racontent les désastres que depuis si longtemps les Turcs font subir à leur malheureux pays; ils disent comment les infidèles ont incendié la Croatie, ravageant tout sur leur passage, si bien que presque tous les comtes du pays sont devenus leurs tributaires. Les Turcs relèvent les châteaux el les forteresses qu'eux-mêmes viennent de détruire et de raser, et les mettent en état de défense, de sorte qu'il est à craindre que si l'on ne s'oppose à temps à leurs desseins,- jls ne paraissent bientôt en Bavière et en Souabe. Les princes et les électeurs ont donné à ces populations malheureuses d'unanimes marques d'intérêt; mais dès qu'il s'est agit de débourser, chacun s'est excusé '. '>

Tout ce qu'on put obtenir des États relativement à la croisade, ce fut une promesse véritablement dérisoire, eu égard aux nécessités urgentes du moment. Ils consentaient à ce que, pendant trois années consécutives, toutes les personnes qui s'approcheraient de la communion s'engageassent à donner annuellement au moins un floriu et demi. Les sommes ainsi obtenues devaient être confiées au gouvernement jusqu'au moment de l'expédition.

Même pour de si insignifiantes offres, les princes déclaraient ne pouvoir rien décider avant d'avoir consulté leurs sujets ^ Quant à l'argent déjà versé, à la nomination des commandants militaires, ils ajournèrent les discussions et autres questions importantes relatives à l'expédition turque jusqu'à la prochaine dièle^ " Autrement dit, aux calendes grecques », écrivaient les délégués de Francfort, u Dieuveuille »i, ajoutaient-ils, « que tout ceci produise quelque bien! » Peu d'années après, Belgrade et l'île de Rhodes,* ces deux principaux boulevards de l'Europe chrétienne, tombaient entre les mains des Turcs, et les événements ne justifiaient que trop les anxiétés et les pressentiments du Pape et de l'Empereur. On ne se trompait pas en affirmant « qu'avant dix ans la puissance ottomane aurait posé le siège devant Vienne ».

' Frankfurts lieichscorrespondcnz, t. Il, p. 982.

* Voyez ces négociations dans la FrmJ.furts Reichscorrespondcuz, t. II, p. OSij-O'JS.

^ Arrêt impérial de la diète d'Augsboiirg dans la Xeue Sammlung der Hciclisabs-

ckiede, t. II, p. 168-169.

DKIîNIEnS PLANS I) i: 1! K F 0 I! M I' DE M WIM I LI F. N. 535

Tous les esprits clairvoyants s'apercevaient de Timminence du péril. .Mais les membres des Élats ne voyaient jamais plus loin que les bornes de leurs domaines. - Chacun d'eux , dit un observateur conicmporain, « oiU volontiers consenti à perdre un œil s'il eiU pu espérer que son voisin en perdit deux'. »

DERNIERS PLANS DE RÉFORME DE l'eMPEREUR.

Les Ktats se montrèrent tout aussi égoïstes et négligents dans les questions intérieures qui touchaient à la sécurité générale de l'Empire. En dépit des efforts de Maximilien, et malgré le zèle inlViîigable qu'il apportait à élaborer sans cesse de nouveaux plans de réforme, les diètes se passaient à former des résolutions qui n'aboutissaient à rien, ou à de très-insignifiants résultats.

Pendant la diète d'Augsbourg (1510), l'Empereur représenta encore une fois aux États que le maintien de la paix et de la justice lui était impossible sans " leur secours et leur appui ". " Car la paix et la justice veulent un pouvoir exécutif, et.ce pouvoir ne peut être exercé sans nécessiter de grandes dépenses. Or Sa Majesté déclare ne plus être en état de les supporter seule après tout ce qu'elle a fait pour l'Empire dans les campagnes passées et présentes. Maximilien demandait donc que les ordonnances votées à Worms et à Augsbourg en li95 et 1500 touchant le denier commun et les taxes imposées à tous d'après les cadres paroissiaux, fussent reprises, et enfin obéies. Mais, sur ce point, les États se montrèrent intraitables. " Les ordonnances de Worms ', dirent-ils, - avaient été regardées comme non avenues pour beaucoup de motifs; et comme ces motifs, loin d'avoir disparu, s'étaient multipliés, il était absolument « superflu » de revenir sur cette question. « L'Empereur leur soumit alors un plan d'organisation militaire ayant pour base la contribution matriculaire de l'État, et calculé pour préparer les cadres d'un contingent perpétuel, pouvant, suivant les besoins des temps, s'élever de raille à cinquante mille hommes. Chaque territoire chaque sujet devait être équitablement taxé d'après son revenu. La maison d'Autriche supporterait les mêmes charges que le Saint- Empire, mais les pays allemands de leur côté seraient tenus à ne pas faire moins qu'elle. On n'aurait à fournir ce contingent militaire que lorsque les besoins de l'Empire réclameraient les sacrifices de tous, et aussi longtemps que la nécessité le demanderait et s'imposerait à tous les territoires. Les princes, les prélats, les comtes, les cités, répartiraient le chiffre de soldats qui serait

' Voyez cette citation dans Droysen, 2, B. 76.

indiqué, entre tous leurs subordonnés, afin que la charge soit équitabiement partagée. <= Un tel arrangement n'a rien d'impossible et peut s'effectuer sans grands frais =;, disaitl'Empereur; -^ et lorsque les ennemis de l'Empire entendront parler de la concorde qui règne entre le souverain et l'Empire germanique, lorsqu'ils sauront le mutuel appui qu'ils se prêtent, ils cesseront certainement de nous menacer. Ces (roupes permanentes ne serviront d'ailleurs qu'au maintien et à la défense du pays, et ne seront jamais employées à combattre les ennemis personnels du souverain; elles se borneront à maintenir la paix du dedans, à châtier les perturbateurs de-l'ordre et à faire exécuter les arrêts de la Chambre Impériale. ; Un comité particulier, organisé par l'Empereur et les États, devait, à cet effet, siéger au tribunal et prendre toutes les mesures nécessaires.

Maximilien était persuadé qu'une organisation militaire permanente, mettant un pouvoir exécutif entre les mains du gouvernement, pourrait seule sauvegarder la dignité du souverain, qu'elle serait avantageuse au Saint- Empire, redoutable aux rebelles et funeste aux ennemis du dehors. :\]ais les États ne consentirent à entrer sur ce point dans aucune discussion; ils promirent seulement de prendre en considération « ce dessein quelque peu hardi ;;, afin d'en donner leur avis à la diète prochaine '.

Cette diète s'ouvrit à Trêves en 1512, et fut ensuite transférée à Cologne. Les États commencèrent par écarter le plan militaire de Maximilien. En revanche, la réorganisation de l'Empire fondée sur la division des divers territoires en dix cercles se consolida. Déjà, à la diète d'Augsbourg (1500), ce partage avait été fait, et les six cercles suivants organisés : Franconie, Bavière, Souabe, Haut-Rhin, Westphalie et Basse-Saxe-. Les domaines impériaux et les terres électorales allaient maintenant en former quatre autres : la Saxe et le Brandebourg avec leurs maisons princières; les quatre États électifs du Uhin, les pays autrichiens, et enfin ceux de la succession bourguignonne. Ces divisions tracées par ISÎaximilien correspondaient parfaitement à la nature des choses, et il eût été presque impossible de les mieux définir.

Chaque cercle devait être mis en possession d'un pouvoir exécutif composé d'un gouverneur, ayant sous sa direction des conseillers, chargés de veiller au maintien de la paix, à la soumission des fauteurs de troubles et à l'exécution des arrêts portés par la Chambre Impériale. Mais dans les cas graves, là où l'assistance des

' Voyez les délibérations de la dièle d'Augsbourg dans la F ranlcfuris Reichscorrespondcnz, t. II, p. 807-823.

* Ces cercles furent ensuite désignés sous le nom de « six anciens cercles » (sex pristini circuli).

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