DERNIERS PLANS DE RÉFORME DE MAXIMILIEN
pouvoirs locaux serait insuffisaii(e, lc{]Ouvcrncur du cercle devait en appeler ä l'Empereur, qui alors réunirait les Klals du royaume, et prendrait avec eux les mesures nécessaires. l'our la nomination du (jouverneur et des conseillers de cercles, l'Empereur eiU voulu se réserver un droit de vote ou de sanction; mais les États se hâtèrent de repousser une pareille prétention. Ils rejclèrent également la proposition de Maximilien, qui pour compléter Torj-T^anisation militaire, voulait établir au-dessus de tous les gouverneurs de cercles un connétable qui se (ÏU mis sous ses ordres, en cas de guerre avec l'étranger.
Maximilien revint encore sur le conseil aulique qu'il désirait tant former. Ce conseil composé de huit membres, dont quatre nommés par les électeurs, deux par les autres princes et comtes, un par les prélats et un par les villes, devait assister l'Empereur dans le gouvernement, convoquer les diètes conjointement avec lui, maintenir les divers États dans le devoir, conseiller et assister les princes souverains au cas où leurs sujets se montreraient rebelles, enfin accommoder et aplanir tous les différents qui pourraient survenir à l'intérieur.
Ce conseil était d'une importance énorme pour l'Empereur au point de vue du prélèvement de l'impôt d'Empire, sur l'organisation duquel il insistait de nouveau.
Après de longues délibérations, les États consentirent à l'érection du conseil. Le denier commun fut aussi concédé, mais clans une mesure si restreinte que, même loyalement payé, il eût exercé une bien faible action sur les finances de TEmpire. Tandis qu'on avait auparavant compté sur un florin par mille florins de capital, maintenant on se bornait à promettre un florin sur des revenus variant de quatre à dix mille florins; et tandis que précédemment les princes, comtes et seigneurs, avaient consenti à contribuer au denier commun dans la mesure de leurs revenus, ils déclaraient maintenant qu'ils se voyaient forcés de diminuer encore l'impôt cependant si minime qui leur était demandé. Pour couvrir les frais de leur séjour à la diète et organiser chez eux la levée de l'impôt, ils avaient été contraints, disaient-ils, à trop de dépenses. Or, les revenus annuels des électorats de Brandebourg et de Wiirtzbourg montaient alors à 40,000 florins; ceux de Magdebourg, à 50,000; ceux des électorats de Saxe et de Trêves, à 60,000; ceux de Mayence et de Wurtemberg, à 80,000; ceux de Bavière, à 100,000; de Cologne, à 110,000'. Malgré de si
' Voy. la relation de Ocirini, dans le Zeitschrift für Geschichtswissenschaft de Schmidt, t. II, p. 278.
énormes sommes, les princes ecclésiastiques et temporels assuraient que leurs finances étaient tellement épuisées qu'ils ne pouvaient songer à fournir le moindre argent pour les besoins de l'Empire et le maintien de la paix.
« Anatlième aux princes! « dit un pamphlet contemporain, « leur avarice les perd! Ils ne veulent faire aucun sacrifice à l'Empire, à la sécurité du pays, à l'établissement de la justice! Le désordre renaîtra, la révolte relèvera la tête, ils ne pourront plus se maintenir, ils seront engloutis par le torrent! Leurs domaines seront démembrés, et en premier lieu ceux du clergé. Écoutez, princes, ce que je vous prédis! Mais vous faites la sourde oreille! Allez, votre ruine et votre perte sont inévitables'! » Pour les chevaliers, ils demandèrent à être exemptés de l'impôt. Ils se proposaient d'y contraindre leurs sujets ou petits vassaux; mais quant à eux, ils attendraient pour s'exécuter que la nécessité fût plus pressante. En vain Maximilien leur représenta qu'avec les faibles ressources mises à sa disposition, il lui serait impossible de subvenir même aux besoins les plus urgents; en vain demanda-t-il qu'on consentit du moins à proclamer l'obligation de l'impôt jusqu'à ce qu'il eût produit un million de florins : les États ne se laissèrent pas entraîner d'un pas au delà de ce qu'ils avaient résolu de faire, et la somme consentie ne fut plus tard qu'imparfaitement perçue, encore moins versée-. " Les États •', écrivait Trithème en 1513, ■= ont la vieille habitude de ne donner à l'Empereur que peu ou rien de ce qu'ils lui promettent. Aussi le souverain n'a-t-il en main aucune force; il lui est complètement impossible de protéger le droit et la justice, et de châtier les fauteurs de troubles comme ils le méritent, de sorte que notre situation intérieure est sans aucune sécurité ^ »