‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 232 sur 477 · DÉCADENCE DE L'UNIVERSITÉ D'ERFURT · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DE L'UNIVERSITÉ D'ERFURT

se réjouit de voir les humanistes exprimer dans leurs vers leurs préférences politiques. Mais il leur conseille de ne pas s'exposer personnellement, avouant que, pour lui, il cherche à se mettre à Tabri du péril'. Hérébord von der Marthen fut le seul d'entre les humanistes qui eut le courage de braver le danger pour défendre les intérêts populaires. Bientôt de fréquentes et tumultueuses émeutes jetèrent le trouble dans l'administration de la cité.

En 1510, une insurrection d'étudiants {Studenten-Lärm) eut pour résultat la destruction des bâtiments de l'Université. Ses anciens privilèges et chartes, sa splendide bibliothèque et même ses collèges et ses " bourses » furent anéantis par l'émeute. Dans la ruine de ces lieux d'étude, où la jeunesse avait été maintenue tant d'années sous l'ancienne discipline et l'ancien respect, les penseurs éclairés des âges suivants ont vu avec raison la cause première de la décadence morale de l'Université. Parmi les étudiants " affranchis » et livrés à eux-mêmes, la licence prit peu à peu le dessus. Pour le moment, ils se dispersèrent par troupes-.

Les humanistes, dont Mutian avait été le chef, se séparèrent également; ils allèrent de tous côtés propager en Allemagne la doctrine de leur maitre et sa haine pour les " barbares » ; ils recrutèrent de nouveaux alliés, et, vers la fin de 1512, ils rentraient à Erfurt - fortifiés pour la lutte ».

Cette lutte allait maintenant embraser l'Allemagne entière. A entendre les poètes, elle allait donner la victoire « à la lumière contre les ténèbres, aux humanistes contre les théologiens, les moines et autres barbares ».

La querelle survenue entre Reuchlin et les théologiens de Cologne servit de prétexte.

' " Prudens est nimirum » . écrit-il à Hérébord von der Marthen, peu de jours après le commencement des troubles, •' quisquis in turbita seditione cedit fortiori et sequitur, non quod honestissimum, sed quod tutissimum. » Voy. Tentzec, ]). 103; Krause, Briefwechsel, p. 148-149.

- Voy. pour plus de détails Rampschulte, t. l, p. 120-152. — Décrivant le lamentable état de l'Université en 1523, le recteur Henri Herebold dit : « Maloluui fuit initium coUegiorum eipugnatio... • Dans Kampschllte, t. II, p. 184.

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