‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 235 sur 477 · QUERELLE A PROPOS DES LIVRES JUIFS · texte numérisé non relu

QUERELLE A PROPOS DES LIVRES JUIFS

persécutions si fréquemment exercées contre les Israélites, et s'efforce (le les justifier des imputations odieuses qu'on formulait alors contre eux; surtout il nie qu'ils soient obligés par leur loi, comme on le prétendait alors, de verser le sang chrétien "dans certains rites religieux, et de mettre à mort de jeunes enfants. «0 mes frères bien-aimés en Jésus! » s'écrie Pfefferkorn, « je vous supplie de ne donner aucune créance à de telles accusations! » « La manière dont on opprime les .luifs les éloigne de la foi chrétienne. » « Croyez-moi, nul d'entre eux ne doit être dépouillé par la force de ce qui lui appartient'. » Mais, d'accord en cela avec tous les théologiens de son temps, Pfefferkorn demandait aux Juifs « de renoncer à l'usure, de gagner leur pain par un travail honorable, d'assister aux prédications aux époques désignées par l'Église, afin de s'instruire de la sainte parole de Dieu; surtout il les suppliait de renoncer à la lecture du Talmud )'. Vivement attaqué par ces anciens frères, Pfefferkorn devint plus sévère envers eux. « Les Juifs », dit-il dans un petit livre publié peu après et intitulé : Comment les Juifs aveuglés célèbrent la Pâque, « n'étaient plus des mosaïstes, mais des talmudisfes, des hérétiques de l'Ancien et du Nouveau Testament, et dignes, à cause de cela, d'être jugés d'après les lois de Moïse. » 11 fallait leur enlever le Talmud, qui ne servait qu'à les égarer; alors ils changeraient promptement d'esprit et de disposition. Dans cet écrit, aussi bien que dans deux autres qui le suivirent : la Confession juive et Y Ennemi des Juifs, Pfefferkorn caractérisait en termes sévères « la ruse astucieuse des Hébreux »; il faisait resssortir « leur mauvais vouloir pervers », exhortant les chrétiens à ne pas souffrir au milieu d'eux les Juifs restés Juifs, « qui blasphèment Jésus-Christ et sa Mère bénie ». « Cependant », ajoutait-il, » les chrétiens ne doivent pas demander aux autorités leur mort ou leur expulsion : qu'ils se bornent à insister pour que l'usure leur soit interdite. » Et il trace un sombre aperçu de l'usure juive. Il est aussi d'avis qu'on détruise « les faux livres juifs », et demande que la prédication chrétienne soit rendue obligatoire à tout Israélite. Si les autorités, peut-être corrompues par des présents, n'adoptent point ces mesures, il recommande aux chrétiens d'employer auprès de Dieu l'arme de la prière. Ils peuvent aussi tenter de se faire écouter par d'autres princes chrétiens ^

Parmi ceux-ci, l'Empereur était le premier en titre, et c'était surtout de lui que Pfefferkorn attendait aide et secours. Les Domi-

'Norrenberff a le premier, selon nous, jugé avec une complète impartialité la conduite de Pfefferkorn en cette affaire. Voy. son article sur la vie littéraire à Cologne au commencement du seizième siècle, dans les Cölner Nachrichten (1872, n» 35).

* Voy. Pawlikow'SKI, Auszüge aus Pfefferkorns Schriften, p. 738-742.

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