‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 250 sur 477 · INDULGENCE FOUK LA CONSTRUCTION DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

INDULGENCE FOUK LA CONSTRUCTION DE SAINT-PIERRE

princes de rÉglise est cause en grande partie du discrédit où est tombé l'état religieux, et des troubles qui nieuaccnl l'Église et la société '. »

Mais le prince de Carpi aurait di) ajouter que la « funeste engeance des poètes » avait trouvé à Rome encouragement et protection bien avant que l'Allemagne l'etU accueillie, et que la Renaissance avait exercé en Italie son séduisant empire longtemps avant qu'elle eût trouvé quelque crédit en Allemagne. Parmi les cent vingt poètes * qui sous Léon X assiégeaient tous les jours les théâtres, les palais, et même les églises, bien peu semblent avoir eu quelques principes chrétiens. Le genre de vie adopté en Allemagne dans un grand nombre de cours ecclésiastiques, et particulièrement à Mayence, formait assurément un contraste regrettable avec les devoirs d'état d'un haut dignitaire de l'Eglise; mais il faut bien reconnaître que le faste de la cour de Léon X, les jeux, les représentations théâtrales, les fêtes mondaines qui s'y succédaient sans interruption, convenaient moins encore au caractère sacré du chef suprême de la chrétienté. L'esprit mondain, la vie voluptueuse des princes ecclésiastiques d'Allemagne n'étaient que la reproduction des idées et des mœurs des prélats italiens, et d'ailleurs ils eussent été à peine possibles ou n'auraient pu être longtemps tolérés si l'exemple ne fût venu de haut. Longtemps avant qu'en Allemagne la science et l'art aient été envahis par l'esprit du paganisme, ils s'étaient affranchis en Italie des anciennes traditions chrétiennes ; savants et artistes avaient perdu tout respect pour le passé chrétien. Ce qui le prouve avec évidence, c'est la décision prise en 1506 par Jules II à propos de la vieille basilique de Saint-Pierre. Lorsqu'il ordonna la démolition de ce sanctuaire, vénéré depuis tant d'années par la piété de la chrétienté tout entière, et voulut qu'un monument grandiose, imitation magnijfique du Panthéon, fût érigé à sa place, ce dessein rencontra dans le peuple ! de Rome de nombreuses oppositions ^ En Allemagne aussi, bien des ' voix s'élevèrent pour déplorer la destruction de l'antique basilique. ! On exprimait tout haut la crainte que ce plan, loin d'être inspiré par l'Évangile, ne fût le résultat d'un culte profane pour l'art, et l'on ne pressentit que trop qu'une pareille entreprise, - loin d'attirer sur l'Église et le peuple chrétien la bénédiction de Dieu^ leur serait au contraire très-funeste » .

' Ltuubraliones, p. 49.

* Voy. Reumont, Geschichte Roms, Z^, p. 351.

' Voy. Ranke, Päpste, t. I, p. 67-70. — Reumont, 3''. p. 377.

* Écrivait le chanoine Charles de Bodmann, dans une lettre encore inédite datée du 17 août 1516.

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