INDULGENCE POUR LA CONSTRUCTION DE SAINT-PIERRE
Pour commencer les fondations de Saint-Pierre, Jules II avait publié une indulgence. Léon X la renouvela en 1511, afin d'être en état de faire continuer l'immense édifice avec les offrandes des fidèles. Il chargea les Frères Mineurs d'en répandre les bulles dans toute l'Europe chrétienne, et l'archevêque de Mayence fut nommé premier commissaire du Pape pour l'Allemagne du Nord. Albert songea aussitôt à mettre à profit une occasion si favorable de payer les dettes énormes qu'il avait contractées chez les Fugger d' Augsbourg, lors de sa promotion au siège archiépiscopal. Les frais du pallium ne s'élevaient pas alors, pour l'archevêché de Mayence, à moins de 20,000 florins du Rhin, répartis entre les divers districts du diocèse. En l'espace de dix ans, cette contribution monstrueuse, qui avait toujours excité l'indignation populaire, avait été versée deux fois". Aussi le chapitre de la cathédrale, lorsque la mort d'Ulrich de Gemmingen eut de nouveau rendu vacant le siège archiépiscopal, accepta-t-il avec empressement la proposition d'Albert, qui s'engageait, s'il était élu, à supporter à lui seul les frais du pallium; toutes les voix s'étaient alors réunies sur lui, et le nouvel archevêque avait emprunté aux Fugger la somme dont il avait besoin. A la sollicitation des hommes d'affaires de l'Électeur, les Fugger, dès la publication de l'indulgence, s'adressèrent au Saint-Père pour être remboursés; un marché fut conclu. Le Pape consentit à céder aux Fugger la moitié des produits des indulgences dans les possessions d'Albert, à la condition que l'autre moitié serait remise à la fabrique de la nouvelle basilique. Ce honteux traité, dont les conditions étaient arrêtées dès 1515, ne commença d'être exécuté qu'en 1517 ^
Dans les premiers mois de cette même année commencèrent les prédications pour l'indulgence. Elles causèrent dans le sein de l'Église l'ébranlement le plus violent, à la suite de l'intervention de Martin Luther, moine Augustin.
' Après la mort des archevêques Berthold de Henneberg (1504) et Jacques de Liebenstein (1508).
* Pour plus de détails, voy. Hennés, Erzbischof Albi echt von Maint, p. 4-10, 21-23.