‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 254 sur 477 · LUTHER AU COUVENT · texte numérisé non relu

LUTHER AU COUVENT

tradition, l'étude de la Bible était poussée avec ardeur', il semblerait, à entendre Luther, que dans les établissements visités par lui, Texplication des auteurs païens ait été Tunique occupation des élèves. V Parvenu à l'âge de vingt ans -, dit-il, « je n'avais pas encore vu de Bible, et je m'imaginais qu'il n'existait d'autres épitres ou évangiles que ceux de nos livres de prières*. " Ces paroles sont d'autant plus extraordinaires, qu'à vingt ans Luther avait déjà étudié deux ans Erfurt, et avait dû y avoir plus d'une fois l'occasion d'apprendre à connaître la Bible. En effet, nous voyons qu'à Erfurt, à partir de la seconde moitié du quinzième siècle, la science biblique florissait ; et dans le catalogue des ouvrages théologiques encore manuscrits d'une des bibliothèques de la ville, on a remarqué que les ouvrages d'exégèse formaient au moins la moitié des volumes rassemblés*. En 1480, l'L'niversité d'Erfurt avait reçu un legs considérable destiné à la fondation d'un cours spécial d'exégèse, devant durer huit ans. Le fondateur avait stipulé qu'on mêlerait à l'étude de la sainte Écriture « quelques notions de droit canon* ».

( Si je suis entré au couvent, si j'ai renoncé au monde, » a dit Luther ^ « c'est que je désespérais de moi-même. » Malgré l'opposition formelle de son père, qui doutait de sa vocation, et rêvait de voir un fils de tant d'espérances et de talent obtenir dans le monde de brillants succès et peut-être faire un jour un riche mariage, il prononça ses vœux solennels chez les ermites Augustins, jurant de persévérer jusqu'à la mort, et selon la règle de Saint-Augustin, dans l'obéissance, la pauvreté et la chasteté. « Contrairement au quatrième commandement > , lui écrivait son père au moment où il se préparait à recevoir la prêtrise (1507), « vous nous avez abandonnés dans notre vieillesse, votre bonne mère et moi; et cependant, nous pouvions nous attendre à recevoir de vous consolation et secours, après tous les sacrifices que j'avais faits pour votre instruction «. n

' Voy. les eiemples cités par nous dans notre premier volume, p. 45-48.

* Sätnmtl. Werke, t. LX, p. 255.

* Voy. Kampschllte, t. I, p. 22-23.

* Voy. StÖI.ZeL, Entwicklung des gelehrten Richter thums. t. I, p. 130-131. ' Voy. Jürgens, t. I, p. 522.

« Rapporte l'ami de Luther, Ratzenberger, p. 48. — Voy. d'autres passages sur les sentiments d'Hans Luther à propos de la vocation de Luther, dans Jlrgens, t. I, p. 696-697.

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