S6 LUTHER SE DKCLARE HUSSITE
pour la Saxe. Prie donc, et fortifie-toi dans le Seigneur. Si l'excommunicafion t'atteint, si Ton te traite d'hérétique, ne te laisse pas abattre; pense à ce que le Christ et les Apôtres ont eu à souffrir! »
recte feceris, si Amsdorfio scripseris, ut Martinum admooeat, ne sine causa coram vulgo de pontifice aliisque prelatis tam petulanter loquatur. Aliiur ncscio quid monstri, sed Christus faxit. ne apud nos nascatur. Alia via pergenduin est. Commentis equidem nostris non potest reformari ecclesia, si reformanda venit. • — LöscBER, t. III, p. 90-91. — KÖLDE, Analecia, p. 6-7. Ces faits ne prouvent-ils pas que la lettre pleine de soumission écrite par Luther au Pape le 3 mars 1519 de Wette, t. I, p. 233-235) a pu difficilement être sincère?
IX. Après que la lettre de Luther à Caristadt eut été publiée, l'Université de Leipzig écrivit au duc Georges de Saxe ilô février 1519) qu'elle avait, sur son ordre, donné à Eck et à Caristadt l'autorisation désirée pour la dispute, mais que Luther, intervenant dans la question, prétendait maintenant se substituer à Caristadt. L'Université conseillait au duc de s'opposer à ce que Luther, malgré elle et malgré lui, soutint publiquement cette dispute. — (Seidemann, Leipziger Disputation, p. 126.) Le 19 février, l'Lniversité exprime à Luther son étonnement de ce que, sans y avoir été autorisé, il se proposât de soutenir la dispute, ainsi qu'il l'annonçait officiellement dans sa lettre à Caristadt. Ce même jour, Luther, s'adressant humblement au duc. le supplie d'autoriser la dispute, ses thèses contre Eck étant déjà publiées. — (De Wette-Seidem.vnn, t. VI, p. 11.) Il est donc absolument inexact de dire que Luther a été pour ainsi dire contraint à la dispute par la lettre de Eck du 19 février. — (Lltheri Op. latma, iv, p. 77.) Eck répondit à la lettre de Luther à Caristadt par des lettres pleines de dignité, adressées aux deux prélats Gaspard de Wessobrunn et Jean de Pollich. (Lltheri Op. latina, III, p. 9.) — Sans répondre aux attaques personnelles de Luther, il expose l'état véritable de la question. .\ cet exposé Luther ne trouve rien à
opposer dans sa Disputalio et Excusatio adversus criminationes J. Eccii. [Op. latina, III,
p. 12-17.'! Eck fixa le jour de la dispute au 27 juin, tout en répétant qu'il serait heureux de voir Luther se désister et offrir sa soumission au Saint-Siège.
X. Parmi les thèses de Luther, ses partisans remarquèrent avec surprise des propositions comme celle-ci: • Romanam ecclesiam esse omnibus aliis superiorem, probatur ex frigidissimis Rom. Pontificum decretis, intra quadragentos annos natis, contra quae sunt historiac approbatae mille et centum annorum, textus scripturae divinae et decretum Niceni concilii, omnium sacratissimi. » "Voy. au sujet de ses thèses (■ Sanctis patribus contraria •) l'intéressant passage du Briefiuch de ScHEURL, t. II, p. S5. ('> Velaquo\is errore putetur excusari posse, SI modo errare possit. v] Caristadt, à propos de cette thèse (24 février 1519), écrit à Spalatin (Löscher, t. III. p. 91) qu'il avait conseillé à Luther de se désister, mais que la thèse ayant été publiée, et la chose n'étant plus réparable, il avait engagé Luther à appuyer du moins ses assertions de preuves solides. Luther s'était donc mis à étudier assidûment le droit canon. Il écrit le 13 mars à Spalatin, après avoir expédié au Pape la lettre soumise que l'on sait : ■ Verso et décréta pontificum pro mea disputatioue et in aurem tibi loquor nescio an papa sit Antichristus ipse vel apostolus ejus. = — (De Wette, t. I, p. 239). Avant la dispute de Leipzig, il imprima encore pour faire suite à ses thèses sa Eesolutio de potestate papœ, per auctorem locupktata [Op. latina, III, p. 293-384), d'OÙ il ressort avec évidence que non-seulement il rejetait la suprématie des papes, mais que déjà, en principe, il adoptait la doctrine sur le sacerdoce universel, qu'il devait plus tard enseigner. — (Voy. le Katholik, 1872, p. 238-549.) Par conséquent, c'est à tort qu'on soutient que la Dispute de Leipzig a exercé une influence considérable sur ses manières de voir.
XI. La Dispute de Leipzig, sur Inquelle le livre de Seidemann nous fournit les détails les plus circonstanciés, eut lieu, ce dont il faut tenir compte, malgré les autorités ecclésiatiques de Mersebourg et de Brandebourg. — (SEiDEM.iNN, p. 29-31, 41; et Albert, p. 407-418.) La faculté de théologie de Leipzig résista longtemps; mais Georges de Saxe l'obligea enfin à céder, et l'interdiction de