LUTHER SE DÉCLARE 11 US SITE
L'aiilre chef hussile lui écrivait : < (jiic rAiifechrist ne vienne pas à bout de te séduire! Souviens-foi qu'il a mille manii^res de perdre nos âmes. Oue le Christ te fortifie ' ! »
En février 1520, Luther, > soudainement éclairé , se persuade tout à coup qu'il est hussile, et que .lean Huss a été son précurseur dans rintelli(jence du véritable évangile. " Cette guerre est celle du Seigneur », écrit-il à Spalatin; « le Christ n'est pas venu pour apporter la paix. Insensé que j'étais! Sans le savoir j'ai enseigné et tenu pour véritables toutes les doctrines de Jean Huss! Nous sommes tous hussites sans en avoir eu conscience ! Saint Paul et saint Augustin sont aussi de parfaits hussites! .le ne sais, dans la terreur où je suis plongé, ce que je dois penser des effroyables jugements de Dieu sur les hommes de notre temps, qui ont brûlé et condamné depuis plus d'un siècle la vérité évangélique, et n'ont pas permis à ses apôtres de la confesser^ » Au concile de Constance, le Pape et les siens avaient substitué à la doctrine du Christ celle du dragon infernal. Huss était un grand martyr du Christ; il fallait le vénérer comme un saint ^
révêque de Mersebourjj fut inulilement affichée à THôtel de ville de Leipzig. Nous voyons ici commenctr limmixtion de la puissance temporelle dans les affaires ecclésiastiques. La lettre de Thomas Venatorius à Pirkheimer, insérée par Albert, ne prouve pas du tout que l'évèque dEichstadt ait vu avec déplaisir l'attitude de Eck (p. 408). Les passages qui semblent blâmer Eck ne se rapportent pas à la Dispute de Leipzi?;, mais à la dispute jadis soutenue par Eck à Bologne, sur la question du prêt à intérêt. — (Voy. notre premier volume, p. 399.)
XII. Luther fut mécontent du résultat de la dispute : ■^ La discussion n'a pas été bien conduite», écrit-il ù Spalatin. («Maie disputa tum est. ^ " Tout cela n'a été que du tempsperdu. » (^ ...fuisse perditionera temporis.-) — (Voy. ceslettres dans DE Wette, t. I, p. 284-289, 290-306.) Il disait plus tard, en parlant de Carlstadt : • Noluit mihi Lipsiae primas partes disputationis concedere, ne ei pra>riperem honorem, cui tamen libenter favebam. • Il avoue avoir été plus humilié qu honoré à Leipzig, - quia est infelicissimus disputator,horridi,et hebetis ingenii. - — ■ [Lauierbach's Tagebuch, p. 190.) A propos d'Eck, Melanchthon écrit à OEcolampade après la Dispute (21 juin 1519) : « Apud nos magnae admirationi plerisque fuit Eccius ob varias et insignes ingenii dotes. -• — (Luthep,! Op. latina, lll, p. 487.) Christophe Scheurl, bien qu'alors partisan de Luther, vante dans une lettre à .Mélanchthon (11 mai 1519)« dexteritas, gnavia, eruditio, ingenium, humanitas, fides, amicitia », de Eck. [Bric/buch, t. II, p. 92.)
' Voy. les lettres des deux hussites dans les OEuvres latines de Luther, p. 78-81 Luther les reçut le 3 octobre 1519. — Voy. sa lettre à Staupitz datée du même jour. • Accepi ac hora ex Praga Bohemiae litteras... » — De Wette, t. I, p. 341.
* De Wette, t. I, p. 425.
»Sam/ntl. Werke, t. XXIV, p. 133-134; t. L, p. 143, et t. LXV, p. 82. L'attrait de Luther pour .Tean Huss venait de la remarquable analogie de caractère et de destinée qui existe entre ces deux hommes. Tous deux, par leur naissance, appartiennent aux basses classes; tous deux acquièrent dans leur contact avec le peuple un secret rarement révélé aux esprits formés dans une sphère plus haute : l'art d'agir sur les masses. Tous deux doivent à l'Église un rang social plus élevé, et se font tous deux prêtres contre le sentiment de leurs compagnons d'état et de leurs supérieurs ecclésiastiques. L'un et l'autre aliandonnent aux laïques la direction des affaires ecclésiastiques, et tombent, par les inévitables conséquences de leurs principes, dans le césaro-papisrae ; tous deux, par leurs attaques