‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 266 sur 477 · LUTHER ET LES HUMANISTES · texte numérisé non relu

LUTHER ET LES HUMANISTES

Comme Luther était fermement convaincu que Dieu , en lui révélant la vérité évangélique, avait voulu qu'elle fût annoncée au peuple par son intermédiaire, la question était maintenant de savoir comment, par quels moyens, il allait combattre la papauté, siège de l'Antéchrist, et comment le règne de la vérité pourrait être établi sur la terre. Les hussites avaient propagé leur doctrine par le fer et le feu; Luther, aussitôt qu'il eut reconnu en lui un véritable hussite, ne recula pas davantage devant l'emploi de mesures violentes. " Je t'en supplie », écrit-il le 20 février 1520 à Spalatin, " si tu entends bien l'Évangile, ne t'imagine pas que sa cause puisse triompher sans émeute, sans scandale et sans révolte. Tu ne feras pas une épée d'une plume; avec la guerre, tu ne feras point la paix. La parole de Dieu est un glaive, c'est un combat, c'est un déchirement, un scandale, une ruine, un poison. Comme dit le prophète Arnos, elle est semblable à l'ours sur le chemin, et à la lionne de la forêt qui s'avance au-devant des fils d'Éphraïm '. »

Au moment ou Luther traçait ces lignes, un parti puissant venait de se rallier à son « évangile ». Fort de son appui, il pouvait désormais braver l'excommunication, ainsi que les menaces et les pièges de tous ses ennemis.

Les humanistes furent les premiers alliés de Luther. Dans la lutte qu'ils avaient entreprise contre la scolastique et l'autorité ecclésiastique, ils saluèrent avec enthousiasme ses attaques hardies; ils entrèrent en lice pour lui, comme autrefois pour Reuchlin.

Les humanistes, au rapport de Cochl^eus, guerroyaient sans relâche pour Luther, et s'efforçaient, par la parole autant que par la plume, de gagner les laïques aux doctrines nouvelles. Ils s'attaquaient aux prélats, aux théologiens, par toutes sortes de propos méprisants et moqueurs, leur reprochant leur cupidité, leur faste,

violentes contre l'Église, déchaînent sur leur pays la plus effroyable des tempêtes, et tout en faisant faire à leur langue maternelle un remarquable progrès, sont les pères d'une révolution de la plus immense portée. — (Voy. le parallèle entre Huss et Luther dans les Hhtor. Pol. BliUtcrn., t. XXXf, p. 369-374.)

1 » Obsecro te, si de Evangelio recte sentis, noli putare rem ejus posse sine tumultu, scandalo, seditione agi. Tu ex gladio non faciès plumam, nec ex belio pacem; verbum Dei gladius est, bellum est, ruina est, scandalum est,, perditio est, venenum est » , etc. (De Wktte, t. I, p. 417.) Nous citerons plus loin d'autres passages où Luther pousse ouvertement à une lutte sanglante contre Rome et les évêques romains.

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