‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 270 sur 477 · PARTISANS DE LUTHER DANS I/AL LE MAGNE DU SUD · texte numérisé non relu

PARTISANS DE LUTHER DANS I/AL LE MAGNE DU SUD

par l'Esprit-Saint, ce confessseur de la vraie foi, dont les écrits surpassent en clarté tous les traités composés depuis un siècle et demi ». Dürer attendait de Luther Tunité et la paix derÉ<i[lise; « lorsqu'elles seront restaurées -, disait-il, « tous les incrédules viendroutànous, convertis par nos bonnes actions, et ils embrasseront la foi chrétienne' ». Longtemps, l'ami de Dürer, Willibald Pirkheimer, partagea ces manières de voir; mais, plus tard, ses yeux s'ouvrirent sur les tristes fruits du nouvel " évangile «, sur le caractère de beaucoup d'évangélistes imposteurs, et sur la liberté, « plutôt diaboliquequ'évangélique«, de tant d'apostats des deux sexes, tous = fort bons luthériens ^ ».

Mais à l'époque qui nous occupe, Pirkheimer appelle encore les philosophes scolastiques des monstres et des gnomes, gens qu'il serait heureux de voir s'entre-dévorer, adultères de la philosophie dignes d'être fustigés de la belle manière \ Dans sa satire du Poteau raboté'', sorte de riposte aux Épîtrcs des hommes obscurs, il livre Jean Eck au mépris public, le dépeint comme un homme dépravé, et lui attribue les mobiles les plus intéressés. Il le met en scène, et lui fait avouer qu'au fond du cœur il est luthérien, mais que l'espoir de s'enrichir le retient dans le camp des adversaires de Luther, et le pousse à exploiter la superstition et la sottise populaires *.

Luther rencontra aussi les sympathies les plus ardentes parmi les humanistes d'Augsbourg, de Strasbourg, de Schlestadt, de Bàle et de Zurich. Les coteries littéraires de ces villes propageaient avec zèle dans le peuple tous les écrits hostiles à l'Eglise, pamphlets, feuilles volantes, caricatures. Ils employaient pour cette propagande des colporteurs gagés, auxquels il n'était permis d'écouler que les productions de la littérature révolutionnaire*. Ces colporteurs allaient de maison en maison offrir leur marchandise, et les écrits de Luther trouvaient partout un débit prodigieux'; outre cela, des milliers de

' ThauSING, Dürer's Briefe und Tagebücher, p. 119-122.

-Voy. ses lettres dans DÖLLIXGER, Reformation, t. I, p. 167-170 et 553. NOUS y reviendrons plus tard.

^ Voy. Roth, Reforynation in Nürnberg, p. 18.

* Eccius dedolatus, 1530. Voy. Kampschllte, t. II, p. 38, note 1. — Jung, Beitrage zur Gesc/iic/ite der Reformation, donne Guidius Matheus comme étant l'auteur de la satire; mais nous sommes bien fondé à croire qu'elle est l'œuvre de Pirkheimer. Voy. R. RossLER, dans le Zeitsctiriftfür Deutsclie Culturgescliictile , 1873, p. 259-469. — Roth, Reformation in Nürnberg, p. 71-74.

^ H.VGEN, DeutscJilands literarisc/ie UerhuUnisse, t. II, 63-73, et sur la correspondance postérieure d'Eck avec Pirkheimer et Lazare Spengler touchant la Bulle d'excommunication, voy. t. I, p. 113-123. — Roth, Reformation in Nürnberg.

^ ilAGEN, t. II. p. 87-88, 353. Cochlaeus parle dans De actis et scriptis Lutfieri, p. 58-59, du grand nombre de moines échappés de leurs couvents • qui victum ex Lutheranis libris quseritantes, in speciem bibliopolarum longe lateque per Germaniae provincias vagabuntur •.

' Voy. Kampschulte, t. II, p. 80, note 4. — Hagen, t. II, p. 97-98.

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