‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 281 sur 477 · DOCTRINE DE LUTHER SUR LE MARIAGE · texte numérisé non relu

DOCTRINE DE LUTHER SUR LE MARIAGE

Dès lors, il professait les mêmes opinions qu'il devait plus lard développer dans son sermon sur le mariage : « Sache bien », écritil, « que le mariage est un acte tout extérieur, et ne diffère eu rien de toute autre occupation temporelle. De môme donc qu'il m'est permis de manger, de boire, de dormir, de me promener à pied ou à cheval, d'acheter, de parler et d'agir avec un païen, je |)uis tout aussi bien m'unir à lui par le mariage, et demeurer en paix dans cet état, ^'ajoute pas foi aux discours des insensés qui te représentent cette conduite comme criminelle. Beaucoup de chrétiens sont plus mauvais et plus incroyants au fond de leur cœur que la plupart des .luifs, des païens, des Turcs ou des hérétiques. Un païen est aussi bien homme ou femme qu'un chrétien, et tout aussi bien la créature de Dieu que saint Pierre, saint Paul ou sainte Lucie, à plus forte raison qu'un méchant et faux chrétien '. »

Aussitôt la publication de la bulle (17 novembre 1520j, Luther en appela de nouveau des jugements d'un pape hérétique, apostat, obstiné, endurci, et condamné comme tel par TÉcriture -, à la sentence d'un concile général. 11 pressait l'Empereur, les princes, les populations des villes libres, de s'opposer au dessein autichrétien, au délire furieux de LéonX. Celui qui obéissait au Pape, il le citait, lui, Martin Luther, devant le tribunal de Dieu ^ « Jamais -, écrit-il le 4 novembre à Spalatin, " jamais Satan n'avait osé proférer de pires blasphèmes que ceux que renferme cette bulle; il est impossible d'être sauvé, si

et strepitibus, quot jura exigunt, judicialiter impotentiam viri probare, velit lamen prolera habere, aiitnon possit continere, et ego consuluissem, ut divortium a viro impelret ad nubendum alleri, contenta, qiiod ipsius et mariti conscientia et experientia abunde testes sunt impotentiae illius, vir aulem nolit, tum ego ultra cnnsulam, ut cum consensu viri (cum jam non sit maritus, sed Simplex et solutus cohabitatori misceatur alCeri tel fratri mariti, OC(ultO tarnen matrimonio, et proies imputetur putative (ut dicunti patri. » - Ulterius, si vir nollet consentire nec dividi vellet, antequampermitterem eam uriaut adulterari, consulerem ut contrario cum alio matrimonio aufugeret in locum ignotum et remotum. • Voy. l'édition de léna et de Wiltemberg, OEuvres de Luther, p. lOO, note, et d'autres passages du même genre, laissés de côté évidemment à dessein. - De divortio etiam versatur questio, an licilum sit? Ego quidem detestor divortium, ut higamiam malim quam divortium, sed an liceat, ipse non audeo definire. - (P. 100.)

^Siimmtl. Werke, t. XX, p. 65. - Luther envisageait le mariage «, dit Hagen {Literar und religiöse VerMlinisse, t. II, p. 233-234), comme une union purement extérieure et physique, n'ayant au fond absolument rien à faire avec la religion et l'Église. - Il d été jusqu'à permettre à une des parties contractantes (voy. la citation précédente) de recouvrer son indépendance au cas où le mariage n'aurait pu avoir son effet, et pour donner satisfaction à la nature, à laquelle on ne peut résister. On voit que cette manière de considérer le mariage est presque la même que celle des anciens; plus tard, la Révolution française tenta de la remettre en honneur.

» Sämmll. Werke, t. XI\% p. 28-34.

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