‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 303 sur 477 · LUTHER DEVANT LA DIÈTE · texte numérisé non relu

LUTHER DEVANT LA DIÈTE

« afin d'y faire mugir la tempête et d'y provoquer l'émeute'. « Le jour suivant, 18 avril, à sa seconde audience, Luther fît preuve de cette constance inébranlable que lui souhaitaient tant ses amis; d'une voix ferme et assurée, il repoussa toute pensée de rétractation*. Le 19 avril, l'Empereur envoya aux états un mémoire rédigé par lui, et qu'il avait écrit de sa propre main en français et en allemand. 11 y déclarait qu'il était résolu, à l'exemple de ses ancêtres, à rester fidèlement et fermement attaché à la foi chrétienne et à l'Église romaine. Il s'en rapportait plus aux saints Pères, qui de tous les points de l'univers s'étaient autrefois réunis en conciles, qu'à l'opinion d'un moine isolé. Il se repentait de la neutralité qu'il avait gardée si longtemps, regrettant de n'être pas intervenu plus tôt et plus éuergiquement dans une si importante question. Dès ce moment, Luther pouvait se retirer. « La parole que nous lui avons donnée ", disait l'Empereur en concluant, « et qui lui assure un sauf-conduit, nous la tiendrons loyalement; nous prendrons des mesures pour qu'il puisse retourner en toute sécurité d'oii il est venu. Mais nous lui interdisons de prêcher et de séduire le peuple par sa pernicieuse doctrine, qui excite la sédition et la révolte parmi nos sujets \ »

Dans la nuit qui suivit la déclaration impériale, des mains inconnues tracèrent ces mots sur plusieurs portes de la ville : " Malheur

pus est, ut purget Dominus vineaa» suam. • Ex Ebernburgo 15 cal. Maj. 1521. BÖCKING, t. II, p. 55.

' Ex Ebernburgo, 15 cal. Maj. 1521. Böcking, t. II, p. 56.

* Voy. sur sa comparution à la diète la lettre de I. Crels (30 avril 1521) dans les Forschungen zur deutschen Geschichte, t. XI, p. 635-637, et la relation de Conrad Peutinger dans Kolde, Analecta, p. 28-30. - Aussitôt que Lutiier, après la seconde audience », écrit le conseiller de Nuremberg, Sixte Oelhafen. « fut rentré dans son hôtellerie, en ma présence et celle de plusieurs autres, il leva les mains au ciel, et s'écria le visage plein de joie : » Enfin j'en ai fini! enfin j'en ai fini! • Je me proposais aujourd'hui daller l'entendre, mais il y avait une telle foule dans la salle des séances que je n'ai pu y rester. Dans toutes les rues où il passe, la foule s'amasse pour le voir; on ne pense qu'à lui, il est le sujet de toutes les conversations. » hem. Luther, même en public, s'est laissé deviner, et il a déclaré • que si les choses n'allaient pas autrement, il lui faudrait bientôt ouvrir les fenêtres toutes grandes >. Riederer, Nachrichten, t. IV, p. 96. — Voy. Baum, p. 57. Le juriste Jérôme Schiirpf était alors au nombre des plus fervents adeptes de Luther; c'est lui qui lui servit de conseiller juridique pendant la diète; il l'appelle dans une lettre adressée à Frédéric de Saxe • le véritable apôtre et évangéliste de Jésus-Christ en notre siècle >. C'est lui qui attira dans le parti de Luther Grégoire Lamparter, un des plus influents conseillers de l'Empereur, intimement lié avec le conseiller impérial Mercurinus (Gattinara). — Voy. MUTHER, 'ius dem Univenitiits und Gelehrtenleben iin Zeitaller der Reformation, p. 196-200. — Sur l'opinion professée plus tard par Schiirpf au sujet de Luther et de sa doctrine, voy. Dollinger, Reformation, t. I, p. 535-538.

' » ...Prohibentesque ne predicet : neve cum sua pessima doctrina, plebem admoneat, ne sit causa, ut aliquis tumultus fiât in populo. ■ — Voy. Förste-

MIN.N, t. I, p. 25.

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