‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 305 sur 477 · POURPARLERS AVF.C LUTHER PENDANT LA DIÈTE · texte numérisé non relu

POURPARLERS AVF.C LUTHER PENDANT LA DIÈTE

verras que moi aussi, à ma manière, je ne renie point l'esprit que Dieu a suscité en moi ! » « Franz de Sickin^jen, notre ardent défenseur, est toujours prêt à nous servir '. »

Plus tard, Thomas Münzer, réfutant Lutlier, disait en s'adressantà lui : « Lorsque tu as comparu devant les étaîs, à Worms, tu as eu bien sujet de rendre grâces à la noblesse allemande! Tu lui avais si bien graissé le museau, tu lui avais tant prodigué le miel, qu elle s'imaginait recevoir par l'effet de tes sermons de beaux présents de Bohême, des abbayes, des bénéfices! Si tu avais hésité à Worms, tu aurais été poignardé, au lieu d'être affranchi! Tout le monde sait cela ^! »

Une commission déléguée par les états et présidée par l'archevêque Richard de Greifenklau employa tous les moyens conseillés par la douceur pour convaincre Luther et l'amener à se rétracter. Ce fut en vain que Conrad Peutinger, délégué d'Augsbourg, et le chancelier de Bade, Jérôme Vehus, le supplièrent à plusieurs reprises de remettre sa cause à la sentence suprême de l'Empereur.

Luther repoussa ces conseils, « donnant des marques du mépris qu'il éprouvait, tant pour la personne de Sa Majesté Impériale que pour celles de beaucoup de princes de la diète ". Vehus lui dit : « Tes écrits excitent le peuple à la révolte, à l'émeute. Ceux surtout où tu parles de la liberté chrétienne serviront plus tard de prétexte à bien des gens pour satisfaire leurs convoitises et légitimer tous leurs actes. » Ce discours ne lui fit aucune impression.

Il rejeta de même une autre proposition : « Ne consentirait-il pas à s en remettre à la sentence de quelques prélats allemands, nommés à cet effet par le Pape? N'accepterait-il pas le jugement qu'eux et l'Empereur porteraient sur sa conduite? »

Enfin Peutinger lui proposa d'attendre la décision du prochain concile. Lu!her répondit qu'il y consentait, « à la condition que dans cette assemblée rien de contraire à la divine parole, aux épifres de saint Paul et à la vérité ne serait décidé ". En vain chercha-t-on à lui démontrer « que ce faux-fuyant était inadmissible, parce qu'il pourrait toujours prétendre que les jugements prononcés contre lui allaient contre le véritable sens de la sainte Écriture ^ ». Jean Co-

■ « ...Alioqiii ad ipsos muros concitassem aliquam îurbam pileatis istis, sed post ptiulo emittendus sum. ubi evasero, videbis me iiec déesse in hoc {jenere spirilui quem excitavit. in me Deus! Franciscum habemiis ardentem in partibiis. » Ex Eberiibuifïo, 12 cal. Maj. 1521. — Voy. Bocking, Suppl., t. II, p. 807.

' MuNZER. Hoch verursachte Schulzrede und Antwort wider das geistlose sanfllehcnde Fleisch zu Wittenberg. — Voy. Stkobel, Thomas Münzer, p. 166.

' Sur ces négociations avec Luther, voy. l'ariicle de Seidemann dans Niedner, Zeitschrift fur die historische Theologie, année 1851, p. 80-100. — V'oy. la lettre de Schwarzenbergdans Joug, p. 317.

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