‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 317 sur 477 · ÉLOQUENCE DE LUTHER · texte numérisé non relu

ÉLOQUENCE DE LUTHER

pelit livre intitule : De la liberté d'un chrétien' t>j20j, OU Luther a retracé le bonheur de l'ànic unie à Jésus par l'anneau de la foi, « comme une épouse est unie à son époux »! « Un chrétien est tellemeui élevé par la foi au-dessus de toutes les choses de la terre, que, spirituellement parlant, il en devient le maître, car elles ne peuvent plus apporter aucun obstacle à sou salut; tout lui est soumis, tout favorise son voyage vers le ciel. " « C'est une di(;nité vraiment sublime et incomparable que celle du chrétien; c'est une domination toute-puissante, c'est vraiment un royaume spirituel! > -< M;iis de plus, nous sommes prêtres, ce qui est encore beaucoup plus que d'être rois, car le sacerdoce nous rend dignes de servir Dieu et de prier pour nos frères. « " Le Christ nous a choisis et rachetés, afin que nous puissions aider spirituellement nos frères, et intercéder les uns pour les autres, n « Qui pourrait dire la gloire et la dignité d'une âme chrétienne? Sa royauté lui donne pouvoir sur toutes les choses créées, et son sacerdoce la rend puissante sur le cœur même de Dieu. ' C'est ainsi que Luther, dès qu'il sent sous ses pieds un débris de l'antique foi, jette sur le monde un regard joyeux et triomphant. Beaucoup d'autres pages de ce petit traité sont encore plus étonnantes. On ne peut assez s'émerveiller en voyant cette même main, habituée à renverser comme à coups de massue tout ce qui avait été tenu jusque-là pour sacré, toucher avec tant de justesse les cordes les plus délicates du sentiment de l'amour divin : ' C'est assez parler de l'homme intérieur; venons maintenant à un autre sujet; parlons de l'homme extérieur. Voici qu'il s'agit à présent des actes. Les bonnes œuvres s'offrent aux regards du chrétien, car il ne doit pas rester dans l'inaction, il faut que son corps soit exercé au jeune, aux saintes veilles, au travail, soumis à une règle de tempérance exacie, afin que parfaitement dompté il obéisse en tout à l'homme iniérieur et à la foi, et n'apporte plus aucun obstacle, aucune résistance à l'âme, comme il a coutume de le faire lorsqu'on lui laisse pleine liberté. L'homme intérieur est uni à Dieu; il est joyeux, il est plein d'allégresse en songeant à Jésus, qui a tant fait pour lui; il met son unique bonheur à le servir avec désintéressement, et dans un libre amour. ' » « Le chrétien doit se faire, volontairement, le serviteur de Dieu, aidant son prochain, et traitant avec lui comme Dieu l'a traité lui-même par l'intermédiaire du Christ. Il doit s'acquitter de son office de charité sans jamais réclamer de salaire, ne voulant, ne cherchant que le bon plaisir de Dieu. » -' Vois, c'est de la foi que naissent l'amour et l'attrait pour Dieu, et c'est de l'amour que nait le dévouement volontaire, joyeux et libre, pour le prochain! > Les

' Sâmmtl. Werke, t. IV, p. 173-199.

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