‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 324 sur 477 · I.KS PUOFHÈTF.S DK ZWICKAU A W I T T E M B E KG. 1521. 2Ï · texte numérisé non relu

I.KS PUOFHÈTF.S DK ZWICKAU A W I T T E M B E KG. 1521. 2Ï

rrH';nie lemjis rinfeutiou où il élait de doiiiicr une{5rande (ôfe iejoar de ses noces. Luiher exprima (oiite la joie (jue lui causait cet événemeni ' (26 décembre 1521). A son lour, le prévôt du chûteau, .Juste .louas, confia à son ami Capilo qu'il songeait également ä se marier, et le pria de veiller à ce que l'archevéiiue Albert n'euireprit rien contre un dessein que manifeslemeul Dieu lui-même avait inspiré et conduit ». » .le ne nie pas >, lui écrivait-il, u la tolérance de ton maître, et récemment tu nous en as toi-même donné l'assurance verbale. Mais je préférerais néanmoins que les princes confessassent plus iranchement le Christ et la sainte Écriture. « ^ N'oublie jamais que la parole de Dieu est ordinairement calomniée et raillée eu ce monde; mais oublie un peu les motifs pour lesquels tu m'as toujours recommandé et prêché la modération. Apprends que Dieu luimême semble maintenant, comme au temps du Christ, enseigner directement son peuple par un souffle ardent et soudain de l'Esprit ^ »

A Zwickau, cet esprit prétendu se manifesta d'une manière plus surprenante encore. Là, excités par le zèle du prédicant Thomas Munzer et du foulon Nicolas Storch, de nouveaux prophètes entrèrent en scène. C'étaient presque tous des ouvriers, qui, ^ divinement appelés à la mission sainte ", prétendaient substituer - le règne du Christ " au vieil empire croulant. Dans ce nouveau royaume, aucun culte sensible, aucune loi extérieure ne devaient être reconnus pour légitimes, aucune autorité séculière exercer de pouvoir; tous les hommes étant égaux, les biens étaient communs, et les citoyens étaient, de droit, prêtres et rois. Douze apôtres et soixante-douze disciples, dont Münzer fut élu < le seigneur et le maître^ >', furent choisis. Une dangereuse sédition eût éclaté si par bonheur le conseil n'eiU réussi à la prévenir. Cinquante -cinq ouvriers drapiers furent mis au cachot; mais les chefs parvinrent à s'échapper, et parmi ces derniers étaient Münzer et Storch.

Storch se rendit aussitôt à Wittemberg avec deux de ses

' " Ciristadii nuptiae mire placent, novi puellam -, écrivait Luther le 13 janvier 1522 à Amsdorf ; voy. de Wette, t. H, p. 123. A propos du prévôt de Kemberjï, Bernard de Feldkirch, qui avait aus^i célébré ses noces, Luther écrit (26 mai 1521) : « Cameracensis novus niaritus mihi mirabilis, qui nihil metuat, atque adeo sic festinavil in iiunullu isto ; regat eum dcminus et misceat ei obleciiiinenta lactucis suis, quod et sine precibus meis fiet. > Voy. de Wette, t. II, p y. — tapito, pensant servir la gloire de l'archevêque de Mayence, rapporte que • le prévôt de Kemberg non-seulement n'eut pas à subir de contradictions de la part des autorités spirituelles lorsqu'il se décida à prendre femme, mais que son apologie du mariage des prêtres fut publiée sans obstacle, et que tout ce qu'il y avait avancé en faveur de sa thèse avait été considéré comme l'opinion d'un véritable honnête homme ». Lettre du 30 juillet 1523, Baum, p. 74.

' Dans Baum, 71-72.

' Voy. Seidemann, Thomas Munter, p. 11-13.

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