‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 336 sur 477 · APPEL A LA G (EU RE DE RELIGION · texte numérisé non relu

APPEL A LA G (EU RE DE RELIGION

forces ' j. celte armée se mit en devoir d'envahir les possessions «le rarclievôqiie. Eitclfritz de Zoliern, Guillaume et Frédéric de Fürstember{y, (iuillaume de LauCen, les chevaliers L'irich de llulten, Hans Thomas de (»osenberj;, Louis de Spiit et .lean Hilchen de Lorcli en diriceaieul les divers corps. Dès la fin d'aoïU, Sickin^jen passait ses troupes en revue dans le voisinage de Strasbourg. Sur les manches de ses soldats, il avait fail broder ce cri de guerre : >' Seigneur, que la volonté s'accomplisse! - Dans un manifesie composé par Henri de Kelteubach^ ex-moine franciscain, les lansquenets de Sickingen étaient appelés " les chevaliers du Christ •', et les évoques et les prêtres « les ennemis de l'évangile ". La devise : ■- Toute victoire de Dieu •^, que les Turcs portaient écrite sur leurs manches, y était commentée par des exemples empruntés à la Bible. C'était avec Dieu qu'on entrait en campagne, car Sickingen était pur de toute pensée intéressée; il ne songeait à acquérir ni or, ni gens, ni domaine; son unique désir était d'exposer fous ses biens pour la gloire du Christ; son seul but, de renverser les papes et les évéques, « ces ennemis, ces exterminateurs de la vérité évangélique ». Des prédicants fanatiques accompagnaient l'armée.

C'est ainsi que, pour la première fois, la guerre de religion fut allumée sur le sol allemand, et que la religion servit de prétexte à une campagne de pillage, dont la politique était le véritable motif.

Invoquant d'insignifiants griefs ^ Sickingen jeta le défi -• à Richard, archevêque de Trêves, coupable de haute trahison envers Dieu, envers Sa Majesté Impériale et les lois de l'Empire » (27 août 1522). Quelques jours après, il envahissait le pays de Trêves à la tête de quelques bandes armées, il attendait de nouveaux renforts, et se flattait de s'emparer de Trêves avant que Richard n'eût eu le temps de recevoir les secours promis par ses alliés, le landgrave Philippe de Hesse et le comte palatin Louis \ Après cette capture, il se pro-

' Écrit Harmuth de Cronberfï dans la lettre citée noie précédente. On lit dans les OEuvrcs posthumes de Spalalin (p. 173) : « Et comme il (Mckingeu) voulait tout de suite entrer en campagne, liartmuth de Cronl)er{î m'écrivit que Franz de Sickingen commençait la guerre contre l'archevêque de Trêves pour faire une trouée à l'i^vangile. - Le 16 septembre lô22, llarlmutb, écrivant au Conseil d«; régence siégeant à Nuremberg, assure qu'il se ferait volontiers écarteler tout vif pourvu que par une telle mort il put espérer voir l'Allemagne adopter « l'évangile -. — Secrendorf, t. I, p. 226.

' Ain Vermanung Junker Frnnlzen von Sickingen zu seynein hör als er wollt ziehen uider den Bischof von Trier auss byllicher such und reiizuiig, etc. Sans indication de lieu, 1523.

' • Le prétexte de la déclaration de guerre était tout à f.iit dans le goût des guerres privées du temps, cest-à-dire absolument futile , dit Str.vlss, t. Il, p. 231.

* « ...Pro more serius Treviro auxilia missuros, priusque ad deditionem Treverim urbera venturum, quam ullum advenire posse praesidium : qua dedita,

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