‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 355 sur 477 · RÉPONSF DES ETATS AUX DECLARATIONS PAPALES · texte numérisé non relu

RÉPONSF DES ETATS AUX DECLARATIONS PAPALES

Une commission élue par le Conseil de régence pour préparer une réponse au Saint-Père, commission où les partisans de Luther avaient la prépondérance, rédigea un mémoire qui portait en substance : qu'il était impossible de procéder contre Luther par voie de rigueur; que si Ton usait de sévérité envers lui, ses partisans crieraient aussitôt à l'oppression tyrannique de la vérité évangélique et au maintien des abus; qu'il n'en résulterait que révolte et apostasie. La commission dictait au Pape les moyens à prendre pour arrêter le mal : il devait s'engager à respecter les concordats, donner satisfaction aux griefs formulés contre la cour romaine; surtout ne plus exiger d'annates, mais, à l'avenir, en faire la remise au lieutenant impérial et au Conseil de régence. Sans l'adoption de ces mesures il était inutile d'espérer que la paix, le droit et l'ordre pussent être restaurés en Allemagne. Les laïques devaient avoir droit de siéger et de voter au concile, qui serait convoqué pour l'année suivante, avec l'assentiment de l'Empereur. Dans ce concile, on délibérerait en général sur toutes les questions religieuses et sur tout ce qui était d'utilité publique. Si le Pape approuvait ces conclusions, le Conseil promettait d'agir auprès de Frédéric de Saxe, ;ifin qu'il obtint de Luther que dorénavant ni lui ni ses partisans n'écrivissent et n'enseignassent aucune chose pouvant fournir au peuple le moindre prétexte à la révolte ou au scandale. L'Evangile et l'Écriture sainte, d'après les textes approuvés par l'Église et d'après le sens littéral, seraient seuls enseignés; les archevêques et évoques exerceraient sur ce point une sévère surveillance, secondés par les théologiens les plus éclairés. Outre cela, chez tous les imprimeurs et libraires « ou aurait l'œil à ce que nul écrit pouvant exciter des querelles religieuses ne fût imprimé ni livré au public ' ».

causa del Luther hatanto radice qui che mille homini non bastaria ad eradicarle non che so che sono solo, pur faro che si potro. Non si inancano minaccie, injurie, libelli famosi et lutte quelle villanie che sono possibile ad supportare, lo credo che la cosa homai sia tanto inanli, chella non possi andare più. • Sur les hérésies toujours grandissanles. il ajoute : Adesso hanno incoininzialo ad predicare che! sacramento de lo altare non è vero sacrainenio et chel non si deve adorare, ma sola si deve far in memoria de Christo. Item hanno suscitato che la B. Vergine non hebbe alcuno merito havere portato Christo net sacrato utero et chella pavtori più figlioli de Joseph, et ogni ziorno vanno del maie in peggio. IIofler, Zur Kritik lind Quelleiihindc, t. II, p. 143. — Voy. aussi un mémoire adi'essé par le légat aux Ordres : il voit dans le trouble qu'ont produit les doctrines de Luther la véritable cause du mauvais état des affaires d'Allemagne. Une chronique luthérienne écrite à Nuremberg commence le récit de la mission de Chieregato par ces paroles : ■ Anno lô22 : Le diable dirigea une fois de plus un légat romain vers Nuremberg; il était envoyé par Adrien, pape maudit. Depuis ce moment, la dcictrine de Luther est joliment arrangée! mais le démon a vu ses espérances déçue^, car les paysans ne sont pas plus bêtes que d'autres, et ils ont vu clair dans toutes ses ruses. » IIoflek, âdrim 11, p. 365.

' Voy. ce rapport dans les archives de Francfort, liewhstagsacten, t. XXXVIII, fol. 99-109. — Voy. Höfler, Adrien II, p. 279-280.

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Parmi les membres de la tomniission, Jean de Sclnvarlzcnberg, juriste romain, se faisait particulièrement remarquer. C'était un des plus remuants apôtres de l'évangile luthérien. Peu de temps auparavant il avait assisté à Lindau à l'assemblée des chevaliers convoquée par Slckingen; c'est lui (jui avait notifié, dans le rapport adressé au Saint-Père, l'article si important réclamant pour les laïques le droit de siéger et de voter au concile, droit qui contrevenait absolument aux anciens règlements de l'Égiise. Une « praticta « astrologique, composée en vue de la circonstance, imprimée à Nuremberg, dédiée au Conseil de régence et autorisée par un privilège spécial, concluait de certaines conjonctions " dans la maison de .lupiter » qu'un concile était de nécessité urgente, et qu'au sein de ce concile, l'Empereur romain, non le Pape, prendrait en main la réforme, améliorerait, corrigerait et plierait à ses lois l'Église du Christ et tous les Ordres de l'Empire. Si, comme cela était à prévoir, le concile rencontrait quelque résistance, « il fallait s'attendre à ce qu'une guerre terrible, un trouble violent éclatât simultanément dans les principautés temporelles et ecclésiastiques » ; (^ les paysans, le commun du peuple, formeraient des ligues dans beaucoup de localités, s'uniraient, s'élèveraient contre leurs rois, leurs princes et supérieurs spirituels et temporels, s'empareraient de tout ce qui leur semblerait bon à prendre et n'épargneraient personne, de sorte que, dans un très-court délai, l'Église devait s'attendre à la persécution et à l'opprobre' «.

Le rapport de la commission fut soumis à l'examen des Ordres. Les délégués des villes s'en montrèrent extrêmement satisfaits. Les États, disaient-ils, savaient assez l'extension qu'avait prise la doctrine de Luther et combien elle avait excité de querelles et de fâcheux dissentiments entre les laïques et le clergé, les autorités et les sujets; les mesures rigoureuses, les actes de répression n'avaient fait qu'empirer la situation, et les laïques n'en avaient montré qu'une animosilé plus violente contre le clergé. Si, comme le demandait la commission, le Pape et l'Empereur traitaient ensemble toutes ces questions, les villes avaient la ferme confiance >< que nonseulement les erreurs qui menaçaient d'envahir l'Église seraient pour la plupart redressées, mais que beaucoup d'abus tomberaient d'euxmêmes, que les dissentiments entre les Ordres chrétiens prendraient fin, et que les corps spirituels et temporels pourraient être main-

' Voy. F Rii.ht.Rica, Astrologie und Heformation, p. 156-158. Les plus fervents parmi les catholiques désiraient, eux aussi, que l'Empereur, en sa qualité de tuteur suprême de rÉjïlise, coopérât à la réforme religieuse et particulièrement à la réforme du clergé. Lmser exprime clairement ce vœu dans un mémoire adressé à 1 Empereur et intitulé : l'encaniung wyder den falsch gcnannlen Ecelesiaslen, etc.,

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