‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 356 sur 477 · RÉPONSE DES ÉTATS AUX DÉCLARATIONS PAPALES · texte numérisé non relu

RÉPONSE DES ÉTATS AUX DÉCLARATIONS PAPALES

tenus dans leurs droits réciproques, de manière à procurer à l'Empire la concorde et la paix' ".

Luther comptait peu d'adhérents parmi les princes de la Diète. « Presque lous, princes spirituels ou temporels «, mandait le député de Saxe, .leau de la Planitz, à Frédéric, ^■. sont opposés à Luther; mais leurs conseillers, pour la plupart juristes en droit romain, sont en très-grande partie bons luthériens. ^^ Pour le margrave Joachim de Brandebourg, il était décidé à ne tolérer aucune nouveauté. H disait un jour à Planitz à propos de Luther : « Je suis surpris que votre mailre ait le courage d'approuver et de soutenir ce moine, auquel il fait tant de concessions! Il nous met à tous bien des calamités sur les bras! Je serais heureux d'être agréable à Sa Grâce, mais je ne me laisserai jamais insulter par ce froc! Avec moi, sa peine est perdue'! »

L'archiduc Ferdinand, en sa qualité de lieutenant impérial, et avec lui les électeurs et les princes, répondirent au Pape et au légat que, pour leur part, ils recevaient avec respect et reconnaissance les conseils du Saint-Père. « Les déclarations papales prouvaient avec évidence le zèle et le bon vouloir dont Adrien était animé, car il n'oubliait aucun des devoirs d'un bon père et du premier pasteur des brebis du Christ. « Chacun n'en était que plus obligé à reconnaître ses propres erreurs et à travailler avec énergie à la réforme chrétienne. Les innovations religieuses, les hérésies, le mépris montré à l'Église, tout cela était odieux aux Ordres chrétiens du Saint-Empire; ils étaient tous portés et disposés à faire ce qui serait en leur pouvoir pour arrêter le mal par des châtiments ou d'autres mesures efficaces. Ils reconnaissaient l'obéissance qu'ils devaient à Sa Sainteté et à Sa Majesté Impériale, qu'ils regardaient comme leurs chefs suprêmes. Ils étaient prêts à se montrer aussi soumis envers eux que l'avait été leurs prédécesseurs, ainsi que le voulait l'esprit du christianisme; s'ils n'avaient pas fait exécuter l'édit de Worms, c'était pour les motifs les plus impérieux et les plus plausibles, et pour éviter des maux plus grands encore que ceux dont l'Allemagne gémissait. Longtemps avant Luther, la majorité du peuple avait ouvert les yeux sur les nombreux abus existant dans le clergé, sur les actes arbitraires dont la cour romaine se rendait coupable, de sorte que les écrits du novateur n'avaient fait que fortifier des pensées déjà latentes; si donc on eût pris le parti de la sévérité, un mécontentement général se fiU produit; on eût crié à l'oppression de la vérité évangélique, au maintien d'abus odieux et

' Réponse des déléfjués des villes. Archives de Francfort, Reichsiagsacten, t. XXXVIII, foL 109''-ni.

' Dr,OYSE\, 2'', p. 105, 109, llî.

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