‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 357 sur 477 · I5ÉP0NSE DES ÉTATS AUX DEC L A K AT I 0 N S PAPALES · texte numérisé non relu

I5ÉP0NSE DES ÉTATS AUX DEC L A K AT I 0 N S PAPALES

détestés, et de nombreuses délections eussent été le résultat de ces mesures intempestives.

Sur ce point, les États étaient donc pleinement d'accord avec la commission.

Ils demandaient comme elle avec une vive instance que le Pape, pour le rétablissement de la paix et de la concorde, consentit à donner satisfaction aux griefs de la nation, et les princes laïques .«e chargèrent de les porter tous à la connaissance d'Adrien dans un mémoire détaillé.

Tous avaient trait à des abus de pouvoir, vrais ou prétendus, dans l'exercice de l'autorité spirituelle; à la sentence du ban, à l'immunité des personnes ecclésiastiques, aux empiétements du clergé dans le domaine temporel, aux dispenses, aux sommes versées pour les indulgences, aux cas réservés et à d'autres lois ecclésiastiques. Nulle part les fondements sacrés et le divin caractère de l'Église n'étaient contestés'.

Relativement au concile désiré, les Ordres ne maintenaient pas la clause si grave de la commission réclamant pour les laïques droit de siéger et de voter. La convocation de ce concile était fixée à l'année suivante; le Pape et l'Empereur devaient ensemble prendre des mesures pour son organisation en Allemagne. Jusque-là, les Ordres promettaient d'apporter le plus grand zèle à la répression de l'hérésie, et s'engageaient à obtenir de Frédéric de Saxe qu'il défendit à Luther et à ses adhérents d'écrire et de faire paraître de nouveaux écrits ^ Frédéric, ils en avaient la confiance, aurait à cœur de défendre la bonne cause en loyal électeur qu'il était. Les électeurs et princes, ainsi que tous les Ordres ecclésiastiques, promettaient en outre d'employer toute leur autorité à l'intérieur de leurs Etats pour qu'à l'avenir, et jusqu'au prochain concile, le saint Évangile fiU expliqué dans la chaire chrétienne suivant les sentiments unanimement reçus dans l'Église, et que tout ce qui pourrait exciter le peuple contre l'autorité ou lui donner sujet d'adopter

' Graramina sedis apostolkœ, non ferenda Germanis. Voy. LUMG, Reichsarchiv t. 11 p. 408-432. — IIORTLEDEU, Ursachen, p. 9-23. Ceux, dirait le légat, < qui Lutherura sectari velint, quod propter sibi inflicta scandala et gravamina a Curia Romana (etiam si verum iliud esset) deberecitnô unîtate caihoUcœfidei •^ro'çilerea resilire • ne sauraient être excusés, surtout maintenant qu'un pape si saintement modéré, et en outre Allemand de nai>sance, était as^is dans la ciiaire de Saint-Pierre et prenait en main la réforme. R vynald, ad annun 1523, n" 15-20. — Voy. sur les griefs en question Texcellent jugement porté par BucnnoLz, t. II, p. 29-34.

^ Par conséquent, nün-.>eulement, comme la commission s'était bornée à le demander, dans les choses qui pourraient amener la révolte et la sédition >. Le représentant de Frédéric à la Diète, Philippe de Feilit/.sch, déclara s'en tenir à l'avis de la commission, et protesta contre le recez de la Diète. Lunig, Reichsarchic, t. XIX, p. 111.

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290 RÉPONSE DES ÉTATS AUX [)E C L A R A T I O iN S PAPALES. 1523.

l'erreur, tïit soigneusement écarté. « Les prédicateurs qui refuseraient de se soumettre seraient frappés par les ordinaires du châtiment mérité. Aucun livre ou brochure ne serait plus imprimé ou vendu avant d'avoir été préalablement soumis à l'examen de théologiens compétents. Il serait défendu, sous peine de châtiments sévères, d'imprimer ou de vendre des pamphlets injurieux pour l'Église. Le prêtre qui prendrait femme, le religieux qui abandonnerait son couvent, encourrait la perte de ses libertés, privilèges, bénéfices et prébendes. Des ordonnances et des édits seraient publiés dans tout l'Empire pour obliger l'autorité temporelle à n'entraver en aucune manière les ordinaires dans l'exécution des peines qu'ils jugeraient bon d'infliger, et à leur prêter main-forte pour la protection de l'autorité spirituelle pour le « châtiment des prêtres apostats d'après les lois établies >.

La réponse des États, communiquée au nonce le 8 février 1523, fut rendue publique le 6 mars et répandue ensuite dans les divers territoires allemand? au nom de l'Empereur. Elle portait en termes exprès : ^ Rien ne sera prêché que la sainte Écriture, dans le sens approuvé et reçu dans l'Église; aucun écrit nouveau ne sera expliqué, imprimé ou vendu, sans l'autorisation, l'inspection préalable et spéciale de personnes compétentes, ainsi que le veut le rescrit envoyé à Sa Sainteté. • En même temps, les Ordres prescrivaient pour tous les dimanches et dans toutes les paroisses des prières publiques, et demandaient aux fidèles « de prier humblement le Seigneur de daigner préserver de l'hérésie qui croit et s'élève en ce moment de tous côtés en Allemagne -, les autorités chrétiennes, ecclésiastiques et temporelles, et tous les chrétiens en général, leur accordant sa grâce, afin que tous ensemble puissent demeurer dans l'union de sentiments que demande la sainte foi du Christ, se tenir attachés à cette foi, y persévérer jusqu'à la mort, et parvenir par ce chemin à la félicité du ciel'.

' Archives de Francfort, Reichsiagsactai, t. XXXVHI, fol. 344-345. Recez du 8 février 1523, Rekhstagsacien, t. XXXVflI, fol. 412-416. La dépêche d'Hamann de Holzhausen au conseil de Francfort en établit la date llieichstagsacien. t. XXXVII, fol. 30). Nous y lisons : - Le 8 février, les électeurs, les princes, les Ordres ont terminé leurs séances ; mais je prévois que les recez ne seront pas signés par tous les princes, parmi lesquels beaucoup feront fausse route. • «Les villes libres, vers la fin de la Diète, ont donné aux princes de grands sujets de mécontentement; pendant les délibérations, elles ne voulaient consentir à rien. Quelque bon résultat sortira-t-il de tout cela, c'est ce que l'avenir peut seul nous apprendre. » — Voyez la lettre de liernard, évéque de Trêves, aux autorités d'Inspriick, 9 février 1523. Höfler, Zur Kritik und Quellenkunde, t. II, p. 115. ' Vous pouvez nous en croire«, dit Bernard; ' de mémoire d'homme, il n'y eut jamais de diète plus laborieuse... •

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