CHAPITRE VI
CONTINUATION UE L'AGITATION POLITIQUE ET UE LIGIEUSE. DÉCADENCE DE LA VIE INTELLECTUELLE ET CHARITABLE.
Nulle parf, dans les coaclusions et recez de la Diète de Nuremberg, il n'était question de se séparer de Rome et de l'Église universelle. Si l'on avait agi dans le sens qu'ils indiquaient, la nation allemande n'en eiU point été détachée.
Mais le Conseil de régence fut le premier à les violer; il les vit transgresser sous ses yeux sans paraître aucunement se soucier de cette désobéissance. Aussi l'électeur de Saxe, d'autres princes avec lui et la plupart des villes libres ne se firent-ils à leur tour aucun scrupule de les regarder comme non avenus. Luther s'en préoccupait moins que personne. Fort de l'appui que lui promettait la révolution, il était, pour ainsi dire, dictateur en Saxe.
Les Elats s'étaient engagés à ne rien négliger pour empêcher que lui ou ses partisans ne publiassent de nouveaux écrits avant l'ouverture du concile. Ils avaient promis d'interdire, sous peine de châtiments sévères, " tout pamphlet injurieux pour la religion ». Mais Luther ne reconnaît point de lois, de quelque côté qu'elles émanent , écrivait le duc Georges de Saxe , « et d'ailleurs ceux qui devraient le plus veiller à l'exécution des arrêts de la Diète sont insouciants, faibles de cœur, pusillanimes ou impuissants. Aussi a-t-il toute liberté pour insulter à sa guise le Pape, les évêques, l'Empereur et les princes '. ^ Luther, prenant à partie le duc Georges, l'avait traité de menteur, d'infâme calomniateur de la vérité évangélique; Hans de la Planitz, ministre de l'Électeur, lui reprocha vivement l'inconvenance d'un pareil langage; mais Luther pensa se justifier en répondant que jamais encore il n'avait parlé du duc comme il l'avait fait du Pape, des évêques, du roi d'Angleterre, et qu'il avait plutôt beaucoup trop ménagé Georges, car il y avait long-
' Gloss und Comment, uff LXXX Artikeln und Ketiereyen der Lutherischen, etc. Bi. K*.