‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 379 sur 477 · NOUVEAU CONSEIL DE RÉGENCE · texte numérisé non relu

NOUVEAU CONSEIL DE RÉGENCE

pereur et des Ordres '. " Ce qui serait traité à la cour de France dans le cas où l'ambassade s'y rendrait se devine aisément lorsqu'on est au courant des pensées et des vœux secrets des princes «, écrivait Charles de Bodmann. - La paix, dont ils ont déjà stipulé les conditions, n'aurait très-certainement d'autre résultat que d'assurer au roi de France, au cœur même de l'Empire, des alliés déclarés, tout prêts à se tourner contre l'Empereur à un moment donné*. »

Charles-Ouint remercia vivement son frère d'avoir empêché cette ambassade. Elle n'eût pas été à son honneur, écrivait-il, mais au contraire ei\t beaucoup servi la gloire de François I". Du reste, selon lui, elle était d'autant moins nécessaire que le Pape mettait en ce moment tout en œuvre pour obtenir la paix, ou du moins l'armistice, et que les intérêts de la concorde européenne lui avaient été remis. Le Pape, pour négocier les conditions de paix, venait d'envoyer l'archevêque de Capoue, en qualité de nonce, à François I", à Henri VIII et à l'Empereur ^

Les « intrigues françaises >' échouèrent cette fois encore, grâce à l'énergie de l'archiduc.

Ses efforts pour le maintien du Conseil de régence eurent aussi quelques bons effets, en ce sens qu'après de longs pourparlers, les Ordres se décidèrent à « prolonger son existence de deux années encore, à la condition que tous les membres actuellement en fonction seraient désormais tenus et requis de rendre compte de leur administration ". Si l'archiduc et le chargé de pouvoirs de l'Empereur n'acceptaient point cette décision et ce contrôle, - les électeurs, princes et autres Ordres «, portait la déclaration du 12 mars, « se croiraient autorisés, après avoir si longtemps délibéré sur cette affaire, à signifier au Conseil sou congé* ". Le nouveau pouvoir devait être convoqué à Spire , Francfort ou toute autre ville, à

' Rapport de llannart, Lanz, t. I, p. 125. Chmel, ErJierzog Ferdinand's Instruction für Carl von Burgund, Herrn zu Bredam, du 13 juin 1524, p. 104. • Hec Icf^atio sola suffecisset interrumpere felicem cursum rerum majestatis suae. • l.e roi de France faisait - miras practicas inter ipsius imperii principes et principalia meinbra...» • Non cessât dies et noctes non solum in Germania, sed etiam in plerisque aliis regnis et locis practicare, sperans insidiis assequi quod jampridem armis obtinere nequivit. > P. 107.

' Voy. plus liaut, p. 162, note 5. Bodmann vante l'énergie de l'archiduc et son infatigable activité dans les affaires, bien qu'il eût à peine vingt et un ans (il était lié le 10 mars 150.3). L'ambassadeur vénitien Contarini écrit en 1525 à propos de Ferdinand : • È di natura che tende al colerico; pèro è acutissimo, pronto, ardentissimo di stato, e di signoregiare ; ragiona volentieri e vuole intendere ogni cosa. « Albeui, t. Il, p. 63.

2 Lettre du 26 mai 1524. Buchholz, t. II, p. 51. Sur les efforts de l'Empereur ponr faire aboutir les négociations de paix, voy. le rapport de son ambassadeur Gérard de Plème, 20 août 1524, Lanz, Correspondenz, t. I, p. 143-144.

* ' Samedi après Lœlare (12 mars), Frankfurter Reichstagsaclen, t. XXXIX, p. 284.

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