NOUVEAU CONSEIL DE RÉGENCE
l'époque de la Pentecôte, et l'on s'occuperait alors de le constituer sur des bases meilleures. " Parmi les améliorations proposées par la commission nommée à cet effet par les Ordres, se trouvait en premier lieu stipulée la clause que le nouveau pouvoir laisserait aux Ordres, grands et petits, la plénitude de leurs droits réf^aliens, privilèges, usages, traditions et juridictions, et que nulle équivoque ni confusion ne serait tolérée sous ce rapport '. »
" A ce sujet les querelles recommencent de plus belle », écrit un témoin oculaire*, ' et il ne faudrait pas beaucoup s'étonner s'il était vrai, comme on en fait courir le bruit, que le lieutenant impérial et le chargé de pouvoirs de l'Empereur ne fussent en fort mauvaise intelligence. L'archiduc parle d'Hannart en termes amers et violents. »
Il en était effectivement ainsi.
" Tous les membres de la Diète », mandait Ferdinand ;i l'Empereur, « ne souhaitent que l'abolition du Conseil de régence, et ce but, ils le poursuivent par des ruses, des artifices inimaginables. Or, s'ils parvenaient à leurs fins, l'autorité et la considération de Votre Majesté seraient ruinées, une rébellion ouverte éclaterait infailliblement dans l'Empire, et un grand nombre de vos sujets se tourneraient vers la France. " Hannart, ajoutait Ferdinand, n'avait pas été adroit dans ses négociations. Il avait donné de grandes espérances aux électeurs de Trêves et du Palatinat, ainsi qu'au landgrave de Hesse, leur assurant que le Conseil de régence allait être supprimé. De plus, il avait révélé à l'électeur de Trêves les instructions secrètes qu'il tenait de l'Empereur. " Tout ce que j'avais tenté, tout ce que je m'étais efforcé de. faire réussir, tant pour le maintien du respect dû à Votre Majesté que pour le salut et la paix de cette nation, a été (bien que je n'en eusse conféré qu'avec quelques-uns de mes plus intimes conseillers) communiqué à diverses reprises à nos adversaires. Ce fait m'a extrêmement troublé; cependant j'ai dissimulé mon déplaisir; mais une telle découverte m'a mis dans une perplexité plus grande encore que la conduite déraisonnable d'Hannart. C'est à peine si Hannart souffre qu'on ait pour moi les égards dus à mon rang; son attitude est plutôt celle d'un soldat vantard que celle d'un grave ambassadeur. Je supporterais facilement ce manque de tact s'il pouvait en résulter quelque profit pour les intérêts de Votre Majesté, mais il s'en faut de beaucoup que nous puissions l'espérer, et je ne veux pas entrer à ce propos dans de trop longs détails, de peur de peiner Votre Majesté. Je ne citerai qu'un seul fait : Hannart s'est laissé si inconsi-
• Reichslagsacten, t. XXXIX. p. 280.
* * Charles de Bodinauu, 19 mars 1524. Voy. plus haut, p. 162, note 5.