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DÉLIBÉRATIONS DE LA DIKTE DE NUREMBERG

dérément entraîner au parti des villes, qu'il a fait espérer et peut-être promis plusieurs choses qui jamais ne pourront être accordées, du moins tant que les affaires de Votre Majesté seront en bon point '. " Les États avaient consenti au maintien du Conseil de régence pour deux ans encore; restait maintenant à trouver les sommes nécessaires h son entretien. L'impôt de douane, dont il avait été question, fut « lamentablement rejeté, surtout par la faute des villes, mais aussi par suite de l'opposition de quelques princes et conseillers de princes, et cela, à dire le vrai, au détriment des vrais intérêts de l'Empire ". Ferdinand proposa alors que les Ordres, taxés d'après les anciens registres de la matricule, fussent obligés à fournir la somme voulue; mais ce plan fut repoussé, ainsi que la proposition, apporice également par Ferdinand, de faire supportera l'Empereur la moitié des frais à condition que l'autre moitié serait couverte par les États. Ceux-ci déclarèrent le 18 mars que " pour des motifs trèsplausibles et à cause de leurs très-lourdes charges, il leur était impossible de rien faire pour le Conseil de régence ' . Puisqu'il dépendait de l'Empereur, il était juste que l'Empereur fit à lui seul tous les frais de son entretien-. Ce ne fut qu'à la condition que le nouveau Conseil serait réformé comme on le souhaitait, et qu'aucun membre du Conseil actuel ne serait réélu, qu'à la fin les électeurs et les princes consentirent à payer la moitié de la somme requise.

Mais à ce moment ^ les délégués des villes recommencèrent leurs récriminations -.Au début de la Diète, ils avaient présenté une adresse portant « qu'ils avaient reçu de ceux qui les avaient envoyés l'ordre exprès de ne prendre part à aucune délibération avant qu'on eiit fait droit à leurs griefs touchant le siège et la voix ». En conséquence ils ne s'étaient décidés à assister aux séances des Etats que sous la réserve qu'ils ne signeraient rien tant que " leurs maîtres et amis ne seraient point traités comme les autres corps de l'État et n'auraient pas obtenu les prérogatives auxquelles ils avaient droit ^ ». Le 2 avril, il leur fut répondu que jusqu'à ce que l'Empereur vînt en personne en Allemagne et piU conférer sur ce sujet avec les Ordres , deux délégués seraient admis au Conseil de la

' BucHHOLTz, t. I!, p. 45-46, 52. L"arcliiduc, au rapport d'Iiamann de Ilolzhausen (5 mars 1524), avait secrèleinent sollicité l'appui des villes, afin que, dans le cas où les membres du Conseil de réf;ence seraient révoqués, le conseil lui-même, en tant qu'institution, fi'it maintenu; l'Empire, selon lui, serait exposé par sa perte à de grandes calamités, et la p.iix et la justice seraient en grand péril. Frankfurter fteichslagsaclen, t. LX, fol. 16.

* * Vendredi avant les Rameaux (18 mars 1524), Franl-furtcr Reichstagsacten, t. XXXIX, p. 289.

* * « Der Stell Handlung gegen Kurjürslcn und Fürsten und anderen, Reickslend belangend Stimm, Session und Rcichsstandl dersclbigen. » Reichstagsacten. t. XXXIX, p. 239-259.

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Diète, et pourraient disposer d'une voix, mais que leur vote n'aurait lieu qu'après celui des comtes et seifjneurs, et à la condilion expresse que, comme les autres Ordres, ils s'cn(}a{',eraient à ne rien rapporter au dehors de ce qui se passait aux assemblées. Celte concession « ne fut nullement du p,oiU des députés urbains -. Ils répondirent que la plus grande partie des leurs avaient déjà quitté Nuremberg, et qu'il leur était impossible de donner les mains à la proposition qui leur était faite : de retour chez eux, ils « soumettraient la question à leurs maîtres' ».Ouantà consentir à contribuer en quoi que ce soit à l'entretien du Conseil de régence, ils déclaraient en être -■■ bien éloignés* ».

D'aucun côté n'arrivaient les sommes indispensables au fonctionnement du Conseil, qui venait d'être transférée Esslingen, et dès 1524 semblait bien près d'être dissous '.

Pour les monopoles, rien d'essentiel ne fut décidé. On se borna à renouveler les anciennes défenses, avec injonction de les prendre cette fois en sérieuse considération et de les observer de la manière « la plus pratique, la plus raisonnable, la plus conforme au droit ».

Les discussions sur les sociétés commerciales eurent aussi trèspeu de résultat, bien que pour cette fois les délégués des villes se fussent déclarées « prêts, avec le concours des autres Ordres -, à abolir les « grandes compagnies* ■^.

Les discussions dont le Conseil de régence avait été l'objet avaient duré si longtemps et avaient été tellement orageuses, que pour toute autre question « il restait fort peu de temps ". Selon l'usage, fout fut « relégué sur le grand banc », c'est-à-dire à la prochaine Diète. Quant à la résistance si nécessaire qu'il s'agissait d'opposer à l'invasion turque, on décida d'employer aux nécessités de la guerre la moitié des sommes consenties à Worms pour l'expédition romaine. « IVlais on s'apercevra bien vite, et dans un temps prochain », prédisait un témoin de tous ces débats, « que ce plan, non plus que les autres, n'amènera aucun résultat appréciable ^ »

Tout semblait concourir à la ruine de l'Empire.

Ferdinand écrivait à son frère, en lui exposant le lamentable état de l'Allemagne *, que les fonctions dont il était investi rapportaient

' * Reichstagsacten, t. XXXIX, fol. 297-298. Voy. HÖFLEP., Deutsches Sta/Ilewesen, p. 222. ^ ' Clément Kndres, le 5 avril 1524, Trierischen Sacken und Brief sdiaftcn, fol. 75. ' Voy. BucHHOLTz, t. II, p. 68-71.

* * Clément Eiidres, voy. note 2. Hamann de Holzhausen, 12 février 1524, dans les Reichstagsacten, t. LX, fol. 10. Seule, Augsbourg protesta contre cette proposition. Le 28 janvier, écrivait Holzhausen, les déléa^ués des villes se sont montrés disposés à abolir les monopoles, parce que l'article principal de la proposition portait : • que d'eux était venu tout le mauvais vouloir des princes, comtes et chevaliers contre les cités. »

' ' Clément Endres, 13 mai 1524, Trierischen Sachen und Briefschaften, fol. 79.

* Chmel, Ferdinands Instruction für Carl von Burgund, 13 juin 1524, p. 101-122.

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